actuel 103 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 103 - du 16 au 22 juillet 2011 - 15 DH- 3 € اﻟﻤﻐﺮب PLAN SOLAIRE Les Français se positionnent P.28 CAP DÉMOCRATIE Des jeunes qui proposent et en imposent P.42 TERREUR CHEZ LES HOMOS MARRAKCHIS QUI NE RÈGLE RIEN UNE LOI MARRAKECH AMAZIGH MANSOURI BRAS DE FER À HAUT RISQUE CONSOMMATION La grande arnaque des soldes P.30 E n Libye, une réincarnation de Néron, menace de faire sauter Tripoli si les rebelles prennent la ville. En Syrie, une réincarnation de son père massacre chaque jour son peuple et en- voie ses sbires attaquer les ambassades de pays qui soutiennent les insurgés du bout des lèvres. Danslacornedel’Afrique,10millionsdepersonnes sont menacées de famine par la pire sécheresse qu’ait connue la région depuis 1950. Le Royaume-Uni est abasourdi en découvrant qu’un tycoon piratait les téléphones des élus qui luidéplaisaientpourendéverserlecontenudans sestorchonspériodiques.Unepratiqueshocking qui en dit long sur une démocratie soit disant exemplaire, vérolée par une presse de caniveau. La France qui nous avait habitués à une autre teneurdanssesdébatsdémo- cratiques se passionne pour desrumeursd’alcoolisme,de mariislamiste,desaccusations deviol,depodofétichisme,et mesure à chaque édition de Paris Match le tour de taille de sa first lady. Pendant ce temps, ses soldats tombent comme des mouches dans un pays qu’aucune nation n’estparvenueàmaterdepuis Alexandre le Grand… Dans les autres pays du continent, on joue à l’euro-domino. Après la Grèce condamnée à un régime sec pas très crétois, le Portugal joue un fado, l’Italie a des trémolos et la verte Irlande le blues. L’utopie technocratique de la monnaie unique est aujourd’hui remise en cause par certains des anciens adeptes. Avec en bruit de fond, un relent nauséabond contre la grande Allemagne qui semble le seul pays à savoir tirer les marrons du feu. L’euro passera-t-il l’été? Ou sa décomposition plongera-t-elle le monde dans une nouvelle crise… Pendant ce temps, les agences de notation qui terrorisent l’Europe envisagent de dégrader les Etats-UnissileCongrèsneparvientpasàtrouver 3Édito actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 Etémeurtrier actuel un accord pour relever le plafond de la dette. La plus grande puissance du monde est soumise au bon vouloir de ses créanciers, surtout chinois. Avec1 153milliardsdedollars,Pékinestdeloinle premier détenteur de réserves de bons du Trésor américains. Des bons qui commencent à sentir mauvais pour une Chine qui a la hantise de se retrouver avec une montagne de titres dévalués. Et si l’empire du Milieu tousse... Voilà où en est le monde en ce début d’été. Passons sur la situation en Palestine, oublions les soubresauts des révolutions tunisiennes et égyptiennes, zappons le bulletin de santé des présidentsSaleh,ChavezouCastro,etarrêtonsde mesurerlaradioactivitédeFukushimasil’onveut garder un semblant d’espoir dans cette planète. Celongprintempsauraétéfertileenbouleverse- mentsetentsunamis,ausens propre comme au figuré. Et cet été s’annonce meurtrier. Le monde ne va pas bien. Et le Maroc n’a guère d’emprise sur ces secousses telluriques qui menacent le château de cartes de la mondialisation. Maisnouspourrionsaumoins nous préparer, construire quelquesdigues,entamerdes débats, réfléchir et agir. Les répercussions des soubresauts économiques et géopolitiques pourraient être un des enjeux du prochain scrutin électoral. Mais vous n’y pensez pas. Une seule controverse agite actuellement la classe politique: la date des élections. Et acces- soirement, le casting des candidats. La torpeur estivaleetladigestionduréférendumannihilent tout autre velléité de débat. Alors autant partir en vacances. Mais il n’est pas sûr qu’au retour, le monde soit dans le même état que celui dans lequel on l’aura laissé... ■ Ce long printemps aura été fertile en bouleversements et en tsunamis. Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma4 N°103 - DU 16 AU 22 JUILLET 2011 Victoire du premier round... Quand Besson courtise Benkhadra Adil Douiri, l’outsider Au pays des auteurs sans droits 22 28 34 52 60 SActualités 06 NOUVELLE GÉNÉRATION | Aysha Knidiri Elle était une foi 08 LA SEMAINE EN IMAGES 10 DÉCRYPTAGE 14 DERNIÈRE HEURE 16 ÉVÉNEMENT | Marrakech Du rififi à la mairie 20 ÉVÉNEMENT | Mansouri Un bilan mitigé SDossier 22 AMAZIGHISATION | Le temps de l’amazigh SÉconomie 28 ÉNERGIE | Plan solaire Les Français se positionnent 30 PRÊT-À-PORTER | Soldes Anarchie totale! 