actuel 120 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 120- du 10 au 16 décembre 2011 - 15 DH- 3 € المغرب IntégratIon du maghreb Que de temps perdu! p.28 lui font sur 10 confiance Sondage excluSif La lutte contre la corruption Le Smig à 3000 DH La santé et l’éducation s Ils l’attendent sur: ss 16 pages spécIal marrakech Festival, tourisme, nouveaux lieux... p.39 8marocains U nsondageestunephoto.Etleclichéque nousprenonsaujourd’huidesMarocains (Lire pages 16 à 27) n’est pas exempt de… clichés. Ultraconservateur sur les questionsdesociété,lepeuplemarocain, tout(es) catégories, âges, genres confondus, ne semble pas faire preuve de cette largesse d’esprit dont nous nous targuons pourtant volontiers face aux étrangers. Quand 9 Marocains sur 10 veulent interdire la vente d’alcool ou quand 8 sur 10 souhaitent supprimer les festivals–qui sont notre vitrine à l’international d’une société tolérante–, nous sommes en apparence renvoyés, sur les questions sociétales, face à une triste réalité: celle d’un pays à peu près aussi ouvert que, disons, l’Arabie saoudite. Mais quand on se fait prendre en photo, on aime bien se présenter sous son meilleur profil. Or, il y a bien plus de 10% de Marocains pour consommer les 125 millions de litres d’alcool écoulés chaque année dans le Royaume, et les millions de jeunes qui se pressent au pied des podiums et autres scènes artistiques contredisent singulièrement l’image présentée par notre sondage. Iln’empêche.Aactuel,cesrésul- tats interpellent. Nous faisons partie de ces 10% à 20% de Marocains qui souhaitent vivre dans un pays où les citoyens sont adultes, libres d’agir selon leur conscience, et libérés de tout préjugé. Nous faisons partie d’une minorité tout à la fois arabophone et francophone... Or, cesontaussi des membres de cette minorité-là qui ont gouverné le pays. Et c’est bien cette minorité qui a failli, en maintenant 80% à 90% de la population dans la pauvreté et l’ignorance. Aujourd’hui, le peuple a porté au pouvoir un parti qui lui ressemble. C’est la démocratie, et il n’y a rien à redire. Remercions notre bonne étoile: plutôt Benkirane et l’Istiqlal que, à l’instar de nos voisins égyptiens, une majorité de Frères musulmans alliés à des salafistes! Le PJD pourrait être grisé par les conclusions de cette enquête. Avec 82% d’opinions favorables, Benkirane est–aujourd’hui–au zénith de sa 3Edito actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 Noussommesles10% actuel popularité. Mais, hamdoulillah, il ne s’est pas fait élire sur un programme liberticide. Ce que les Marocains attendent de lui, et que souligne aussinotresondage,cesontdesrésultatsconcrets dans la lutte contre la corruption et les inégali- tés sociales. Et ils veulent des mesures efficaces pour réformer notre éducation et notre système de santé. C’est là, et d’abord là, que Benkirane et son équipe sont attendus. Dans l’interview qu’il nous a accordée (Lire page 27), Mustapha Khalfi, la cheville ouvrière du programme du PJD, n’a pas l’intention de prendre appui sur une société ultraconservatrice pour transformer notre pays en sultanat rétrograde. Si le chantier prioritaire de l’Education ne transforme pas les écoles en medersas, nous pourrions peut-être prétendre, d’ici à quelques années, à vivre dans un Royaume où les résultats de ce type de sondage seraient sensi- blement différents. Le PJD semble toujours vouloir s’aligner sur le modèle turc. Chiche! Ce ne serait pas un mince paradoxe de voir une formation islamiste moderniser ce pays qui en a tant besoin. En attendant le nouveau gouvernement, nous oscillons entre impa- tience, curiosité, appréhen- sion et scepticisme. Le PJD s’est fait élire sur un programmequ’ildoitmaintenantappliquerdans un environnement inédit. En nommant Fouad Ali El Himma conseiller, le roi a ôté du champ politique le bouc émissaire préféré de la rue et des islamistes. Le PJD et ses futurs alliés sont à présent seuls face à leurs responsabilités. Et ils savent aujourd’hui, avec ce sondage, ce que les Marocains attendent d’eux. Si le Smig à 3000 dirhams