actuel N 114 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 114 - du 29 octobre au 4 novembre 2011 - 15 DH- 3 € المغرب connaît On gouvernement (*) le futur déjà Législatives 2011 Reportages, interviews, échos, débats... actuel au cœur de la campagne électorale p.38 People Le cahier spécial du mois (*) Politique fiction L’ onde de choc ne s’est pas encore estom- pée.Enannonçant,le23octobredernier, « l’adoption de la charia comme loi essentielle », et en citant pour premiers exempleslafindudivorceetleretourde la polygamie, Moustafa Abdeljalil, le président duConseilnationaldetransition(CNT),ajetéun froid dans toutes les chancelleries occidentales. Celles-làmêmesquis’étaientassociéesaucœurde lacoalitioninternationaleengagéeauxcôtésdes rebelleslibyensdansleurcombatpourlerenver- sementdurégimedeMouammarKadhafi.« Nous avonsdeslignesrouges :l’alternancepolitique,les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes (…) La polygamie n’est pas la conception que nous nousfaisonsdeladignitédelafemme »,aaussitôt réagi, à Paris, Alain Juppé. Une déclaration destinée à la sensibilité exacerbée d’un électorat français à l’égard de la charia, mère de tous les fantasmes ? Le ministredesAffairesétran- gères est trop fin politique pour ignorer qu’en cela, la Libye ne fait que rejoindre la quasi-totalité des pays arabesquiontplacélacharia au cœur de leur Constitu- tion. Soit qu’elle y est précisément inscrite, soit plus largement qu’elle en inspire l’essentiel des chapitres et articles. La quasi-concomitance de la déclaration du leader du CNT et des résultats des élections tunisiennes, qui voient émerger la prééminence des islamistes d’Ennahda, peut troubler une opinion occidentale trop encline à confondreislametislamistes.Cen’estd’ailleurspas tant l’instauration de la loi islamiste, en vigueur danslaplupartdespaysarabes,quiposequestion quelesconditionsquiprévalentàsonexercice.Et de ce point de vue, la Tunisie et la Libye ne sont pas,aujourd’huidumoins,àmettresurlemême plan. La Tunisie s’est engagée dans un processus démocratique avec l’élection d’une assemblée constituante.Cetteassemblée,quiaaujourd’hui 3Edito actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Delacharia actuel toute légitimité, dira ce qui lui semble bon pour l’avenirdelaTunisieaulendemaind’uneèreBen Aliqui,souscouvertd’unemodernitéentrompe- l’œil,auramaintenusouslejougunepopulation privéedeslibertéslesplusessentielles.Quantàla Libye, précisément, c’est à son peuple et non au seul président du Conseil national de transition de dire, demain par la voix des urnes, s’il est favorable à l’instauration de la charia. Lalibertéchèrementconquise,pardespopulations troplongtempsmaintenuessouslejougderégimes autoritaires, ne saurait être soumise à d’autres limitesquecellesissuesdesurnes.Ladémocratie ne se divise pas. Pas plus qu’elle ne souffre de limites. Le choix du peuple exprimé librement, et en toute transparence, est souverain. Il peut plaire ou non, mais il s’im- poseàtous.Ilestd’ailleurs piquantdevoiraujourd’hui s’inquiéter quelques voix occidentalesautoriséessur des« lignesrouges »autre- mentbafouéesdanscertains pays du Proche et Moyen- Orient, mais avec lesquels les liens économiques et commerciaux – qu’ils’agisse de vente de rafales ou de TGV par exemple – n’ont jamais été remis en cause. Ni même les chefs de ces Etats ou royaumes invités publiquement à mettre fin à l’application de la charia. Entre ceux qui ne voit dans la charia qu’un code divin, et en font une interprétation littérale, et ceux qui estiment qu’il s’agit d’une « voie » qu’il convient de construire patiemment, avec un esprit critique, le débat est d’une singulière actualité. C’est peu dire qu’il est appelé à vivre, dans l’expression démocratique, pour éviter toute instrumentalisation aussi inutile que dangereuse. ■ Le choix du peuple exprimé librement, et en toute transparence, est souverain. Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma4 n°114 - du 29 octobre au 4 novembre 2011 Par ici la sortie ! Le surplace des ordures Flop et... mat Réveillez-vous, on vous regarde 16 28 32 42 56 L’abondance de prix ne nuit pas SActualités 06 nouvelle génération | Soufiane Nehrou 08 décryptage 12 la semaine en images 14 dernière heure SDossier 16 politique fiction | Et le gagnant est... SEconomie 28 Gestion déléguée | Déchets ménagers, une bataille sur fond de campagne électorale 32 emploi | Moukawalati, encore un programme foireux ! 36 bourse SPolitique 38 législatives 2011 | Attention, candidat sulfureux ! 40 législatives 2011 L’égalité entre hommes et femmes sur l’héritage ? 42 législatives 2011 | La gauche se réveille 44 législatives 2011 | Les pirates à l’assaut de la politique ! SSociété 46 exclusion | La déprime des homos marocains SMonde 50 monde | Tunisie Le grand tournant 54 chronique des deux rives SCulture 56 récompense | La saga des prix littéraires 60 agenda STendances 62 auto | Le Rallye Oilibya 2011, dernier test avant le Dakar 64 nouveaux produits, nouveaux marchés 66 les choix de... | Benkirane, le séducteur actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably culture : Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak, Meriama Moutik. Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Paola Abboud, Mohamed El Hamraoui, Mohamed Mouhim. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 22 36 77 02 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : commercial@actuel.ma IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Royaliste« talmout »(*) Soufiane Nehrou SLes dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive. Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... ui, c’est Soufiane Nehrou, 22 ans, cofondateur du Mou- vementdesjeunesroyalistes (MJR) et « plus jeune direc- teur de publication dans le monde arabe ». Il dit l’avoir vérifié et on le croira sur parole. Baignant dès l’adolescence dans l’associatif, il lance en 2008, alors qu’il était en- core à l’école de journalisme, Arra- kib, premier hebdomadaire gratuit arabophone. Mais c’est surtout sa casquette de jeune ultra-royaliste qui fait parler de lui. Son mou- vement s’était rendu célèbre par son opposition notoire au 20-Fé- vrier. Soufiane ne s’en cache pas et reconnaît que la raison d’être du MJR était de barrer la route au M20 avant même que celui-ci n’in- vestisse la rue. Les animosités qui avaient d’abord commencé sur le réseau social Facebook se sont prolongées, ensuite, dans les rues. Quelques divergences En juillet dernier, le jeune homme fait le buzz en décidant de claquer la porte des jeunes royalistes en raison de plusieurs di- vergences,notammentlechoixdecontinuer à contre-manifester dans les rues chaque week-end. « Depuis que la Constitution a été approuvée par le peuple marocain, je ne vois plus de raison de continuer à inves- tir les rues. Si le 20-Février veut continuer à manifester, c’est son affaire. Moi j’estime qu’il y a d’autres priorités », explique-t-il. En effet, la mise en place d’ateliers de ré- flexion aux mécanismes d’application de la nouvelle Constitution est, à ses yeux, la priorité de l’étape actuelle. Encore ré- cemment, Soufiane revient à la charge en exprimant sa vive condamnation du lynchage dont a été la cible le quotidien Akhbar Al Youm. « Quand on a un problème avec une publication, on doit s’adresser à la justice. Je suis contre cette démarche et cette protestation qui a été entièrement orchestrée par le mouvement des jeunes royalistes », explique-t-il. Pour autant, même s’ils divergent dans le choix des moyens d’action, Soufiane et les autres jeunes du mouvement ont en partage – au moins – la haine du 20-Février. Pour- quoi donc ? « Je n’ai rien contre les jeunes du mouvement