actuel 111 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 111 - du 8 au 14 octobre 2011 - 15 DH- 3 € المغرب exclusif Charaf Kandil « Rien à cacher !» p.30 Khouribga sous tension Les naufragés du phosphate p.42 Harcèlement et moral sexuelEnquête sur un tabou F aut-il en rire ou en pleurer ? L’annonce, par Salaheddine Mezouar, de la création d’une « Coalition pour la démocratie » regroupant, aux côtés du RNI, du PAM, de l’UC et du MP, des formations aussi hétérogènes que le Parti travailliste, le Parti de la gauche verte, le Parti du congrès socialiste et… le Parti de la renaissance et de la vertu (PRV) – formé par d’ex-dissidents du PJD, salafistes purs et durs – , ressemble fort à un aveu de faiblesse. L’objectif, louable, de constituer une coalition en vue d’em- porter l’adhésion des électeurs, sur la base d’un programme et de valeurs partagées, vaut pour toutes les compétitions démocratiques. Les élec- tions législatives auxquelles nous serons conviés le 25 novembre prochain mériteraient assurément une telle démarche. Avec la constitution de cette improbable coalition, dont l’un des associés s’est rallié à la toute dernière seconde, nous en sommes loin ! Annoncée comme « his- torique », elle l’est assuré- ment en ce qu’elle semble avoir été concoctée pour garantir à ses conjurés une place au soleil dans le futur gouvernement. Rien dans les positionnements avérés de ses membres, et encore moins dans leurs valeurs respectives, ne permet de nourrir un programme cohérent, de nature à séduire des électeurs en attente de vrais changements au lendemain d’une période riche en débats et réflexions. Qu’y a t-il de commun entre Salahed- dine Mezouar et l’inénarrable auteur de fatwas Abdelbari Zemzemi ? A ce petit jeu – un peu de référence sociale, un peu de référence libérale, une touche de référence socialiste, un soupçon de référence verte, une petite pincée d’islamisme pour rester tendance auprès d’une population attachée aux valeurs fondamental… istes – , les membres de cette nou- velle coalition de circonstance prennent un bien 3édito actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 Hold-upélectoral actuel grand risque. Ou plutôt plusieurs. D’abord, celui de se heurter à l’incrédulité d’un corps électoral assurément plus éclairé que ses leaders politiques. Ensuite, celui de donner, demain, naissance à une majorité hétéroclite à l’israélienne. Effectuant ainsi un véritable hold-up électoral au détriment d’un débat démocratique transparent sur la base de convictions réellement partagées. La symbolique ne justifie pas tout. La communi- cation et le marketing politique encore moins. La recherche du plus petit dénominateur commun dans la profession de foi cosignée par les huit associés, de nature à ne mécontenter personne, témoigne d’une coupable indigence intellectuelle. On y cherche en vain la moindre idée suscep- tible, au-delà des poncifs éculés, de séduire une opinion publique en quête de renouveau. Ajoutez à cela qu’à quelques encablures des législatives, on ne sait encore rien. Ni du découpage électoral ni des futurs candidats, et encore moins des programmes. Cela n’empêche pas nombre de ministres en exercice d’être déjà dans les star- ting-blocks, voire de battre la campagne. Dans un mélange des genres pour le moins immoral, la moitié de nos ministres laissent ainsi vacantes leurs fonctions pour se mettre « au service de leur circonscription ». Comme l’autre moitié s’occupe de les soutenir dans leur précampagne, c’est un gouvernement fantôme qui expédie les affaires courantes. Au point de remettre la confection d’une loi de Finances aux calendes grecques. Les (dernières) illusions d’aujourd’hui pourraient bien nourrir les désillusions de demain. ■ A ce petit jeu, le risque est grand de donner naissance à une majorité hétéroclite à l’israélienne. Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 4 n°111 - du 8 au 14 octobre 2011 Silence, on harcèle... Huit en un, qui dit mieux ? Abbas El Fassi, l’éternel optimiste Khouribga met le feu aux poudres 16 36 38 42 56 Esprit de Marrakech es-tu là ? SActualités 06 nouvelle génération | Imad Khater 08 la semaine en images 10 décryptage 14 dernière heure SDossier 16 persécution | Harcèlement sexuel et moral, un sport national SEconomie 30 interview | Amine Kandil, directeur général du groupe Charaf-Fertima : « Nous n’avons rien à cacher ! » 34 bourse SPolitique 36 partis | Alliances, le grand bazar 38 législatives | Futur gouvernement, et si c’était (encore) lui ? SSociété 42 reportage | Les révoltés du phosphate SMonde 50 représentativité | Législatives françaises de 2012 : veillée d’armes au Maroc 52 monde | L’Europe, complètement à l’ouest 54 chronique des deux rives SCulture 56 marrakech art fair | La scène artistique arabe ou l’esthétique de la violence 60 littérature | Grand prix de La Mamounia 62 agenda STendances 64 automobile | Ford Fiesta, l’increvable citadine 66 les choix de... | Nabil Benabdellah, de Ali à Alya actuelactuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably culture : Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak, Meriama Moutik. Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Paola Abboud, Sanaâ Chrif, Mohamed Madani, Mohamed Mouhim, Youssef Roudani. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 29 00 40 04/50 05 05 22 36 77 02 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : Kenza Benelkaid commercial@actuel.ma SAdministration Responsable administratif et financier : Khalid Zghiguida IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ photo de couverture Brahim Taougar Lapolitiqueautrement Imad Khater SLes dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive. Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... uand j’ai voulu faire de la po- litique, je n’ai pu me retrouver dans aucun parti ! », lance d’em- blée Imad Khater. A 30 ans, ce podologue, doublé d’un juriste d’affaires, est le vice-président du forum Compétences pour le Maroc. Il est égale- ment un élément remarquable de l’équipe derrière la création d’un futur parti po- litique : le Printemps de la démocratie marocaine (PDM). A l’instar de nombre de ses congénères, Imad s’intéresse depuis longtemps à la politique, mais sans que cela dépasse le stade de la réflexion. « En 2007, je suis bien sûr aller voter, mais je ne me sou- viens plus pour qui… », confie-t-il. Une anecdote qui en dit long sur l’état actuel du paysage politique qui déçoit de nom- breux jeunes Marocains. Observateur assidu du champ politique national,il martèleque ce sont « les mêmes qui gèrent les choses depuis cinquante ans, sans aucun résultat. Les jeunes n’ont pas droit de cité au sein de leurs structures ». Janvier dernier, en plein printemps arabe, lui et quelques amis prennent confiance et décident de passer à l’acte. Naît alors l’idée d’une association « à vocation poli- tique ». La mouvance suscitée par le 20-Fé- vrier a servi de catalyseur, pour aboutir à l’idée d’un parti politique : on n’est jamais mieux servi que par soi-même. A propos, pour ou contre le M20 ? Notre homme ne réfléchit pas trop à la question : « Ces jeunes ont investi les rues pour expri- mer leurs revendications. Moi je préfère passer à la participation. Quand on crie ‘‘Dégage !’’à certains, il faut bien quelqu’un pour les remplacer », explique-t-il. Pour lui, il n’y a pas plus dangereux que de laisser la chaise vide. Il en a horreur : « On ne vote pas. On laisse des ripoux monter aux élections, et après on se pointe chez eux pour leur demander des papiers ad- ministratifs. C’est contre-productif. » C’est pourquoi Compétences pour le Ma- roc ou encore le futur parti s’assignent un objectif prioritaire : la participation politique. Imad estime en effet que 63% des Maro- cains ont boudé les urnes en 2007 – sans compter les millions de non-inscrits non répertoriés – parce qu’ils ne se retrouvent dans aucune des structures politiques déjà existantes. « Ils sont là, ils savent tout mais attendent de nouvelles idées, du sang neuf surtout pour passer à l’action », nous dit-il l’air confiant. Quid de l’idéologie ? Faux débat. « C’est quelque chose de compliqué. La femme de ménage ou le petit ouvrier analphabète n’y comprennent rien du tout. Pour les inciter à voter et à s’impliquer, il leur faut un pro- gramme cohérent, dans un langage lim- pide et accessible », explique-t-il. Naturellement, il faut du temps pour ficeler un programme politique, et entre-temps Imad Khater nous donne quelques pistes à suivre. « Si je ne me suis retrouvé dans aucun parti, c’est parce qu’ils n’ont pas de démocratie interne », dit-il. Pour lui, c’est une condition sine qua non sans laquelle aucune formation politique ne peut se considérer comme telle. Pour étayer ses propos, il cite l’exemple du PDM dont les futurs statuts stipulent clairement que le secrétaire général ne peut excéder qu’un seul mandat dans ses fonctions. « Les intentions peuvent être bonnes, mais la chaise est posses- sive ! » Difficile de penser le contraire. Quand on l’interroge sur la monarchie parlementaire, la laïcité, le référen- dum du 1er juillet, le PAM et les autres sujets chauds, Imad ne se lâche pas. Il ne vous balancera pas ces phrases qui commencent par « Acha3b Yourid » (le peuple veut). Il a ses propres mots. Ni pour ni contre, il décline sa propre vision des choses. Celle que partagent probablement d’autres jeunes Marocains qu’on ne voit pas for- cément dans les manifs. Florilège : « Peu importe la forme de la monarchie, pourvu qu’il y ait de la démocratie » ; « La laïcité, je ne suis pas contre, mais ça risque de créer des conflits »; « Je ne sais pas si la nouvelle Constitution est suffisante ou pas. L’impor- tant est qu’elle est meilleure que l’autre » ; « Le PAM ? Si les gens votent pour lui démo- cratiquement, je ne m’y opposerai pas »… Dire qu’entre les revendications du 20-Fé- vrier et les contre-revendications du 9 mars, de pareilles idées passent quasi- ment inaperçues. Même s’il n’est pas très « excitant », ce point de vue « centriste » existe bel et bien, et il faudra faire avec… démocratie oblige ! Ali Hassan Eddehbi Nouvelle génération DR actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 Actualités8 Grimésen« zombiesducorporatisme »,desmanifestantsprotestaient le 4 octobre, après plusieurs jours de sit-in et de marche, contre « l’avidité » des banques. Leur mot d’ordre : « Occupy Wall Street », le symbole des dérives financières qui ont mené à la crise. n Ceci n’est pas un photomontage, mais peut-être une nouvelle tendance. Ce vendeur de CD de Bourgogne à Casablanca est aussi bouquiniste.Ilavendutroislivresen24hetonafaitl’acquisitionde sonCandide.Ilrestedel’espoirpourinciterlesMarocainsàlire ! n AmandaKnox,l’étudianteaméricaineaccuséed’avoirsauvagement tué sa colocataire à Pérouse, en Italie, pleure de soulagement en arrivant à l’aéroport de Seattle. Condamnée à 26 ans de prison en 2009, elle vient d’être acquittée à l’issue du procès en appel. n Etats-Unis Les indignés occupent Wall Street Informel Voltaire, un blockbuster ! Acquittement La « tueuse au visage d’ange » sLa fin des Simpson ? Après 23 saisons, l’irrévérencieuse série américaine va peut-être s’arrêter. En cause, non pas une chute de popularité, mais un différend financier entre les acteurs – les voix des personnages – et la chaîne de télé Fox. vu sur la toile Andrea Appell et Max Stoneman, du consulat américain à Casablanca, viennent de lancer la fameuse loterie qui fera gagner 50 000 visas (dans le monde) pour les Etats-Unis. Pour participer, jusqu’au 5 novembre : www.dvlottery.state.gov n Immigration Qui veut gagner un visa ? sAnonymous versus Wall Street Soutenant les « indignés de New York », l’organisation « Anonymous » aurait décidé d’attaquer la Bourse de New York, le 