réclamé par 71% des sondés est difficile- ment applicable dans les cent premiers jours, la lutte contre la corruption est un vrai chantier qui ne demande qu’à démarrer. Pour commencer, il suffit de relire les œuvres complètes de la Cour des comptes... ■ Le PJD et ses futurs alliés sont à présent seuls face à leurs responsabilités. Sommaire écrivez-nouS à courrier@actuel.ma actuel/Semainedu10 au 16 décembre 2011 4 n°120 - du 10 au 16 décembre 2011 Benkirane : AN 1 Maghreb, l’union fera la force Les protecteurs de Jamaâ El Fna USFP, l’odeur du soufre 16 28 40 59 70 The world is mine SActualités 06 nouvelle génération | Montassir Sakhi 08 la semaine en images 10 décryptage 14 dernière heure SDossier 16 sondage lms-csa | Benkirane, Monsieur 82% SEconomie 28 uma | Intégration économique Le Maghreb s’active 34 bourse SSpéciale Marrakech 40 tourisme | Comment les Marocains ont sauvé la ville ocre 44 interview | L’opération séduction du PJD 46 santé | Une clinique, aux petits soins 48 culture | Palms, art & sun 50 culture | Au rendez-vous des artistes SPolitique 56 gouvernement | Les signaux qu’on attend 58 partis | «Pourquoi j’ai voté PJD» 59 partis | Koutla, une mort annoncée SSociété 62 bourses d’études | FME Prêts pour l’ascenseur social! 64 djihadistes | Des Marocains dans le couloir de la mort SMonde 68 actus | La Russie fait son printemps 69 actus | L’UE renforce l’axe Nord-Sud SCulture 70 FiFm | Entre événementiel et cinéma 72 FiFm | Leila Kilani «Il faut qu’on crée nos propresimages» 73 FiFm | Critique, L’amante du Rif 76 agenda STendances 78 automobile | Mini Coupé, la masculine de la famille 80 nouveaux produits, nouveaux marchés 82 les choix de... | Jean-Jacques Annaud Nul n’est prophète en son pays photo de couverture aFpFp actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe: Mouna Kably Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service: politique: Abdellatif El Azizi économie: Mouna Kably culture: Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak. Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Mohamed Mouhim, Inès Asensi, Mohamed El Hamraoui, Paola Abboud, Laïla Ahrida. SéDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Secrétaire de rédaction: Ferdinand Demba Révision: Laila Lebbar Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettiste: Youssef El Moutassaddik, Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 22 36 77 02/79 01 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale: Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité: Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale: commercial@actuel.ma IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Agauchetoute Montassir sakhi SL’USFP passe à l’opposition. Les bases adoptent enfin un nouveau discours. Un discours de gauche! ournaliste, chargé de com- munication, vingtfévrie- riste et militant de l’USFP, MontassirSakhisaitconci- lier ses multiples activités. A 23 ans, il compte parmi les figures les plus actives de la section Rabat- Salé du M20. Et surtout, il est l’un des principaux « agitateurs » au sein de la jeunesse de l’USFP, qu’il a rejointe en 2005, et dont il cha- peaute aujourd’hui la section de Salé-Lamrissa. Le plus frappant chez lui est qu’il reflète l’image de quelques socialistes –jeunes et moins jeunes– encore fidèles à la mémoire du parti de Mehdi Ben Barka et à ses idéaux, désormais malmenés par Abdelwahed Radi, l’indétrônable zaïm. « Vingtfévrieriser » les institutions Entre sa casquette de boycotteur au M20, et celle de jeune politicien, Montassir ne voit aucune contradiction. « D’ailleurs, tous les jeunes du mouvement n’ont pas boycotté les élections. Les usfpéistes du mouvement, la CDT, le parti socialiste ou encore le groupe Baraka (Stop) du PJD ont tous été en faveur de la participation, sou- tient-il, ajoutant, nous avons cependant tous boycotté les fraudeurs et les corrom- pus en refusant de voter pour eux.» C’est qu’à ses yeux, les actions dans la rue et au sein des institutions ne sont pas contradic- toires, elles sont même complémentaires. «Je