33 BOURSE SPolitique 34 PARTIS | Istiqlal Cherche leader désespérément 36 BRÈVES SSociété 38 CRIMINALITÉ | Un gang sème la terreur chez les homos 42 CAPDEMA | Des jeunes qui proposent et en imposent SMonde 46 SCANDALE | Murdoch veut tourner la page 50 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 52 DROITS D’AUTEUR | Quand la musique est bonne, donne! donne! donne! 56 COUP DE CŒUR | Suis la mode… elle te suit! 57 AGENDA STendances 58 AUTOMOBILE | Peugeot 308 CC, carrément classe 60 DÉCO | Villa Blanche Un trésor à Agadir 62 SHOPPING | Ailleurs avec Louis 64 GOLF | Coupe du Trône Les nouveaux champions 66 LES CHOIX DE... | Malek Akhmiss Le caméléon actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 PHOTOS DE COUVERTURE BRAHIM TAOUGAR/ACTUEL ET AIC PRESS Luxe, calme et spa SS actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 S RÉDACTION Chefs de service: POLITIQUE : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Mohamed Amine Hafidi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji, Meriama Moutik Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim, Salima Yacoubi Soussane, Zineb Bennouna, Inès Asensi, Paola Abboud, Sliman ammor, Salma Bahraoui S ÉDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Secrétaire de rédaction: Ferdinand Demba Révision: Laila Lebbar Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettistes: Youssef El Moutassaddik, Rachid Agouzoul Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. 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Tirage: 20000 ex S actuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ SNI cède le contrôle de Lesieur Cristal au groupe SOFIPROTEOL Signature d’un protocole d’accord portant sur la cession par SNI d’une participation la cession par SNI de sa participation sa vocation de holding d’investissement Casablanca, le 12 juillet 2011 Société Nationale d’Investissement (SNI), actionnaire de huiles et protéines végétales annoncent avoir conclu un protocole d’accord portant sur la cession d’une participation de 41% du capital de Lesieur Cristal à un prix par action de 115 dirhams (montant de la transaction : 1,3 milliard de dirhams). Cette opération s’inscrit dans le cadre de la réorganisation de SNI-ONA annoncée en mars 2010, se traduisant par l’évolution du statut de groupe multi-métiers opérationnel La mise en œuvre de cette évolution prévoit notamment la cession du contrôle des participations ayant atteint un stade de développement pérenne, et l’augmentation de stratégie d’internationalisation, axée notamment sur le bassin méditerranéen, lui permettant ainsi de devenir leader souhaite en outre contribuer au déploiement des cultures oléagineuses, colza, tournesol et olive, dans le pays et au succès du Plan Maroc Vert. du leadership et le développement de Lesieur Cristal sur ses marchés. agricoles, industrielles et commerciales un partenaire de premier choix pour Lesieur Cristal. ses activités au Maroc et à l’international via une stratégie marketing innovante et créatrice de valeur pour l’ensemble des parties prenantes. La réalisation de cette opération, prévue au cours du second semestre 2011, est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires applicables et à l’accomplissement de toute procédera à la mise sur le marché boursier de Casablanca de sa participation résiduelle (soit 35%) d’abord à des investisseurs institutionnels de long terme, puis au grand l’ensemble de ces opérations, SNI se sera retiré complètement du capital de Lesieur Cristal. A propos de SNI long terme dans des entreprises leaders et des projets structurants pour l’économie marocaine. Incubateur et développeur d’entreprises, SNI a annoncé en mars 2010 dans le cadre de son projet de réorganisation qu’il procédera à une réduction progressive de son périmètre à travers la cession, notamment sur le marché boursier, du contrôle a pour mission de développer les débouchés et valoriser les et emploie 6400 personnes. A propos de Lesieur Cristal Lesieur Cristal, société cotée à la Bourse de Casablanca, est le leader historique au Maroc dans les huiles alimentaires l’ensemble des métiers des corps gras et déploie son activité de la distribution d’une gamme d’huiles de table et d’olive ainsi que d’une gamme de savons corporels et de ménage. Elleétaitunefoi AYSHA KNIDIRI SLes dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive.Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... lle est voilée, elle fait sa prière cinq fois par jour et elle est une des fi- gures du mouvement du 20-Fé- vrier à Marrakech. Mais l’habit ne fait pas le voile. Aysha Knidiri n’est pas une adliste et, si son engagement politique prend racine dans sa foi, elle af- firme sans ciller qu’elle est partisane d’un Etat laïque: «Mais pas une laïcité à la fran- çaise qui m’interdirait le voile! Quand je vois comment la religion est utilisée ici, je préfère la laïcité. On a vu pendant la campagne du référendum comment la religion manipule les pauvres d’esprit. Il faut la séparer de l’Etat.» Elle est comme ça Aysha, soumise à Dieu mais libre d’esprit. L’islam, c’est une affaire entre Dieu et elle: «Si j’ai des doutes, je lis, je cherche, je reviens au Coran et je me forge ma conviction.» Et comme les autres membres du mouvement, elle est pour la liberté de croyance: «Il ne faut pas jouer avec la religion. Si tu me respectes voilée, je te respecterai même nu!», dit-elle avant d’éclater de rire. Elle n’a aucun problème à fréquenter les athéesdumouvementets’entendd’ailleurs mieux avec les gauchistes qu’avec les adeptes du cheikh Yacine, qu’elle juge plus «hypocrites». La langue de bois, ce n’est pas son truc. C’est ce qui l’em- pêche d’envisager un avenir politique: «Plus tard, j’aimerais m’engager. Mais pas dans un parti. Je ne me sens pas as- sez forte et pas assez hypocrite. Pour faire de la politique, il faut savoir manipuler. Moi je dis ce que je pense.» Réfractaire à tout embrigadement, le melting-pot li- bertaire du 20-Février correspond bien à cette révoltée. C’est de famille. Fille de profs qui vivent dans la médina, elle se souvient qu’on a toujours parlé librement à la maison. Toute la famille a d’ailleurs manifesté contre le référendum. Sauf le grand frère qui a voté «Oui» et une tante «boutchi- chOui»… Même le grand-père, responsable d’un bureau de vote, a boycotté. Pourtant chez les Knidiri, on est limite anar mais on critique beaucoup sans forcément mi- liter. Aysha aussi est restée longtemps attentiste et, si elle s’est engagée dès le début dans le mouvement du 20-Février, c’est qu’il répondait à ses aspirations de justice sociale. L’égalitédeschancesentrerichesetpauvres, la lutte contre les inégalités, voilà ce qui motive cette étudiante de 24 ans qui fait sa thèse sur le développement touristique à l’université Cadi Ayyad. C’est d’ailleurs au cours de son master sur le thème «Tou- risme et pauvreté à Douar Belaâguid et au bidonville Douar Moulay El Mahdi», que la conscience sociale de Aysha Knidiri s’est affirmée: «J’ai découvert l’esclavage, des gens qui perdent un doigt et n’ont aucune assurance… Au res- taurant Chez Ali, on paye 40di- rhams la journée un cavalier et son cheval! Et à côté des lieux touristiques, on trouve des quar- tiers sans eau ni électricité où règne l’insécurité… Le tourisme, c’est du camouflage.» A défaut de politique, Aysha aimerait s’engager à l’avenir dans une ONG qui pratiquerait le tourisme durable. Mais en attendant ces jours lointains, elle n’est pas près de quitter un mouvement où, même s’il y a des hauts et des bas, elle a le sentiment d’être utile. Il est vrai qu’à Marrakech, les dis- sensions violentes que connaît le 20-Février à Casa, Rabat ou dans le Nord, semblent atté- nuées. Même les «baltajias» lo- cales sont plus cool. Alors qu’à Casa ou Rabat, ça castagnait dans les manifs, on dialoguait à Sidi Youssef Ben Ali: «On a pu leur parler. Nous leur avons expliqué qu’on n’était pas contre le roi. Et ils nous ont compris: c’était émouvant.» Aysha déclare d’ailleurs n’avoir aucun problème avec la monarchie et conçoit le «côté féerique» de la royauté qui existe partout dans le monde. Mais elle considère