10 octobre. Même si l’annonce a été démentie par certains des hackers, le FBI veille. AFP AFPBrahimTaougar/actuel BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 7Actualités / La semaine en images 9 Avis aux amateurs : après le Marrakech Art Fair, la 4e édition de la Biennale de Marrakech est annoncée. Elle se tiendra du 29 février au 4 mars 2012, a annoncé sa fondatrice, la sœur du milliardaire britannique Richard Branson, Vanessa Devereux. n Mercredi,SteveJobs,fondateurgénialetcharismatiquedelamarque à la pomme, et géniteur du Mac, de l’iPod, de l’iPhone, de l’iPad, estmortterrasséparuncancerdupancréas.Sondécèsaprovoqué uneavalanchederéactions,notammentsurlesréseauxsociaux.n … de grève. Le 4 octobre, parents et élèves protestent contre l’exclusionde20adolescents,àl’issuedeladernièreannéescolaire. Ils reprochent à la directrice une décision « injuste » sachant qu’il n’existe à Casablanca aucun cursus équivalent. n Marrakech Encoredel’art Icône Apple est orpheline Ecole espagnole de Casablanca Les parents d’élèves au piquet… Un Yéménite pleure la mort de son frère de 15 ans, tué avec un autre civil à Sanaa, dans le secteur contrôlé par les militaires ralliés au mouvement de contestation. Ce mouvement continue de demander la démission et le jugement du président Saleh. n Printemps arabe Pas de happy end pour le Yémen sUne première turque La jeune Turque, Derya Sert, est la première femme au monde à avoir reçu une greffe d’utérus – elle était née sans – d’une donneuse décédée, ce qui pourrait lui permettre d’avoir un enfant. sLe Tartuffe marocain Un « haj » pris en flagrant délit, en train de tâter le postérieur d’une passante… elle-même voilée. On imagine ce que Molière en aurait fait ! BrahimTaougar/actuel afp AFP actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 BrahimTaougar/actuel Actualités / décryptage10 ● les Faits Le dahir portant sur le contrôle et l’audit des finances des entreprises publiques et autres départements ministériels, paru dans le Bulletin officiel du 29 septembre, est censé mettre fin à l’opacité de la gestion des finances des Habous. ● le commentaire Dorénavant, la gestion du pactole des Habous ne relèvera ni du ministre des Affaires islamiques ni d’un autre responsable, mais d’une structure quasi indépendante qui n’aura pas de compte à rendre au ministre. Dans le nouvel organigramme validé par le souverain, la commission d’audit qui relève de cette structure aura toute latitude pour bloquer ou demander des éclaircissements sur des marchés ou des dépenses engagées par le département. Estimé à plus de 100 milliards de dirhams, dont 80 000 hectares de terres agricoles et 48 000 biens immobiliers, le patrimoine des Habous a longtemps fait saliver de nombreuses formations politiques qui ont vu dans ce département l’occasion de faire fructifier leur capital sympathie auprès de la population tout en usant sans modération du capital financier. ● Et demain En soumettant les finances des Habous à la transparence et au contrôle, le roi a mis fin à la souveraineté du palais sur ce ministère. Cela n’empêchera pas les islamistes du PJD de continuer à lorgner sur la gestion du département des affaires religieuses, à défaut du poste de chef de gouvernement. A. E. A. ▲ Habous : le roijoue latransparence MAP ▲ Sahara Du rififi à Tindouf ● les Faits Nouvelle crise au sein de la hiérarchie du Polisario après que Mohamed Lamine El Bouhali, ministre de la Défense des séparatistes, a suspendu Ould Malou, le chef de la gendarmerie. ● le commentaire Sur ordre des services algériens, El Bouhali a mis fin aux fonctions du patron de la gendarmerie sous prétexte que ce dernier couvrait un trafic d’essence. En réalité, l’homme a géré le départ des mercenaires qui ont prêté main forte aux forces de Kadhafi. De ce fait, non seulement, il détient des secrets compromettants mais il a supervisé l’opération de retour, rapportant dans ses bagages, des