crois à la nécessité de vingtfévrieriser les institutions et les partis politiques dé- mocratiques, lance Montassir. Autrement dit, créer des mouvements qui poussent au changement, et rompre avec le Makhzen en restant actif au sein des institutions.» Le plus important est de susciter l’éveil de conscience chez les militants des partis pour les pousser à agir avec plus de cou- rage et de conviction. Et c’est exactement ce qu’ont fait Montassir et ses acolytes au sein de la Chabiba ittihadia. Comme beau- coup de jeunes de son parti, il espérait un mauvais résultat qui puisse secouer la di- rection du parti, et les conforter dans leur combat pour un retour à l’opposition et la reconstruction du parti. Finalement, ils obtiendront gain de cause après le 25 novembre. «Je pense qu’aucune autre is- sue n’était possible. A l’intérieur du parti, nous sommes arrivés à une phase déci- sive. La structure était menacée d’effon- drement si le bureau exécutif avait choisi une alliance avec le PJD», explique-t-il. En effet, les bases du parti réclament depuis 2002 le retour dans les rangs de l’opposi- tion. «L’avènement du Printemps arabe a accéléré les choses», se félicite Montassir, après un long bras de fer, mené principa- lement par des jeunes usfpéistes actifs au M20 et encouragés par des membres du bureau politique, notamment Ali Bouabid. Les caciques doivent dégager A coups de communiqués acerbes et de sit-in devant les sièges du parti à travers le Maroc, ils ont obtenu gain de cause, à savoir le retrait immédiat du gouver- nement. A présent, le nouveau com- bat de Montassir est de destituer l’ac- tuel bureau politique, puis d’organiser un neuvième congrès national démo- cratique et ouvert sur les autres dyna- miques de gauche pour construire une gauche socialiste démocrate unifiée. «Je suis étonné de voir des membres du bu- reau politique qui s’étaient accrochés au gouvernement se présenter aujourd’hui comme des défenseurs du choix de l’op- position !», assène-t-il. Reconstruire la gauche Quoi qu’il en soit, les usfpéistes ont une mémoire. Mais en bon ittihadi, Mon- tassir se garde bien de parler du déclin du parti, préférant plutôt parler d’une «chute de toute l’action politique au Maroc, nourrie par la crise de la gauche et les solutions technocrates du Makhzen qui recourt encore à des options autoritaires et archaïques». Pour illustrer son propos, il cite le cas du PAM inséré par le Makhzen dans la politique. Il reconnaît, toutefois, que le mauvais état du parti est principa- lement le fait de l’actuelle direction qui, en continuant à exercer dans un gouver- nement impopulaire, accablé par des di- rectives « d’en haut», a fait perdre au parti ses sympathisants, et a raté la reconstruc- tion tant espérée de la gauche marocaine. La solution, il ne l’a pas encore. Mais il es- père que le parti pourra capitaliser sur ce premier acquis important qu’est la non- participation au gouvernement. Il faudra aussi, selon lui, replacer la reconstruc- tion de l’USFP au sein de celle de toute la gauche marocaine. La première étape sera donc la tenue du congrès national dans les plus proches délais, en s’ouvrant sur tous les courants. Y compris les usfpéistes du 20-Février bien sûr. L’objectif est presque avoué: déboulonner Radi et ses acolytes. Ali Hassan Eddehbi Nouvelle géNératioN ©DR actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 Actualités8 Jeudi 1er décembre. Moins d’une semaine après avoir remporté les législatives, Abdelilah Benkirane s’est rendu chez Abderrah- man El Youssoufi. On aurait aimé se glisser derrière une porte pour écouter les conseils de l’ancien Premier ministre... n Socrates nous a quittés le 4 décembre, à l’âge de 57 ans, suite à une infection intestinale. Ce docteur en médecine et brillant mi- lieu de terrain brésilien aura marqué l’histoire du football par sa technique de jeu et son engagement politique. RIP Socrates... n Rencontre au sommet D’une alternance à l’autre Seleçao Socrates est mort! CindyLee,présidentedu«partiduplaisir»,partencampagnedans