qui manifestent dans les rues. Moi, j’en veux à ceux qui tirent les fi- celles ; depuis le premier jour, on les soup- çonnait d’être derrière le M20 », nuance-t-il. Selon lui, les éléments d’Al Adl Wal Ihsane constituent l’essentiel du mouvement et cherchent « la chute du régime ». Cet ul- tra-royaliste ne tolère pas qu’on lui parle de monarchie parlementaire ! « Si jamais le roi annonçait de lui-même qu’il rédui- sait ses prérogatives au stade symbolique, je sortirais manifester. C’est comme si un père de famille décidait de quitter ses enfants. Ils lui réclameraient de ne pas les abandonner », explique-t-il. « Je ne suis pas un baltaji » Ilyaquelquesjours,lenomdeSoufiane estrevenusurledevantdelascèneaprès des déclarations sulfureuses. « Je suis fier d’être un baltaji », disait-il dans une interview parue sur goud.ma. Des pro- pos qu’il refuse aujourd’hui d’endosser arguant qu’ils ont été dénaturés et ti- rés de leur contexte initial. « J’ai dit que j’étaisfier d’être un baltaji,si ce mot veut dire défendre la monarchie et s’opposer à ceux qui lui veulent du mal ! », se justi- fie-t-il. L’ex-leader des jeunes royalistes n’a absolument rien à voir avec l’image des baltajias qui insultent les jeunes du 20-Février, les menaçant de coups et blessures, parfois, au nez et à la barbe desautorités.Bienaucontraire,lejeune a l’air sympathique. Et modéré surtout : « Jereconnaisque,parmoments,lapolice s’est montrée plus indulgente envers les contre-manifestantsqu’aveclesmembresdu M20.C’estinjuste,àmonavis,ilfallaittolérer tout le monde ou chasser tout le monde », dit-ilsansdémentirl’existencededizaines de baltajias (des vrais !) dans les rangs des contre-manifestants. « Je préfère les qua- lifier de peuple marocain non-encadré. Ils n’appartiennent pas à notre mouvement, mais il leur est arrivé de se joindre à nous. Quand ils débordaient, on essayait de les rappeler à l’ordre… nous avons même été violentés à cause de ça », se plaint-il assu- rant que les hordes de voyous qui défilent dans les rues, coutelas à la main, et qu’on appelle aussi « mouvement 20 dirhams », ne sont pas des mercenaires à la solde de quiconque. Pourtant, des vidéos postées sur YouTube et Facebook sont bien là pour attester le contraire... Ali Hassan Eddehbi ( *) Tal mout : jusqu’à la mort Nouvelle génération DR actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Actualités / décryptage8 Sahara Etrange kidnapping ● les Faits Trois bénévoles, deux Espagnols et un Italien, ont été kidnappés le week-end dernier à Rabouni, un camp de réfugiés sahraouis situé au sud-ouest du désert algérien. ● le commentaire Aino Fernandez Coin, membre de l’Association des amis du peuple sahraoui, Enrico Gonyalons, de l’ONG espagnole Munupa, et l’Italienne Rossella Urru ont été embarqués par des inconnus à bord d’un véhicule tout terrain. Le lendemain, l’ambassadeur sahraoui et représentant du Polisario à Alger, Brahim Ghali, a confié à l’AFP qu’il accusait nommément Al-Qaïda au Maghreb. Or, selon une source sahraouie qui vit à Tindouf, il est quasiment impossible à toute personne étrangère de s’aventurer autour des camps du Polisario, non seulement en raison de la surveillance accrue des séparatistes mais également parce que l’armée algérienne contrôle plus de 2 000 kilomètres au sud des camps. Il pourrait s’agir de mercenaires du Polisario qui sous-traitent pour d’autres groupes armés affiliés à Al-Qaïda ou à l’un des réseaux de trafiquants qui pullulent au Sahara. ● Et demain La fébrilité dont fait preuve le redoutable Département du renseignement et de la sécurité algérien pour résoudre le problème témoigne de l’embarras des Algériens face à cet incident qui risque de braquer de nouveau les projecteurs sur une zone de non- droit. A. E. A. ● les Faits Depuis le 12 octobre, la ville de Safi est sous tension après le décès, dans des