aussi que le coût des palais «pourrait être investi ailleurs». Et a du mal à admettre un score au référendum qui atteint 98,5%. «C’est presque humiliant. On n’est quand même pas à l’époque du roi Arthur!» C’est vrai que Aysha ne prend pas tou- jours des gants quand elle s’exprime. Et elle croit que sa liberté de parole est in- compatible avec la politique. Mais c’est pourtant justement ce qui manque à la politique… Eric Le Braz NOUVELLE GÉNÉRATION BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 Actualités8 Le 7 juillet, Boy George a fait le DJ au Tahiti Beach lors de la soirée du magazine Posture. Une soirée mondaine où les people était de la partie… et la fête aussi! Boy George lui n’a pas renoncé à son look inimitable. ■ Le boulevard d’Anfa à Casablanca aura droit au même traitement que l’avenue Massira Al Khadra: il sera élargi. Mais ne vous in- quiétez pas, les arbres déracinés seront bien replantés. Enfin, on espère que les promesses seront tenues! ■ Posture Oh Boy, c’est George! Casablanca On déracine, on replante! Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks refait surface. Il a été photographié en compagnie de ses avocats à Londres alors qu’il se dirigeait vers le tribunal. Le journaliste et militant est toujours confronté aux accusations de viol formulées par trois Suédoises. ■ Noncen’estpaslafêteduslip!Ils’agitdelafêtedelaSaint-Firmin, surnommé«Chupinazo»(fuséepyrotechnique)parnosvoisinsde larégiondePamplona,aunorddel’Espagne.Amidi,desfuséessont lâchées et les participants font onduler des mouchoirs rouges. ■ Angleterre Assange face aux juges Fête Gora San Firmin! SXperience adrénaline Ce bracelet au doux sobri- quet de Xperience permet de prendre des photos lors des montées d’adrénaline pendant l’effort sportif. De petites camé- ras sont fixées sur les équipe- ments comme le casque. VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 SRecharge-moi si tu peux! Mini L., ça ne paye pas de mine, mais ça va devenir incontournable. Derrière ce sac banal se cache un système de recharge pour iPad. Enfin, un palliatif à l’autonomie plutôt réduite de ces gadgets. BrahimTaougar/actuel BrahimTaougar/actuelAFP AFP 9Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Farid Bensaïd, le président du festival de Casablanca (et de Ténor Group),étaittrèsremontélorsdelasoiréedegaladu12juillet.Juste avant le concert de Carlinhos Brown, il a fustigé les entreprises casablancaises qui n’ont pas daigné sponsoriser le festival… ■ L’ambassadeur américain Sam Kaplan a fêté Independence Day en compagnie du wali de Casablanca, Mohamed Halab. On ne sait pas si ce dernier chantait Sweet land of liberty en coupant le gâteau bannière étoilée! ■ Festival Ténor cherche sponsor Indy Day Halab l’Américain Les Japonais sont les premiers fans du kitsch assumé. Sur la photo, ces jeunes gens posent au parc Wakamatsu de Kobe devant une statut de «Tetsujin 28-go» mesurant plus de 15 mètres. Un hom- mage à ce manga culte des années soixante. ■ Le personnel d’Air Algérie a décrété une grève de plusieurs jours. Les 13 et 14 juillet, quasiment tous les vols de la compagnie, à destination et au départ de l’Algérie, ont été annulés, provoquant une immense pagaille au moment des départs en vacances. ■ Japon Tetsujin, l’homme de fer Y a a pas que la Ram... Air Algérie, ça chauffe! SCatch me if you fly Celui qui se sera envoyé en l’air le plus longtemps s’appelle Tom Stucker. Comme George Clooney dans In the air, il a dé- passé les dix millions de miles avec United Airlines. Un avion portera son nom ... actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 SRappeur salafiste Le site Lakome.com a publié un clip vidéo du rappeur maro- cain Chekhsar qui revendique la liberté immédiate des prisonniers islamistes. Sera-t-il salué par la Salafia jihadia qui considère la musique haram? BrahimTaougar/actuel BrahimTaougar/actuel AFP AFP Actualités / DÉCRYPTAGE10 Concurrence Les labos bravent les règles ● LES FAITS Le Conseil de la concurrence livre son diagnostic du secteur de l’in- dustrie pharmaceutique, à l’issue d’une étude du cabinet Sis Consul- tants. ● LE COMMENTAIRE Les révélations de l’étude sont stu- péfiantes. Les consultants se sont attardés sur un