lesruesdeParispourlesélectionsprésidentielles.Auprogramme: un plan Marshall pour le bien-être. En plein hiver, la candidate n’a pas froid aux yeux ni même ailleurs! n La technologie séduit le Vatican! Benoît XVI active de sa résidence au Vatican l’installation luminaire de l’immense sapin de la cité médiévale Gubbio. D’un effleurement de doigt sur sa tablette électronique, le pape illumine l’arbre et la foi des Italiens. n Le PP au pouvoir! La politique pour les nues Pape Noël Et la lumière fut... s« Les robots matons » Au printemps 2012, les prisons co- réennes testeront les robots matons. Des gardiens déshumanisés et équi- pés de mitrailleuses pour contrer toute rebellion de prisonniers. Les autorités se veulent rassurantes: ils sont mignons, non? vu sur lA toile actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 sLe père Noël n’existe pas ! «Toute vérité n’est pas bonne à dire.» La coprésentatrice de Robin Robinson (Fox News) a annoncé à une heure de grande écoute que le vieux barbu en tenue rouge était une pure invention collective. Face au traumatisme, elle a dû présenter des excuses. ©AFP ©B.taougar/actuel©AFP ©AFP 7Actualités / lA semAine en imAges 9 Ce jour-là, le nouveau chef du gouvernement a trouvé une barbe plus imposante que la sienne. Les obsèques de Simon Lévy, juif et communiste de son vivant, auront été un étonnant moment de communion. n Lorsd’uneconférencedepresse,laministreitalienneduTravailet delaPrévoyancesociale,ElsaFornero,nepeutréprimerseslarmes enannonçantlenouveaupland’austérité.Laréformedraconienne des retraites et le mot «sacrifice» font craquer la ministre. n Un enterrement très médiatique Simon le rassembleur Crise de larmes La ministre au cœur tendre Marrakech, terre de contrastes. Alors que les 4x4 défilent à l’en- trée du Palmeraie Golf Palace, ils sont une douzaine de salariés à protester contre leur licenciement car ils avaient voulu changer de délégué syndical. Certains ont près de 20 ans de maison... n Le 6 décembre, les chiites de Manama commémorent la mort de l’imam Hussein (fils du prophète) en se flagellant pour manifes- ter leur deuil à l’égard du martyr. Achoura est le jour du calen- drier chiite, où la peine s’inflige à coups de fouet! n Bienvenue au Palace Sit-in à la Palmeraie Rituel Bahreïn dans le sang sChat craint ! L’Angleterre est sous le choc! Un homme poste une vidéo où il offre son chat vivant en cadeau de Noël à son python. Le chat est englouti en live. Le pervers risque 6 mois de prison et une amende de 20000 livres (262 000 DH). actuel / Semaine du 10 Au 16 décembre 2011 sLe portrait de son père L’artiste Miguel Endara réalise un portrait de son père! La méthode est pour le moins surprenante: le dessin est composé de 3,2 millions de points effectués en 210 heures de travail. Le portrait est bluffant et ne manque pas d’humour. A voir absolument! ©AFP ©B.taougar/actuel ©AFP ©B.taougar/actuel Actualités / décryptAge10 Finances publiques Le grain de sel du FMI ● les Faits A l’issue de ses consultations annuelles, le FMI, dans son rapport définitif, tire la sonnette d’alarme sur les risques de dérapage. Dans le viseur, les finances publiques léguées par le gouvernement ElFassi sous la pression de la rue. ● le commentaire Contrairement à l’agence de notation Standards & Poor’s qui, la semaine dernière, accordait un délai de grâce à Abdelilah Benkirane tout en surveillant de près l’évolution des indicateurs macroéconomiques, le FMI est plus ferme: si les réformes promises par le Royaume ne sont pas menées jusqu’au bout, le déficit budgétaire déjà alarmant, pourrait davantage s’aggraver. L’institution que préside Christine Lagarde prévient que le déficit budgétaire pourrait, actuellement, dépasser 7,5% du PIB, sous le poids des dépenses publiques. Celles-ci dépassent déjà le seuil critique de 30% du PIB. Sans surprise, les augmentations des salaires des fonctionnaires, concédées par le gouvernement El Fassi, sont vivement dénoncées car elles ne peuvent qu’aggraver le déficit à moyen terme. Le FMI ne nous apprend rien non plus en dénonçant, une fois de plus, les