circonstances non élucidées, de Mohamed Boudouroua, chômeur et militant du 20-Février. Les obsèques du jeune homme se sont transformées en manifestation, et la famille réclame une copie du certificat d’autopsie. ● le commentaire Pour la police, Mohamed Boudouroua se serait suicidé en se jetant du toit de l’ANAPEC, mais pour d’autres témoins parmi ses camarades, ce serait un policier qui l’aurait poussé. La famille compte même porter plainte contre des policiers qu’elle soupçonne d’être les auteurs du crime présumé. Tout comme pour l’affaire Kamal Ammari, mort également dans des circonstances troubles après une manifestation à Safi, une enquête a été ouverte par les autorités. D’autres affaires, comme les émeutes de Khouribga, et la mort de 5 personnes à Al Hoceima, avaient été suivies d’enquêtes. Mais les résultats de ces investigations ne sont jamais parvenus à l’opinion publique. Au final, la vérité est rarement révélée, et l’on dispose seulement du témoignage des personnes qui s’estiment lésées ou de la version officielle. ● Et demain Entre « les nihilistes » qu’on n’est pas censé écouter et les « opti- mistes » qui n’apportent aucun argument, il est difficile de faire la part des choses. A moins d’être candide. Z.C. ▲ Enquêtes sans lendemain DR DR Comptes : le grand saut des assurances ▲ ● les Faits Le contrat programme récemment conclu entre la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR) et la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) est en train de faire bouger les choses. L’un des engagements majeurs des compagnies, et pas seulement de celles qui sont cotées en Bourse, a trait à la publication obligatoire de leurs comptes deux fois par an. ● le commentaire Il était temps. L’un des griefs adressés au secteur des assurances est le manque de transparence de certaines compagnies qui, pourtant, par la nature même de leur activité, jouent un rôle majeur dans la collecte de l’épargne. Or, ce rôle est appelé à s’intensifier au fur et à mesure que l’offre de produits s’étoffe, notamment avec la vulgarisation des contrats en unités de comptes adossés à des valeurs mobilières. Pour accompagner cette expansion en minimisant les risques de dérapage, il est normal que l’autorité de tutelle, à savoir le ministère des Finances, impose la publication d’une information financière normalisée et fiable, au même titre que le fait le CDVM avec les sociétés cotées, ou BAM avec les banques, y compris celles qui ne sont pas cotées. ● Et demain Mais pour permettre à toutes les compagnies de faire le grand saut, il faudra arrêter au plus vite les ratios de solvabilité à publier périodiquement. Tant pour faciliter le suivi des autorités de tutelle que pour informer le grand public. M.K. DR ▲ actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Actualités / décryptage10 ● les Faits La Cour d’appel de Casablanca a confirmé, lundi dernier, la condamnation à un an de prison ferme pour « désinformation » du directeur du journal Al Massae, Rachid Niny. ● le commentaire La Cour confirme le jugement prononcé le 9 juin dernier par le tribunal de première instance de Casablanca à l’encontre du journaliste. Ayant déjà purgé la moitié de sa peine en détention provisoire, il doit rester encore six mois en prison. Ni le journaliste ni ses avocats n’étaient d’ailleurs présents à l’audience. Dans son réquisitoire, le parquet de la Cour d’appel a estimé que le journaliste avait « commis plusieurs crimes en portant atteinte à l’image de la justice ». Professionnels de la presse et défenseurs des droits de l’homme se sont indignés contre ce verdict inique, réitérant l’appel à l’abolition des peines privatives de liberté à l’encontre des journalistes. Ils réclament aussi que les poursuites se fassent uniquement sur la base du code de la presse. Jusqu’à présent, c’est peine perdue. L’Etat ne