armes et des véhicules ayant appartenu au dictateur libyen. Du fait de son appartenance à la puissante tribu des Rguibats Sahel Ouled Daoud, sa mise à l’écart a provoqué des troubles dans les campements de Tindouf où des membres de sa tribu ont manifesté leur colère devant le siège du Polisario. Profitant de l’occasion, le mouvement d’opposition Khat Achahid hausse le ton. Selon El Imparcial, cette mouvance a relancé l’idée d’organiser des négociations directes avec le Maroc. ● Et demain Le Polisario menace tout bonnement de reprendre les armes. « Les délégués au prochain congrès du Front Polisario pourraient reprendre la lutte armée », a menacé le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Omar, à l’occasion de la tenue de la 3e Conférence internationale des villes qui s’est déroulée en Italie. A. E. A. DR ▲ actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 ● les Faits Les services de sécurité ont annoncé, mardi, l’arrestation à Casablanca d’un jeune homme soupçonné de préparer des attentats terroristes. ● le commentaire Pisté depuis plusieurs mois par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Mourad Aiboussi, âgé de 21 ans, et inscrit à la faculté d’études islamiques, se connectait régulièrement à des sites jihadistes où il postait des commentaires takfiristes, sous plusieurs pseudonymes, accusant l’Etat d’hérésie. Il devient de plus en plus radical et entre en contact avec d’autres internautes pour leur demander la recette pour fabriquer des engins explosifs, qu’il obtient après quelques vaines tentatives. Lors de son arrestation au domicile de ses parents dans la banlieue casablancaise, la police trouve des matériaux servant à la fabrication de bombes artisanales. L’enquête révèle que Aiboussi ciblait de hauts responsables sécuritaires, dont il surveillait les mouvements de près, de même qu’il planifiait de faire sauter plusieurs sites sensibles de la métropole. ● Et demain Les récentes arrestations de présumés terroristes dénotent une nouvelle tendance inquiétante. Inspirés par leurs idoles d’Al-Qaïda, ces apprentis terroristes agissent selon la théorie du « loup solitaire ». Ils évitent ainsi les risques de trahison ou d’infiltration rendant leur traque encore plus difficile. La DGST doit avoir du pain sur la planche. A.H.E. La DGST piège un terroriste in extremis DR Actualités / décryptage12 La DGST, un service comme les autres ? ● les Faits L’attribution du titre d’officier de police judiciaire aux responsables de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) divise les parlementaires. ● le commentaire Le projet de loi devant modifier le code de procédure pénale suscite des remous au sein de l’hémicycle, en proposant d’accorder le titre d’of- ficier de police judiciaire aux agents de la DGST. Cela signifie qu’ils pourront, à l’instar de leurs collègues de la police judiciaire, procéder aux arrestations des suspects et à la rédaction de P.-V. transmis aux juges. Le ministre de la Justice, Mohamed Naciri, y voit un moyen « d’intégrer cette institution dans le corps de la police judiciaire » et de « conférer une légalité à une institution qui mène des enquêtes dont nul ne conteste la valeur », faisant clairement allusion à son rôle clé dans le démantèlement des réseaux terroristes. Certains députés estiment que cet amende- ment va dissiper le flou mystérieux ayant toujours entouré la DGST et inscrira cette administration dans la normalité. D’autres, plus scep- tiques, s’accrochent à l’impératif de prévoir des garde-fous notamment à travers le contrôle du travail de cette institution aux niveaux parlementaire et administratif. ● Et demain Si la DGST sort de l’ombre et si elle peut, enfin, agir dans la légalité, cela fera-t-il taire la rumeur sur les enlèvements et les disparitions forcées qui seraient encore prati- qués aujourd’hui ? Seul le temps nous le dira, d’autant qu’il n’y a pas de fumée sans feu. A.H.E. ▲ B.Taougar/actuel ONDA : un conseil sous haute tension ▲ ● les Faits Après plusieurs reports depuis mars, l’ONDA a fini par tenir son conseil d’administration mardi 4 octobre. L’ambiance n’était pas à la fête. ● le commentaire Après un long tête-à-tête entre Karim Ghellab et Dalil Guendouz, le conseil a expédié l’approbation de l’arrêté des comptes 2010, et la validation de l’organigramme qui, pourtant, présente des faiblesses. La plus flagrante a trait à la direction financière qui regroupe à la fois la logistique, les achats, la comptabilité, la facturation, le recouvrement et le juridique ! Une option surprenante pour une entreprise ayant un passif aussi lourd au niveau de la passation des marchés… Autre volet non débattu : le taux de réalisation des investissements particulièrement faible, pas plus de 20%. Guendouz avait affirmé à actuel (n°109) qu’il bouclerait l’année à 80%... En revanche, le niveau élevé de l’endettement a suscité des commentaires : 4,9 MMDH. Entre 2009 et 2010, l’ONDA a levé 240 millions d’euros (BAD), 800 MDH (banques) et 2 MDH (émission obligataire). Une manne qui devait lui permettre de réaliser son plan 2008-2012. ● Et demain Le conseil a été une formalité où les dossiers polémiques ont été mis de côté. A commencer par l’arrêt des travaux d’extension du terminal 1, et l’indemnisation de l’entreprise. Ghellab a évité de faire des vagues alors que son mandat touche à sa fin et que la campagne électorale approche à grand pas. M.K. B.Taougar/actuel ▲ actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 Le 20-Février n’est pas mort ● les Faits Le dimanche 2 octobre, des milliers de Marocains ont encore marché dans plusieurs villes dans le cadre du Mouvement du 20 février réclamant, entre autres, de « véritables » réformes politiques, la libération du rappeur L7a9ed et celle d’autres détenus d’opinion, ainsi que des réformes sociales. ● le commentaire Ceux qui prédisaient la disparition ou l’explosion du M20 ont vu leurs théories voler en éclats. Les marches continuent de mobiliser, même si le nombre reste variable et n’a plus atteint les pics enregistrés le 20 mars. Cela ne signifie qu’une chose : la rue réclame des réformes profondes et ne se satisfait plus des promesses, une idée résumée par le slogan « mamfakinch » . Le M20 est devenu une réelle force d’opposition, libérant la parole et portant à ébullition la scène politique. Bien sûr, on peut reprocher au mouvement son côté fourre-tout contestataire, la radicalisation des slogans par endroits – qui reste certes le fait d’individus ou de groupuscules – et le flirt improbable entre extrême gauche et islamistes dans ses rangs. Mais tout cela n’est-il pas le passage obligé vers une réelle démocratisation, loin des interminables transitions et des consensus mous ? ● Et demain Trop de contestation ne tue pas la contestation. La libre expression est un préalable pour construire des institutions fortes. Et cela, les forces conservatrices ne l’ont pas encore assimilé. Z.C. AicPREss Actualités14 El Mostapha Sahel, l’ambassadeur du Maroc à Paris, vient d’être nommé conseiller du roi Mohammed VI. Cetancienministredel’Intérieurdis- posed’unelongueurd’avancesurbeau- coupd’hommespolitiquespuisqu'ila eu à traiter des dossiers stratégiques quand il était en charge du départe- ment de la Pêche ou quand il a pris la relève de Basri à l'Intérieur. Reste la question qui taraude toute la classe politique : qui le remplacera à la tête de l’ambassade la plus convoitée du Royaume ? n NominationSahel auPalaisroyal Le procès Argana reprendra le 20 octobre. Beaucoup d'émotion lors de la dernière audience du 6 octobre. Me Franck Berton, avocat français de la plus jeune victime Camille Dewailly, a brandi la photo de la petite fille devant le principal accusé, Adil El Othmani. Il lui a demandé de « se souvenir d’elle ». El Othmani n’a pas parlé durant cette audience et a eu le regard fuyant. Les