effets pervers du système de compensation et en rappelant l’urgence de sa réforme. ● et demain Avant de se mettre au travail, Benkirane est déjà mis au parfum. Son challenge consistera à tenir ses promesses pour garder intacte sa crédibilité, et à faire preuve de pragmatisme pour ne pas mettre en péril les finances du pays. M.K. ● les Faits Les conférences du Palestinien Omar Barghouti, militant des droits de l’homme, ont drainé un public nombreux aussi bien dans la capitale que dans d’autres villes du Maroc. ● le commentaire Ce membre fondateur de BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) pour le boycott économique d’Israël, lancé en 2005, a trouvé une oreille attentive auprès de nombreuses ONG locales. Au Maroc, dès qu’il s’agit de la Palestine, les esprits s’échauffent et l’émotion gagne en intensité. Mais «les voies de la solidarité avec la Palestine, aujourd’hui» que défend Barghouti sont-elles vraiment efficaces? Il y a bien eu l’adhésion de plusieurs fédérations syndicales dont le Cosatu d’Afrique du Sud, le Congrès des syndicats britanniques, et celle d’un nombre croissant d’artistes internationaux renommés. Mais quand Barghouti précise que «le grand groupe français Veolia a perdu des milliards de dollars de contrats, en particulier en Europe, à cause de sa participation à un projet israélien illégal, conçu pour consolider le contrôle colonial israélien de Jérusalem occupée», l’information reste difficile à vérifier. Quant aux exportateurs de produits alimentaires israéliens tels qu’Agrexco, ils sont passés depuis longtemps maîtres dans l’art de contourner l’embargo. ● et demain Le recours au boycott enflamme bien des esprits, mais il n’a pas encore démontré sa capacité à contraindre Israël à renoncer à sa domination coloniale. A.E.A. ▲ Rabat-Al Qods Lasolidaritédescœurs ©Brahimtaougar/actuel ©dr Observatoires Chami surenchérit ▲ ● les Faits Ahmed R. Chami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, vient d’inaugurer trois observatoires. Ces nouvelles entités sont dédiées aux secteurs de l’industrie, des TIC, du commerce et de la distribution. ● le commentaire Depuis trois ans, les observatoires ont le vent en poupe, tout comme les baromètres. Ces outils ont vu le jour dans divers secteurs et traitent de sujets variés et complémentaires. Mais force est de constater que ces projets sont, pour la plupart, voués à l’abandon dès les premiers mois suivant leur création. Pour exemple, l’observatoire de l’Ethique Douane- opérateurs privés, créé en janvier 2010, avait promis des statistiques sur la corruption et des publications périodiques qui n’ont jamais vu le jour. Plus récemment, le Baromètre de l’immobilier de l’entreprise créé par le CRI de Casablanca n’a pas connu de deuxième édition, et est très vite tombé dans les oubliettes. Ce mois-ci, avec l’Observatoire de l’immobilier d’entreprise (OIE), ce sont au total quatre projets du même type qui sont mis en place. ● et demain Quand ce n’est pas l’absence d’informations qui est constatée, c’est leur qualité qui est contestée. Au-delà de la création de ces outils de veille, la continuité et la pertinence des informations véhiculées sont primordiales pour les décideurs. D’où la nécessité d’un dispositif de contrôle. Alors pourquoi pas un observatoire… des observatoires? A.M. ©Brahimtaougar/actuel ▲ actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 Actualités / décryptAge12 Regain d’intérêt pour la photographie d’art ● les Faits CMOOA Galerie a tenté un événement inédit au Maroc, samedi 26 novembre. Une vente aux enchères, dédiée exclusivement à la photographie. Un lot de 72 pièces a réuni plusieurs artistes contemporains arabes, turcs et iraniens. ● le commentaire Au Maroc, le marché de la photographie est quasi inexistant. Les œuvres marocaines se sont toujours vendues hors du Royaume ou bien à des étrangers résidant au Maroc. Cette vente aux enchères vient pourtant contredire ce constat en écoulant la moitié du lot proposé. L’une des pièces les plus chères : le triptyque du Saoudien Faïçal Samra. L’œuvre