veut toujours pas relancer le débat autour du nouveau code. ● Et demain La manière dont s’est déroulé le procès Rachid Niny est déran- geante. Le prolongement de son incarcération démontre que l’ob- jectif escompté n’est pas de rendre justice, mais plutôt d’intimider le journaliste et ses confrères. Jusqu’à quand l’Etat va-t-il continuer à ré- gler ses comptes avec la presse via la justice ? A.H.E. ▲ Justice : Niny croupira en prison DR ▲ Pasdedroitàl’image pourlescondamnés ! ● les Faits Mohamed Sebbar a adressé une correspondance à la HACA pour qu’elle interdise la diffusion de Akhtar Al Mojrimine (Criminels les plus dangereux), une série documentaire diffusée par 2M. ● le commentaire L’initiative de Sebbar fait suite à plusieurs visites effectuées dans le quartier des condamnés à mort de la prison Zaki de Salé. Au cours de ces entretiens, le secrétaire général du Conseil des droits de l’homme a eu droit à de nombreuses critiques incluant le programme en question. Les condamnés, dont la plupart ont été malgré eux les vedettes de ces émissions, ont critiqué la façon dont étaient présentés les faits, et se sont plaints de dégâts collatéraux. Certains ont été confrontés à des événements douloureux qu’ils tentent tant bien que mal d’oublier alors que pour d’autres, c’est la famille qui a souffert le plus de cette diffusion. D’autant plus que la plupart des personnes interviewées l’étaient à visage découvert. Si le droit à l’image n’existe pas en tant que tel en droit marocain, des notions telles que le respect de la vie privée reconnaissent à chacun un droit de regard sur la reproduction de sa propre image. ● Et demain Si la HACA répondait favorablement à la demande des condamnés à mort, cette jurisprudence ferait date dans un pays où la télévision dénie aux citoyens le moindre droit à s’opposer à l’utilisation de leur image. A. E. A. B.Taougar/actuel Le PJD fait les yeux doux à la CGEM ▲ ● les Faits Le PJD a fait connaissance avec la CGEM. Et à en croire Abdelilah Benkirane, le secrétaire général du parti, le courant est passé lors de ce premier contact, au point qu’il s’est laissé aller à démarcher les membres du patronat. ● le commentaire Le PJD est le premier à répondre à l’invitation de Mohamed Horani qui avait promis d’organiser des rencontres avec les représentants de tous les partis pour débattre de leur programme. Bien évidemment, Benkirane n’a pas ménagé ses efforts pour rassurer le patronat en exposant un programme libéral, en faveur de la libre entreprise, de l’amélioration de la compétitivité, de la baisse de la pression fiscale, de la lutte contre l’informel… Un programme qui ne marque donc pas de rupture avec le passé, et qui intègre aussi des mesures sociales : réforme de la caisse de compensation, soutien à l’auto-emploi... Mais motus et bouche cousue sur le mode de financement de toutes ces mesures sur lesquelles tout le monde est d’accord. Nous n’en saurons pas davantage sur les montants des recettes publiques qui permettront de financer toutes ces dépenses. ● Et demain L’assistance venue découvrir un programme de mesures concrètes et chiffrées est restée sur sa faim. Toutefois, cette première rencontre a eu le mérite de démontrer que le dialogue entre le PJD et les patrons était possible. Et que les affaires continueront, l’islam « étant fonda- mentalement libéral ». M.K. B.Taougar/actuel actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Actualités12 Cristina Kirchner a été réélue à la tête de l’Argentine à une majorité écrasante dès le premier tour (53,96% des voix contre 16,87% pour son principal rival). La présidente en profite même pour retrouver la majorité au sein des deux Chambres du Parlement. n LefilmLasourcedesfemmes,tournédansleMoyenAtlasauMaroc, a été projeté en même temps au Mégarama de Casablanca, dans d’autrepaysarabesetàParis.L’ambassadeurdeFrance(photo)espère