avocats des victimes ont, quant à eux, plaidé pour la perpétuité et contre la condamnation à mort, suivant la volonté des familles. n ProcèsArgana« Souviens toi de Camille » Saham LaSFIintéressée La SFI (filiale de la Banque mondiale) acheterait, pour 125 millions de dollars, une partie du capital de la holding de Moulay Hafid Elalamy, Saham Finances. Une centaine de millions de dollars irait au développement du groupe d’assurances panafricain Colina, racheté en novembre dernier par Saham Finances. n Mustapha Sahel, conseiller du roi. l Abbas El Fassi, persona non grata à Larache, a déci- dé de céder sa candidature aux législatives à Abdallah Bakkali, le rédacteur en chef du journal de l’Istiqlal, Al Alam. Mais ce dernier n’a aucune chance devant Mo- hamed Saoud, le secrétaire du parti à Larache, coque- luche des militants locaux. l Nouveau rebondissement de l'Audi Gate. Le patron de l'ONDA vient de se voir re- fuser par la DEPP, direction relevant du ministère des Finances, l'autorisation de paiement de la facture de l'Audi A7. Que compte faire Guendouz de ce véhicule désormais encombrant ? l Ils ne se quittent plus ! Après avoir rendu plusieurs visites à son voisin DSK, de retour Place des Vosges à Paris, Jack Lang a encore passé une soirée chez lui dans son fameux riad de Marrakech, en marge du prix de La Mamounia. l Moulay Rachid sera pré- sent à l’ouverture du Four Seasons de Marrakech, le 9 novembre. Il inaugu- rera l'hôtel accompagné du prince saoudien Talal, actionnaire avec Bill Gates de ce nouveau palace. l En 2010, les huissiers du Royaume ont fait rentrer 7 milliards de dirhams dans les caisses de l’Etat, au titre des droits de timbre et autres impôts résultant des contentieux bancaires. l Plusieurs avocats ont demandé au juge fédéral de Manhattan de contraindre la police fédérale de New York de lui remettre le contenu des écoutes télé- phoniques des résidents marocains musulmans. n AFP SLe regard de Mouhim Les bruits du village e-Escroquerie inwi tire la sonnette d’alarme Des abonnés inwi ont reçu des SMS de l’étranger ou des mails (spams) leur annon- çant le gain de cadeaux via des tombolas fictives. Un moyen frauduleux d’usurper l’identité des clients de l'opérateur de téléphonie mobile. inwi dément formel- lement avoir organisé une quelconque tom- bola, et précise que toutes les opérations promotionnelles font l’objet d’une communi- cation transparente via les canaux officiels de l’opérateur. n actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 C'est le montant du plan de gestion et de préservation du bassin de la Moulouya pour les vingt prochaines années. SLe chiffre 23MMDH S Erratum Ce n'était pas la BMCE... mais la BMCI qui était sponsor du festival de Tanjazz à Tanger, contrairement à ce que nous avions indiqué par erreur dans un article de notre précédent numéro. Toutes nos excuses aux intéressés ainsi qu'à nos lecteurs. n Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ]Partis politiques Le « Parti du peuple »perd sa dénomination Le tribunal administratif de Rabat a décidé, le 29 septembre, de valider la décision du ministère de l’Intérieur refusant la dénomination « Parti du peuple » à l’ancien Parti du renouveau et de l’équité (PRE). Le ministère de l’Intérieur avait jugé que le changement de dénomination était contraire à la loi. Cette affaire remonte au mois de juin dernier, lorsque le PRE a décidé de changer de nom lors de son congrès national qui s'est tenu les 17, 18 et 19 juin à Bouznika. n Enseignement Lafêtede l’instituteursous lesignedesgrèves Cinq syndicats de l’enseignement ont choisi de débuter l’année scolaire par une grève de quarante-huit heures, les 5 et 6 octobre. La Fédération démocratique de l'enseignement, la Fédération nationale de l’enseignement relevant de l’Union nationale du travail au Maroc, l’Organisation démocratique de l’enseignement relevant de l’Organisation démocratique du travail, l’Instance