a été cédée à 360000 dirhams à un acheteur marocain. La photographie de Hassan Hajjaj, M.U.S.A, a été acquise à 160000 dirhams, dépassant ainsi largement son estimation initiale. Amina Benbouchta, Majida Khattari, Hicham Benohoud, Zineb Layachi et Fouad Maâzouz, ont également trouvé des acquéreurs sous la barre des 100000 dirhams. Le pari de la CMOOA a donc été tenu, et cette vente aux enchères marque une nouvelle étape pour le marché de la photographie au Maroc. ● et demain A présent que le marché gagne en maturité, nous avons besoin d’un cadre juridique pour définir la photographie d’art au Maroc et limiter le nombre de tirages. A.G.K. ● les Faits L’inhumation, dimanche 4 décembre, du militant communiste Simon Lévy a vu la participation de tout le gotha politique du Royaume, à commencer par le chef de gouvernement, les camarades de son parti et les militants antisionistes. ● le commentaire Il y avait Abdelilah Benkirane, les «camarades» Khalid Naciri, Nabil Benabdellah et Ismaïl Alaoui, le militant de gauche et membre actif de l’AMDH, Sion Assidon, la communauté juive marocaine, Abdellah Lahrif, secrétaire général d’Annahj, la formation d’extrême gauche, etc. Des militants du mouvement du 20-Février ont même salué une dernière fois cet antisioniste convaincu en arborant le V de la victoire. Peu de personnalités publiques sont capables d’unir, le temps d’un dernier hommage, autant de contrastes idéologiques en un même endroit. Pourtant, Simon Lévy a réussi, jusqu’au dernier moment, à faire l’unanimité autour de sa personne, grâce à son militantisme sincère pour la démocratie. D’autres personnalités bénéficient de cette aura, à l’image de Mohamed Bensaïd Aït idder, ou encore Abderrahmane El Youssoufi. Certains poursuivent leur combat, d’autres se sont tus à cause de l’indifférence généralisée ou de leur marginalisation. ● et demain Il faut réhabiliter les personnalités encore en vie et qui ont beaucoup à offrir. Si l’Etat ne le fait pas, c’est à la jeune génération d’aller à leur rencontre. Quant à ceux qui ne sont plus, leur souvenir ne doit pas s’éteindre. Z.C. ▲ Hommage L’aura de Simon Lévy ©Brahimtaougar/actuel ©Brahimtaougar/actuel CIH Aliouas’ensortira-t-il? ▲ ● les Faits Le ministre de la Justice a décidé de se dessaisir du dossier Alioua que la Cour des comptes lui avait adressé pour examen. ● le commentaire L’inspection générale du département de Taïeb Naciri a conclu que les faits imputés à Khalid Alioua ne nécessitaient pas une instruction judiciaire. Dès l’annonce de cette décision, l’Instance nationale de protection des biens publics au Maroc est montée au front pour en contester le bien-fondé. L’instance rappelle que le rapport de la Cour des comptes a bien noté que Alioua s’était fait attribuer directement certains biens appartenant au CIH, notamment deux appartements mitoyens à Casablanca d’une superficie totale de 493 m² à 1,7 million de dirhams. D’autres opérations illégales, comme les dépenses personnelles de l’ex-président du CIH payées par les hôtels, font partie des infractions relevées. En fait, le véritable scandale du CIH remonte bien avant Alioua puisqu’en janvier 2001, un rapport accablant de la Chambre des représentants avait déjà épinglé la gestion de la banque. On y apprenait, entre autres, que de «graves irrégularités et autres détournements» concernaient des crédits d’un montant total de 1,34 milliard de dollars. ● et demain Si le dossier du CIH doit être déterré, il faudra aussi que tous ces pro- moteurs cupides, qui ont décidé de ne pas régler leurs dettes, soient traduits devant la justice. A.E.A. ©AIcpreSS ▲ actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 Actualités14 Les Emiratis continuent d’affluer au Maroc. C’est au tour de Maximus Air Cargo, leader du fret au Moyen-Orient d’annoncerlacréationd’uneplateforme au Maroc qui permettra de pénétrer les marchés du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique latine. Maximus Air Cargo, appartenant au groupe Abu Dhabi Aviation, est spécialisé dans les activités de fret incluant le