promouvoirlesdroitsdesfemmesgrâceàcetteœuvremilitante. n Un incendie qui s’est déclenché au quartier du Maârif à Casablanca, dans une usine de matelas, a provoqué d’importants dégâts matériels : cinq voitures calcinées et plusieurs bâtiments touchés. Heureusement, aucune perte humaine n’est à déplorer. n Argentine Consécration pour Kirchner Projection Un film pour plus de droits Incendie Le Maârif en feu ! sRIP Yue Yue Une Chinoise de 2 ans s’est fait écraser (deux fois !) par la même camionnette et 18 personnes assistent à son agonie sans réagir. La scène, filmée par une caméra de surveillance, a choqué le monde entier. vu sur la toile WikiLeaks n’est plus. Officiellement, le site suspend ses activités en attendant des jours meilleurs. Il semblerait que la campagne menée contre le site – qui met à nu la cuisine interne des puissants du monde – l’ait durement impacté financièrement. n Evénement A bientôt WikiLeaks sAutomne arabe ? Après l’euphorie des révolutions est venu le temps de la réflexion sur l’avenir des pays arabes. Cette caricature (elle n’est qu’un exemple) fait le tour du Net et des réseaux sociaux. AFP BrahimTaougar/actuelAFP BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 7Actualités / La semaine en images 13 Meriem Cherkaoui et Karim Rahal accueillent le chef français Sébastien Chambru pour le festival de la gastronomie du Tahiti, sur la corniche de Casablanca. Miam, on va se régaler tout le week-end ! n Le séisme en Turquie a fait près de 500 morts. Le décompte macabre n’était pas encore achevé à l’heure où nous mettions sous presse. Dos au mur, le gouvernement Erdogan a dû accepter l’aide internationale, y compris israélienne. n Le 20-Février a de nouveau goûté à la matraque, dimanche dernier, face au Parlement. La police a dispersé par la force la manifestation, la plus importante en nombre à Rabat ces dernières semaines. Une vingtaine de blessés sont à déplorer. n Les chefs sur la corniche Un festival de papilles Turquie La catastrophe rend diplomate 20-Février Le retour du bâton La polémique sur le changement du statut étudiant à salarié en France continue d’enfler. Le personnel des écoles françaises au Maroc a manifesté contre cette mesure le 26 octobre. Plusieurs étudiants marocains sont menacés d’être refoulés. n Etudes en France La polémique au Maroc sLe réflexe rapide ! Il fallait y penser : le pré- servatif qui se met en trois secondes ! L’idée est de rem- placer l’emballage classique par une ouverture de type pan- sement. Plus d’excuses pour ne pas assurer ! sPasderoute,pasdesexe Comment construire des routes plus rapidement ? Les Colombiennes ont trouvé la réponse : en faisant la grève du sexe. Une idée à importer pour aider à finaliser les « grands chantiers ». BrahimTaougar/actuel AFP AFP AFP actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Actualités14 Achourouk revient sur la polémique lancée par actuel à propos de l’inter- dictiondudernierromandeMohamed Leftah. A la question : « S’agit-il d’une censure officielle ou d’un problème de distribution ? » Khalid Naciri, qui n’a jamais eu le temps de nous parler, a pris le temps de répondre : « Je m’oc- cupe des grandes affaires de la nation et pas des tafahat (futilités). » Puis il a raccroché !Vousavezditministredela Communication ? n Affaire Leftah Naciri,ministre des Tafahat ? Culture Journées professionnelles Courts et moyens métrages, théâtre, musique… Ce sont les activités auxquelles nous convient les organisateurs des deux journées professionnelles sur les droits d’auteur, à la fabrique culturelle des Abattoirs, les 4 et 5 novembre. Ces rencontres pluridisciplinaires seront suivies de débats avec les profession- nels des métiers de l’art et des membres du Bureau marocain du droit d’auteur. Le statut des artistes au Maroc sera au cœur des discussions. Le débat