autonome de l’enseignement et le Syndicat indépendant de l’enseignement, ont décidé un débrayage pour revendiquer le déblocage du dossier des enseignants de l’échelle 9. Les syndicats ont innové en annonçant que la grève prévoyait l’abandon des classes dans le milieu rural, et des rassemblements dans les établissements scolaires des centres urbains. n Transport Les agents eFloussy relâchés … pour le moment Les neufs agents eFloussy détenus pour avoir pénétré les locaux du ministère de l’Emploi, la nuit du 8 sep- tembre, sont en liberté provi- soire depuis jeudi dernier. La décision a été favorablement accueillie par l’Association des agents eFloussy, mais des doutes planent encore sur l’issue finale de ce procès. En attendant, malgré leur état de santé dégradé, ces agents devront se pré- senter régulièrement aux séances. Ils viennent à peine de mettre un terme à une grève de la faim qui a duré vingt-et-un jours. n JLEC L'ancienPDG débouté Peter Barker Homek, an- cien PDG de JLEC, licencié pour conflit d'intérêt avéré en octobre 2009, poursuivait Taqa (The Industrialization and Energy Services Compa- ny) auprès des tribunaux américains en demandant pas moins de 463 millions de dollars d'indemnités. Il a été débouté par la justice américaine pour tous les chefs d'accusa- tion. L’un d'entre eux portait sur le paiement de commissions à de hauts responsables marocains pour obtenir des contrats d'extension de JLEC. n P uisque le prince Moulay Hicham continue de prétendre « qu’il est persona non grata au palais », et qu’il soutient son droit à s'impliquer dans les affaires politiques marocaines et « en toute liberté, sans lignes rouges », qu'il permette au citoyen ordinaire qu'est l'auteur de cette contribution (Mohamed El Brini, ndlr) d’émettre aussi son avis, en toute liberté. Sachant qu’il n’y a, dans cet écrit, aucun désir de porter atteinte au respect dû à un membre de la famille royale. Il faudrait que l’on sache tout d’abord si le prince Moulay Hicham a réellement des problèmes avec son cou- sin, auquel cas, il devrait ten- ter de les solutionner dans le cadre de la famille, et non pas sur les plateaux de télévision. Le prince Moulay Hicham est en principe soumis à un devoir de réserve et devrait plutôt s’occuper de ses affaires florissantes au Maroc ou ailleurs. En conclusion, son obsession à s'immiscer dans les affaires politiques marocaines nous interpelle sur ses intentions profondes. Le prince Moulay Hicham aspire-t-il à monter sur le trône du Maroc à la place de Mohammed VI, qui dispose de la légitimité de à la succession de son père le défunt Hassan II ? Si c'est bien de cela qu’il s’agit, alors qu'il ait le courage de l'annoncer. n Al Ahdat Al Maghribia Leprince Achourouk Unticketpourla victoire ? Les 11 000 tickets du match qualificatif pour la Coupe du monde et la CAN, qui se jouera le 9 octobre à Marrakech entre le Maroc et la Tanzanie, se sont envolés en une matinée. Achourouk nous apprend que les derniers billets ont trouvé preneur le jour de l'ouverture des guichets à midi, au point de vente Zerktouni de Casablanca. Attajdid Halteau découpage ! Le quotidien Attajdid, proche du PJD, titre en une le 5 octobre : « Graves dysfonctionnements dans le découpage électoral. » Le journal relève que certaines circonscriptions regrouperont 190 000 électeurs tandis que d'autres n’en couvriront que 50 000. Ces dernières pourraient faire les frais de la corruption électorale. Assabah Lespiratesà l'assautdela politique Le quotidien Assabah livre une chronique sur le « Parti pirate », déterminé selon le journal à créer une branche au Maroc et à rafler la mise comme ce qui a été observé en Allemagne. Le « Parti pirate » réunit des jeunes du monde entier qui ambitionnent de faire de la politique autrement, en insistant sur la transparence. n actuel / Semaine du 8 au 14 octobre 2011 BrahimTaougar/actuel
actuel 111 - Page 1
actuel 111 - Page 2
wobook
actuel