cas. En analysant certains marchés et appels d’offres, le bureau d’études a constaté que les princeps prédominaient dans des cas de monopole. Certains labo- ratoires vont jusqu’à soumissionner avec des princeps, à des prix très inférieurs à leurs génériques. Du ja- mais vu! Pour Sis Consultants, deux explications sont possibles: soit ces laboratoires détenteurs de ces prin- ceps ont des marges très élevées et sont gagnants même en soumis- sionnant à des prix bradés, soit ils pratiquent le dumping à l’égard des génériques. L’étude dénonce aussi le partage des marchés à l’issue de la soumission aux appels d’offres et l’abus de position dominante. Une situation anarchique dans un sec- teur qui représente l’un des lobbies les plus puissants du Maroc. Et le non-respect des règles de concur- rence loyale a un coût certain pour la collectivité. ● ET DEMAIN Au-delà du patient lésé et des petits labos qui font les frais du mono- pole des grands, les pharmacies se trouvent actuellement dans une si- tuation très critique. A ce jour, 3000 officines sont interdites de chéquier et au bord de la faillite. Ce secteur a besoin d’une remise en ordre ur- gente au risque de le voir s’écrouler comme un château de cartes. M.A.H. ● LES FAITS Pour son premier entretien accordé à un journal après le début de la guerre, Seif El Islam Kadhafi a choisi le quotidien algérien Al Khabar. ● LE COMMENTAIRE Le fils Kadhafi revient ainsi sur le rôle crucial de Paris dans la guerre en Libye: «Nous tenons en réalité les véritables négociations avec la France et non avec les rebelles. Nous avons reçu, par l’intermédiaire d’un envoyé spécial qui a rencontré le président français, un message clair de Paris: ''Nous avons des intérêts commerciaux en Libye, et le gouvernement de transition devra approuver plusieurs contrats.'' Ils veulent parler des contrats tels ceux des avions rafales, ainsi que d’autres avec le groupe Total.» Pour le numéro deux libyen, qui compte toujours publier les documents prouvant le financement de la campagne de Sarkozy, il existe déjà un plan de partage de la Libye: «L’Ouest et le Sud pour la France, l’Est pour la Grande-Bretagne et une base militaire pour la Grande- Bretagne à Tobrouk…» Dans cet entretien, Seif El Islam a également loué le soutien de l’Algérie au régime libyen: «Je tiens à préciser que les positions des pays arabes sont indignes. L’Algérie figure parmi les quelques pays arabes ayant pris une position complètement différente.» ● ET DEMAIN Le choix d’El Khabar n’est pas fortuit. L’entretien accordé à ce quotidien proche des généraux algériens est un message clair à la France: s’il y a un partage du gâteau libyen après Kadhafi, l’Algérie ne devra pas être en reste. A.E.A. ▲ Interview: SeifElIs- lambrocardeSarkozy DR DR Impunité Ou est passé Midaoui? ▲ ● LES FAITS Plusieurs mois après la publication du dernier rapport de la Cour des comptes, plutôt sévère, les conclu- sions des juges d’Ahmed Midaoui sont-elles passées à la trappe? ● LE COMMENTAIRE Dilapidation des deniers publics dans les communes, irrégularités lors de l’attribution des marchés dans les administrations publiques, investissements retardés, ser- vices hors contrat dans la gestion déléguée… Il ne s’agit là que d’une infime partie des nombreuses «fautes» épinglées par la Cour des comptes. Bien que ce rapport n’ait rien de révolutionnaire dans son contenu, étant donné que la plupart des inspections générales des départements concernés étaient arrivées aux mêmes conclusions, le ministère de la Justice n’a toujours pas daigné poursuivre les respon- sables épinglés. Taclé sur cette question par les conseillers de la seconde Chambre, Mohamed Naciri a déclaré que «ce genre de procès était délicat» précisant que jusqu’à présent onze instructions avaient été initiées par le parquet général, dont trois dossiers sont en phase judiciaire. ● ET DEMAIN Le gouvernement a pourtant l’obligation de faire un geste dans ce sens. A l’heure où aux manifes- tations de rue, qui demandent le passage à la barre des ripoux de l’administration, répond le silence assourdissant de la classe politique, le mouvement qui menace le gou- vernement risque sûrement de se radicaliser. A.E.A. DR ▲ actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 Actualités / DÉCRYPTAGE12 ● LES FAITS La Bourse de Casablanca est sur une tendance baissière depuis le début de l’année. A fin juin, le MASI perdait 9% et la tendance ne semble pas s’inverser. ● LE COMMENTAIRE L’année 2010 a été exceptionnelle, le marché ayant gagné plus de 21% après deux années de baisse consécutives. Le MASI a ensuite entamé 2011 en légère baisse sous l’effet des prises de bénéfices. Mais la tendance s’est accentuée avec l’enclenchement du printemps arabe. Pour les analystes d’Integra Bourse, les révolutions tunisienne puis égyptienne survenues entre fin janvier et février ont précipité la chute des cours, du fait du retrait massif des capitaux étrangers de l’ensemble des places de la région MENA. L’émergence du mouvement du 20-Février a entretenu ce climat d’incertitude, tant au niveau local que régional. Et malgré la publi- cation de résultats annuels satis- faisants, avec une capacité bénéfi- ciaire globale de 9%, le marché ne s’est pas ressaisi. Depuis, la fièvre révolutionnaire a gagné le Yémen puis la Libye, et les investisseurs étrangers ayant déserté la région ne sont toujours pas revenus. ● ET DEMAIN Pas de retournement de tendance durant l’été et le ramadan, et tant que la situation géopolitique de la région n’est pas stabilisée. Les investisseurs institutionnels locaux devront tout de même jouer leur rôle de faiseurs de marché. De plus, le marché a besoin de papier frais. Vivement de nouvelles introductions. M.K. ▲ Boursecherche institutionnels BrahimTaougar/actuel ▲ Elle accouche seule à l’hôpital ● LES FAITS Début juillet, alors qu’elle était à terme, une femme s’est présentée à l’hôpital provincial de Sidi Bennour (dans la région d’El Jadida). Mais elle n’a eu droit qu’à l’indifférence du personnel de l’hôpital… et a fini par accoucher toute seule, dans l’entrée de l’établissement. ● LE COMMENTAIRE Le scandale, appuyé par des photos et des vidéos, fait actuellement le tour du Net. Pour sa défense, le ministère a déclaré qu’il s’agissait d’une mère célibataire (comme si c’était une tare!), attardée mentale (comme si cela justifiait le crime dont elle a fait l’objet), et qu’elle avait été amenée à l’hôpital par la Protection civile. A son arrivée, toujours selon le ministère, elle aurait été aussitôt prise en charge mais, après avoir accouché, elle serait sortie «fumer une cigarette», son bébé dans les bras. Sauf que les eaux qu’il y avait autour d’elle et de son bébé mettent en doute la version officielle. Une version où le département de tutelle a cherché davantage à criminaliser la victime qu’à assumer ses responsabilités. Ce qui n’est pas sans rappeler le dicton arabe: «L’excuse était bien plus grave que l’erreur commise.» ● ET DEMAIN L’état de délabrement des services publics de santé dans la région, qui a entraîné notamment les militants du 20-Février des Doukkala dans les rues, est tout simplement inadmissible. L’attitude des personnes censées en assurer le bon fonctionnement l’est encore plus. Et cela ne peut plus durer. T.Q. Lakom.com Maroc-UE Deal gagnant? ▲ ● LES FAITS La Commission parlementaire mixte UE-Maroc (CPM) a salué, le 13 juillet à Bruxelles, les efforts déployés par le Maroc contre l’im- migration clandestine; ce qui aurait «permis de réduire de manière significative les flux migratoires illégaux» indique le texte des re- commandations finales. ● LE COMMENTAIRE Cette annonce sonne bizarrement à l’heure où l’Espagne se plaint du re- lâchement des autorités marocaines en ce qui concerne cette même lutte, notamment au niveau des présides de Sebta et Melilia. Mais surtout, abusant de termes «politi- quement corrects», cette déclara- tion déguise mal la réalité: le Maroc est un sas de sécurité pour l’Europe, un gardien de but qui devient plus efficace, et laisse passer moins de ballons. Les ballons sont des Maro- cains, mais aussi des Subsahariens rentrés illégalement au Maroc dans l’espoir de «passer» en Europe, et qui se retrouvent coincés dans un pays qui n’a ni les structures ni les moyens de les accueillir. Bien sûr, en échange de sa collaboration, le Maroc reçoit davantage d’aides européennes. Mais il doit gérer des problèmes au-delà