s’annonce houleux mais... créatif. n Emeutes Khouribga Epiloguejudiciaire Les dix individus poursuivis, notamment pour destruction de biens et constitution de bande criminelle suite aux émeutes de juillet à Khouribga, sont passés en jugement. Ils ont écopé d’une peine encore plus sévère que le premier groupe qui avait été arrêté. Le tribunal les a condamnés à deux ans de prison ferme et à 2 500 DH d’amende chacun. n Franchise ShanaauMaroc L'enseigne espagnole de prêt-à-porter, Shana, destinée aux petites bourses, fait son entrée au Maroc via la société BeShop détentrice de la master franchise. Après Casablanca, l’enseigne devrait ouvrir trois magasins par an dans le Royaume. n DRen milliards de dirhams, c’est le montant des transactions effectuées par carte bancaire à fin septembre. SLe chiffre 116,7 SLe regard de Mouhim l Tout baigne entre les services secrets maro- cains et leurs homologues jordaniens depuis que l’ex- ambassadeur de Jordanie à Rabat, Fayçal Al Chobaki, a remplacé Mohamed Al Rakkad à la tête des puissants « Moukhabarat » du roi Abdellah. l Le conseil constitutionnel a validé la conformité de la loi sur les partis avec la nouvelle Constitution, sauf l’article 31 qui stipule que les partis peuvent bénéficier des services de fonctionnaires détachés par l'administration. l La candidature de Ali Sedjari, proposée par la commission chargée de sélectionner le directeur de l’ISCAE, s’est heurtée au niet d'Ahmed Réda Chami qui semble céder aux pres- sions de son parti qui vou- drait placer un usfpéiste à la tête de l’établissement. l « Alliances Hôtellerie » est le nom choisi par le groupe Alliances pour son entrée dans le secteur de l’hôtellerie économique. l Une commission chargée d’auditer tous les aéro- ports a été constituée par Ghellab. La pagaille et les soupçons d’irrégularités, voire de détournements, l'ont poussé à réagir avant le début du procès Benallou. l Bensalem Himmich s’est fait éconduire par la famille de Habiba El Medkouri, décédée des suites d'une longue maladie, à Rabat. Le ministre qui tentait de se faire filmer en train de présenter ses condo- léances aux proches de la comédienne a provoqué la colère de ces derniers.n Les bruits du village Les MRE râlent L'Union nationale de l'initiative syndicale libre lance un appel à un rassemblement le 13 novembre, à Paris, pour « dénoncer la loi organique proposée par la Chambre des représentants sur le vote par procuration pour les MRE lors des élections de novembre ». ça se comprend quand on sait qu’au cours de l’adoption de la Constitution, les MRE avaient été invités à voter dans leurs pays d’accueil et que les moyens logistiques avaient pu être mobilisés.n actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011 Vote Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ] CFC Benjellounrassure BMCE Bank vient de conclure une convention avec la CDG pour confirmer son intention d’installer le siège de la banque et de ses filiales, ainsi que de RMA Watanya, sur le futur site de Casablanca Finance City, sur une superficie de 68 000 m2 . A suivre. n MTVAwards Unduodétonnant Un chanteur marocain en- registrant un duo avec Lady Gaga ? Abdelfattah Grini, pousseur de chansonnettes révélé par une émission de téléréalité, star au Moyen- Orient et en Égypte et presque inconnu dans son pays, pourrait bien être l’heureux élu, et ce grâce à l’entremise du fameux RedOne. Mais le producteur marocain refu- serait, selon le site Wikeez, d’en révéler davantage avant le 6 novembre, date des MTV Europe Awards 2011. Abdel- fattah Grini y est nominé dans la catégorie « Meilleur groupe international ». n RAM Grabugeautourdu départvolontaire Le personnel navigant commercial (PNC) de la compagnie nationale se dit excédé par le harcèlement moral qu’il subit. Mercredi 26 octobre, 120 employés de RAM ont tenu un sit-in en face du