transport des produits dangereux, des animaux etdespiècesdétachées.Saflottedevrait compter 15 avions d’ici 2015. n Fret Les Emiratis investissent Leschômeurs s’invitent au FIFM Jeudi matin, les alentours du palais des congrès de Marrakech, véritable QG du FIFM, ont connu un fort déploiement sécuritaire. Estafettes blindées et barrières aux entrées, les forces de l’ordre ont été mobilisées pour faire face à une descente des diplômés chômeurs dans la cité ocre. Arrivés sur place, ces derniers ont été bloqués dans les gares routières et ferroviaires, mais pour un court moment. Le wali les a ensuite invités à déjeuner, histoire de calmer les esprits le temps que le festival se déroule sans encombre. Pas mal le deal!n Géolocalisation Le GPS arrive Disway, le spécialiste marocain de la distribution de matériel informatique, vient de conclure un accord avec TomTom, fabriquant néerlandais de GPS. L’outil qui sera développé répondra aux spécificités du Royaume. Une cartographie détaillée couvrira 100% du réseau autoroutier et plus de 78000 kilomètres de routes ainsi que plus de 35000 points de vente divers comme les restaurants. n Transport Veolia se désengage Pour réduire son endettement, Veolia va céder sa filiale Veolia Trandev. Veolia Trandev est présente dans 28 pays dont le Maroc pour lequel elle pilote les tramways de Rabat et Casa.n ©DR SLe regard de Mouhim l Le patron de la police s'est rendu à Beyrouth pour assister, les 7 et 8 décembre, à la 35e conférence des directeurs généraux de police arabes. A défaut d'imposer le visa aux étrangers, ils examineront la proposition soumise par l'Organisation arabe du tourisme sur l'émission d'une carte de touriste à durée limitée. l Benkirane et ses camarades réussiront-ils à reprendre Akhannouch au même poste de ministre de l'Agriculture? Des sources proches des islamistes précisent qu'ils sont prêts à trouver un arrangement. l L’enquête sur l’enlèvement des deux humanitaires espagnols et de leur collègue italienne a conclu au rapt des trois Occidentaux par des éléments du Polisario. Ces derniers les ont ensuite livrés à un groupe terroriste dirigé par un chef jihadiste algérien du nom de Djaber Mohamed. l Abbas El Fassi a dit adieu à ses parlementaires mercredi dernier. Devant les députés de l'Istiqlal, le Premier ministre sortant a réitéré sa promesse de quitter le gouvernement et la direction du parti en même temps. Pour l'instant, Mohamed El Ouafa et M’Hamed Khalifa sont donnés favoris pour le remplacer à la tête du parti. l L'arrestation d'une baronne du trafic de cocaïne à Tanger risque de faire tomber des membres du gotha politique et économique de la ville, qui étaient en relation avec elle. n Les bruits du village Tabacs Lesopérateurs argumentent Le Conseil de la concurrence vient d’entendre les argu- ments des différents distributeurs de tabac manufacturé avant de se prononcer sur l’état du marché. Pour rap- pel, l’instance avait été saisie en été par les nouveaux candidats dénonçant l’existence de barrières à l’entrée. L’équipe de Abdelali Benamour réussi- ra-t-elle à mener jusqu’au bout son enquête, sans céder à la pression des puissants lobbies des multinationales qui se partagent le marché marocain? n actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011 millions de dirhams. Le coût du projet d’aménagement et d’immersion d’un récif artificiel de type industriel à Martil. SLe chiffre 37,5 Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ] Cartesd’identité électroniques Bienvenuechez Kafka La circulaire, signée en septembre par Abbas El Fassi, pour activer l’article 7 de la loi 35-06, n'a pas eu d’effet sur certaines entreprises. Exemple, Carrefour Market Maroc (Label’Vie) exige un certificat d’hébergement des candidats à l’emploi, détenteurs d'une carte d’identité, alors que l’article 7 les en dispense. C’est la situation absurde qu'a vécue Youssef Elbariz, un jeune Casablancais qui a fini par récupérer son dossier de candidature, abandonnant l’idée de travailler pour le groupe. «Les responsables de la sélection des dossiers m’ont