de ses possibi- lités. ● ET DEMAIN Le reste du texte est à l’avenant: autocongratulations, regrets du manque de collaboration –dans le Sahel– «des voisins de l’Est», et, une timide demande de «facilitation des visas». Jusqu’à quand le Maroc va-t-il faire le gendarme pour l’Europe? A.C. actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011 AFP Actualités14 Le secteur a du mal à se relever. Les éleveurs de poulet de chair et de poules pondeuses viennent de subir de grosses pertes suite à la canicule qui s’est abattue sur le Maroc la der- nière semaine du mois de juin. Les dégâts sont estimés pour l’instant à 71 millions de dirhams, avec une hausse de 6% de la mortalité des vo- lailles et une chute brutale de la pro- ductivité. La surchauffe du prix du poulet n’est pas près de retomber.■ Aviculture Dégâts de la canicule On ne sait pas grand-chose de l’agression du garde du corps du roi Mohammed VI. Le commissaire Abdellah Salim Saïdi, qui assurait la sécurité du roi, est mort des suites de blessures lors d’une «tentative de cambriolage», vendredi dernier, dans son appartement à Rabat. Transporté à l’hôpital, il a subi plusieurs interventions chirurgicales, en vain. Il a succombé dans la soirée du 12 juillet à l’hôpital Ibn Sina de Rabat. ■ Etrange Décès du garde du corps du roi Commune de Bab Berred Les indignés de Machat C’est tout un village en colère qui a bloqué les travaux menés par un gros bonnet local à Machat, sur la commune de Bab Berred. Cet «entrepreneur» avait déjà rasé 20 hectares de forêt domaniale, tracé une cinquantaine de kilomètres de pistes et creusé de multiples puits. Résultat: les sources alimentant le douar se sont taries… Les indignés de Machat ont déposé plainte dès le 15 mai et alerté les autorités. En vain. Ils ont alors décidé de retenir les engins de terrassement et campent sur place depuis le 7 juillet. Question: pourquoi raser des forêts et chercher de l’eau dans une région célèbre pour ses plantations de Kif? ■ Le secteur accuse 71 MDH de perte. ● Les préparatifs vont bon train pour permettre à Adil Douiri de se présenter aux législatives dans la commune de Zouigha Ben- souda, le fief de Chabat. ● En attendant de faire toute la lumière sur cette sombre affaire, le Conseil national des droits de l'Homme, cherche à arracher au moins une reconnaissance symbo- lique à la mémoire de Ben Barka, en érigeant une stèle en son nom dans l’ancien pénitencier de Tazmamart. ● Une dizaine de journa- listes algériens ont écumé le Royaume à l'occasion du référendum. A défaut de scoop, ils se sont rabattus sur les militants du 20-Fé- vrier qui les ont abreuvés de déclarations sulfureuses sur le Makhzen. ● Sans prendre en considé- ration le manque à gagner, la facture des dégâts dus aux troubles sociaux, et autres attaques en règle contre l'OCP, a dépassé les 6 milliards de centimes. ● Les services occidentaux s’inquiètent de l’offensive que s’apprêtent à mener les chiites marocains installés essentiellement en Europe, notamment en Belgique, et qui veulent profiter de l'ouverture accordée par la nouvelle Constitution pour jouir d’une reconnaissance. ● C’est la pagaille à l’aéro- port Mohammed V depuis qu’on a institué des guichets de contrôle réservés aux passeports marocains. Les autres passagers décou- vrent qu’ils sont dans la mauvaise file une fois devant le policier… Il faudrait juste l’indiquer avant le début de la file! ■ DR SLe chiffre SLe regard de Mouhim Les bruits du village Marrakech La révolution, c’est de l’art On commence à en savoir un peu plus sur le programme du Marrakech Art Fair, la foire d’art contempo- rain qui aura lieu cet automne dans la ville ocre. Une exposition nu- mérique, qui durera du 29 septembre au 31 octobre, se tiendra dans l'enceinte de l’ancienne Banque du Maroc, place Jamaâ El Fna. Au programme: vidéos et photogra- phies, mais aussi une réflexion sur l’esthé- tique de la contes- tation par téléphone portable pendant les révolutions arabes. ■ de dirhams, le montant des dettes épongées par l’Etat au profit de 63000petits agriculteurs pour l’utilisation des eaux d’irrigation. 220en millions actuel / Semaine du 16 au 22 juillet 2011
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