Parlement pour réclamer « l’arrêt des intimidations exercées par la direction sur une partie du personnel pour la forcer à accepter le départ volontaire ». De son côté, la direction des ressources humaines du transporteur aérien rejette ces accusations, et avance une centaine de demandes spontanées sur les 200 départs programmés par le plan avec l’accord des parties prenantes. n Peinedemort Lobbying La Coalition marocaine contre la peine de mort a décidé de préparer un plaidoyer pour convaincre les partis politiques d’inclure l’abolition de la peine de mort dans leurs programmes, lors des élections. Quatre rencontres régionales devraient se tenir sur le thème de l’abolition. n SupdeCo Marrakechgagne Sup de Co Marrakech a gagné le procès contre Sup de Co Fès. Le tribunal de commerce a ordonné que l'université libre de fès répare le tort causé et change de nom dans les plus brefs délais. n Finances Lesprimes dansleviseur Sur quelle base sont distribuées les primes au ministère des Finances ? Les fonctionnaires de ce ministère vont organiser une journée de grève, le mercredi 2 novembre, en guise de protesta- tion contre l’opacité du système de répartition des primes, appliqué par le ministère depuis de nombreuses années. Pour les fonctionnaires, l’enjeu est de taille, l’enveloppe annuelle réservée aux primes atteignant les 900 millions de dirhams. Cela risque de faire des jaloux dans les autres départe- ments ! n Les Tunisiens ont choisi : le parti islamiste Ennahda se retrouve en tête après des élections très serrées. C’est la volonté populaire tunisienne, et personne ne peut s’arroger le droit de contester le choix porté sur un parti islamiste qui se dit modéré. Tout cela est bien mais il faudra aussi attendre que Ennahda se frotte aux dures réalités du terrain, observer comment il compte gérer le quotidien, une fois que la fièvre électorale sera retombée. Aujourd'hui, les véritables défis auxquels se heurtent les partis islamistes sont autrement plus ardus que les slogans scandés dans la rue arabe. A présent qu’ils ont conquis le pouvoir, ils auront à gérer des systèmes économiques fragiles, extrêmement sensibles aux fluctuations extérieures, où les intérêts croisés sont multiples. Alors, il sera difficile à ces partis de mettre en avant « l'islam est la solution », ou de crier à cor et à cri à l'instar de Moustafa Abdeljalil en Libye, le jour de la libération, que la polyga- mie est autorisée et l’intérêt bancaire interdit ! n Al Ahdat Al Maghribia Tunisie :lepeuple attendduconcret AlKhabar UnMarocainchez les« Thouwar » Le quotidien révèle qu'un citoyen marocain, Noureddine Achahm, est détenu depuis deux mois... par les rebelles libyens. Une vidéo publiée sur YouTube montre cet homme en compagnie d'autres personnes de différentes nationalités se faire interroger par les rebelles, qui l’accusent d'avoir été à la solde du clan Kadhafi. L'intéressé nie ces accusations et affirme être un simple travailleur. AkhbarAlYoum Leprixdumouton Le prix du mouton de l'Aïd dans les grandes surfaces se situe entre 43 et 47 dirhams le kilogramme, affirme Akhbar Al Youm. Il est plus élevé cette année en raison de la hausse des prix des matières premières. Car les importations de nourritures animales se négocient désormais à des tarifs plus élevés, impactant la production locale. AlMassae Lesmanuelsdela discorde Le rapport du Conseil de la concurrence a démontré que des liens commerciaux existaient entre plusieurs imprimeurs de livres scolaires et des points de vente qui les distribuent. Le Conseil a découvert que ces deux entités distinctes étaient parfois gérées par une seule personne, ou par un proche, portant donc atteinte au principe de la concurrence loyale. n BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 29 octobre au 4 novembre 2011
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