demandé une attestation d’hébergement, document que l’administration a refusé de me fournir car je suis détenteur d’une carte d’identité électronique!» Le département de la communication de Carrefour reconnaît que seule la DRH maîtrise les procédures de recrutement. Meriem Hadni, responsable des ressources humaines est, elle, restée injoignable. n RAM Versunnouvel accordavecAir Sénégal Le gouvernement sénégalais vient d’annoncer une renégociation de ses accords aériens avec plusieurs pays dont le Maroc. Objectif: préserver les intérêts de son pavillon. L’accord aérien, actuellement en vigueur entre le Maroc et le Sénégal, permet à RAM d’assurer deux vols quotidiens entre Casablanca et Dakar. Le Sénégal pourrait demander la réciprocité dans le prochain accord avec le Maroc. Sénégal Airlines, créée après la liquidation de la compagnie maroco- sénégalaise Air Sénégal International, ambitionne de desservir tous les pays d’Afrique de l’Ouest avant de se déployer, à partir de 2012, vers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud en s’appuyant sur son partenaire Emirates. n Benkirane Pasd'instructions! Abdelilah Benkirane a fait une sortie remarquée sur Al Jazeera. Il a déclaré qu'il était «chef de gouvernement et non haut commis de l’Etat», et qu'il n'accepterait pas «d'instruction de l'entourage royal, mais du seul roi». Plutôt sur la défensive, Abdelilah Benkirane a promis de «ne jamais mentir aux Marocains», même si sa fonction l'obligera parfois «à ne pas tout dire». n Tarifstélécoms Nouvellebaisse enjanvier Bonne nouvelle pour les accros des communi- cations téléphoniques. L’ANRT annonce une baisse des tarifs de l’in- terconnexion pour le 1er janvier. Le tarif de termi- naison dans les réseaux Mobile des trois opéra- teurs devrait baisser de moitié à 0,20 dirhams HT la minute. Même baisse pour les autres tarifs de terminaison dans les réseaux fixe et mobilité restreinte, et SMS. n F ouad Ali El Himma revient au-devant de la scène à la faveur de sa nomination par le roi au poste de conseiller, écrit le quotidien Akhbar Al Youm. Certains voient dans cette nomination un retour à la normale. El Himma revient auprès de son ami le roi, loin du PAM, considéré comme le «parti du Palais» par plusieurs observateurs. Il pourrait également s’agir d’une réponse tardive aux re- vendications du 20-Février qui exigeaient son départ de la scène politique. D’autres ob- servateurs s’interrogent sur le timing de cette nomination qui arrive après l’échec de sa formation, lors des dernières élections. Le quotidien se demande comment Abdelilah Benkirane, qui a construit toute sa campagne électorale contre El Himma, pourra aujourd’hui lui faire face dans ses nouvelles fonctions officielles? Surtout que le nouveau conseiller est connu pour ses opinions hostiles à l’égard des islamistes, exprimées du temps où il était secrétaire d’Etat à l’Inté- rieur, puis en créant le Parti authenticité et modernité. De plus, cette nomination au poste de conseiller n’est pas isolée et préfigure peut-être la constitution d’un gouver- nement de l’ombre, s’inquiète Akhbar Al Youm. n Akhbar Al Youm «L’amiduroi» revientàDarl’Makhzen ©BrahimTaougar/actuel LA queStion De LA SeMAine SuR La question de la semaine prochaine Répondez sur le groupe actuel hebdo sur Faut-il accélérer l'intégration politique et économique du Maghreb, dans le contexte actuel? L’USFP a décidé de refuser l'offre du PJD de participer au prochain gouvernement et rejoint l’opposition. Selon vous, ce choix est-il pertinent? n Oui, notre vie politique a besoin d'une USFP forte et retrouvée dans l'opposition. n L'USFP n'est plus lisible, elle n'est plus à gauche. Le parti doit se réiventer. n Peu importe, ce parti est mort et enterré. n Non, c'est au sein du gouvernement que l'on peut véritablement agir. n d'une USFP forte et retrouvée dans l'opposition. n n'est plus à gauche. Le parti doit se réiventer. n enterré. n gouvernement que l'on peut véritablement agir. actuel / Semaine du 10 au 16 décembre 2011
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