actuel 62 - Page 1 - actuelN° 62- du 25 septembre au 1er octobre 2010 - 15 DH- 3 € maroc Méditel Révolution Orange dans les télécoms p.28 tindouf Sécurité algérienne: Circulez, y’a rien à voir! p.44 insécurité Fès, la nouvelle cité de la peur. p.54 w w w . a c t u e l . m a Codedelaroute Pourvuqueçamarche! I maginez un chauffard. Il conduit à 100 km/h en ville (-6), sans sa ceinture (-1), il grille un feu (-4), prend un sens interdit (-4), refuse une priorité (-2). Bien sûr, il roule de nuit tous feux éteints (-3) dans une épave qui n’est pas passée au contrôle technique depuis des lustres (-3). Pour finir, il fait demi-tour sur une autoroute (-3) et conduit en sens inverse du trafic (-4). Ouf! Il a fallu que notre chauffard commette toutes ces infractions pour atteindre son quota de 30 points. On peut enfin lui retirer son permis... On a accusé Karim Ghellab de vouloir imposer un code de la route suédois aux Marocains et on a brocardé son système à points. Force est aujourd’hui de constater que notre nouveau code est bien éloigné de l’intransigeance scandinave. Le texte qui s’ap- plique à partir du 1er octobre paraît même édulcoré au regard de l’hécatombe que subit le Maroc sur ses routes. Etpourtant,quedenégociations et de compromissions pour en arriver là! La loi la plus im- portante du gouvernement El Fassi aura été paradoxalement bien peu soutenue par le Premier ministre. Il y a 18 mois quand le pays était paralysé par une violente grève des transports, Karim Ghellab était alors bien seul pour défendre son texte… Aujourd’hui, dans sa version définitive, le code est loin du brulot qui déclencha un climat quasi insurrectionnel dans le Royaume. Les amendes ont été revues à la baisse et, surtout, toutes les garanties pour prémunir les automobilistes des policiers corrompus sont aujourd’hui mises en place. Le ministre a beau jeu de nous déclarer que si «les citoyens veulent un système corrompu, ils l’auront». En ce sens, la loi Ghellab toute édul- corée qu’elle soit, reste un texte de référence. La plupart des décrets d’applications sont parus, les procédures sont limpides, les recours balisés. C’est maintenant aux Marocains de décider s’ils veulent vivre dans un état de droit sur leurs routes. C’est au peuple de décider s’il préfère la culture du bakchich à la peur du gendarme. Et c’est aux autorités d’imposer ce civisme. Car il y a l’esprit des lois et l’état d’esprit de ceux qui les appliquent ou les subissent. Le nouveau code pourrait agir comme un véritable test pour le Royaume, même s’il ne résoudra pas d’un coup de baguette magique l’éducation d’une population pour qui «l’autre» n’existe pas. Nos maisons sont impeccables à l’intérieur, mais nos rues sont des décharges à ciel ouvert... Il est d’ailleurs révélateur que l’interdiction de l’usage compulsif du klaxon ne soit pas encore à l’ordre du jour. On réprime la violence routière, mais on tolère le droit d’aboyer. La nuisance sonore est pourtant un bon révélateur de notre indifférence à autrui. Comme le comportement des automobilistes sur les routes se révèle un bon indicateur de civilisation. Le civisme sur les routes devrait être intégré dans les indices de développement humains... Mais nous serions alors parmi les derniers! Au volant, le Marocain se comporte comme un barbare. Ce n’est pas une fatalité. Les Français conduisaient aussi comme des sauvages il y a moins d’une génération. Mêmes les Américains n’ont pas toujours été ces automobilistes obéis- sants bloqués à 65 miles/h. Il a fallu un arsenal répressif imposant pour sauver des milliers de vies. Même incomplet, même perfectible, nous avons désormais l’outil pour que notre permis de conduire ne se trans- forme plus en permis de tuer. ■ 3édito actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 Findupermisdetuer La loi la plus importante du gouvernement El Fassi aura été bien peu soutenue par le Premier ministre. forme plus en permis de tuer. ■ actuel SDirecteur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 RéDACTION Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Chefs de service: politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably société : Tarik Qattab culture : Bahaa Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Sabel Da Costa, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebique (chef de rubrique), Meriama Moutik, Adam Berrada. Chroniqueur: Fouad Benseddik. Correspondants: Sofia Amara (Beyrouth), Cyril Bonnel (Paris), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Paola Abboud, Inès Asensi, Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim. éDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Directrice artistique: Fadoua Damiri Secrétaire de rédaction: Fadwa Islah Maquettiste: Youssef El Moutassaddik Iconographe: Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. PUBLICITé Tel : 05 29 00 40 04/50 05 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale: Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité: Fatim Ezzahra El Hajji f.elhajji@actuel.ma Nadia El Ouafi n.elouafi@actuel.ma Assistante commerciale: Hanane Ben Izza h.benizza@actuel.ma ADMINISTRATION Responsable administratif et financier: Younes Machhour IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 10 millions DH. Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi. 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Tél : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : 2010PE0042 Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire écrivez-nouS à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 4 n°62 - du 25 Septembre au 1er octobre 2010 Le nouveau code prend la route Bank Al-Maghrib garde le cap On n’est pas sorti de l’auberge Vous avez dit «ouverture»? 14 24 50 56 74 SActualités 06 la semaine en images 08 décryptage 12 dernière heure SDossier 14 sécurité routière | Le code de la route expliqué par Ghellab Séconomie 24 interview | Abdellatif Jouahri: «La réserve monétaire n’est pas le seul instrument de régulation» 28 télécoms | Méditel, la révolution Orange 30 finances publiques | Fisc, les défis de la nouvelle dream team 31 entreprise | Wafa Assurance mise sur l’épargne 32 régionalisation | à quoi servent les agences? 38 bourse SPolitique 40 partis | La gauche est morte, vive les altermondialistes! 44 sahara | Tindouf: circulez, y a rien à voir! 46 algérie-maroc | Un ambassadeur «branché» SSociété 50 éducation | Alphabétisation: 2015, c’est perdu d’avance! 54 reportage | Fès, la cité de la peur 56 étude | Bornés ou ouverts, les Marocains? SMonde 60 arrêt sur image 64 proche-orient | «Obtenir l’égalité entre Israéliens» 65 afrique du l’ouest | Otages: la France sous la menace SCulture 66 art contemporain | Yamou, peintre par nature 70 marrakech art fair | Hicham Daoudi,«L’acheteur marocain a un goût convenu» 72 agenda STendances 74 tourisme | Brighton, du plaisir à l’extravagance 78 automobile | Jaguar XJ 3.0 Portfolio 80 les 7 péchés de | Bill West «J’ai horreur de la gourmandise» 82 les choix de... Fouad Laroui, d’humour et de vérité Brighton donne le ton à London Actualités6 Actualités6 à 42 ans, ce Français amputé des quatre membres vient de réussir un exploit grandiose: celui de traverser la Manche à la nage. Deux ans qu’il s’y préparait et ça a marché. Rien à dire, mis à part un grand BRAVO! n On pensait que les accords trouvés entre les groupes de chômeurs et l’état allaient retarder tout au moins la vague de manifestations dans les rues. Il n’en est rien. Les sit-in des «diplômés enchômagés» ont repris de plus belle à Rabat. n «Non au racisme!» Des milliers de protestataires suédois se sont amassés dans les rues de la capitale en scandant ce slogan, suite à l’entrée au Parlement d’un parti d’extrême droite. La voix du peuple… n Philippe Croizon Même pas peur! Chômeurs Bis repetita élections Manifestation à Stockholm sSex and the Medina Après le dernier numéro d’actuel sur la vie secrète des Saoudiennes, le fameux livre de Leila B. est déjà en rupture de stock au Maroc. En attendant le réassort, le dossier est en ligne sur www.actuel.ma vu sur lA toile Les quatre hommes soupçonnés d’avoir participé à une tentative d’attentat contre l’ambassade du Royaume-Uni, le 26 avril dernier à Sanâa, posent devant l’objectif le premier jour de leur procès. Garderont-ils le sourire encore longtemps? n Attentat au Yémen Procès des suspects sUn peu cher Twilight! Un fan (très fortuné) du film a participé à une vente aux enchères sur eBay, dont le lot consistait à passer une journée sur le tournage du quatrième opus. L’affaire a été adjugée pour 46000 euros! PhilippeHuguen/AFP JonathanNack/AFPMohammedHuwais/AFP Brahimtaougar/actuel actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 7Actualités / lA seMAiNe eN iMAges 7Actualités / lA seMAiNe eN iMAges James Giraldo est à ce jour le plus jeune prestidigitateur connu. Déjà très doué pour son âge, ce petit bonhomme de 4ans a été pris sous l’aile d’un club spécialisé en magie et illusionnisme. On lui souhaite une belle carrière. n Le fondateur du 1er syndicat marocain (UMT), Mahjoub Ben Seddik, a rendu l’âme le 17 septembre à Paris à l’âge de 88 ans. Lors de ses funérailles au cimetière Chouhada de Casa, les personnalités se sont bousculées pour lui rendre un dernier hommage. n Après les expos, la consécration pour un artiste c’est un ouvrage retraçant son parcours. Abderrahmane Ouardane a dédicacé le livre qui lui est dédié (textes de la critique d’art Fabienne Gattegno) le 22 septembre à la Villa des Arts de Casablanca. n Record du monde UnCopperfieldminiature Carnet noir Le 1er syndicaliste s’en va Ouardane Le livre de la consécration Le roi MohammedVI s’est inquiété, lors de son allocution prononcée le 20 septembre à l’ONU, du sort du milliard d’êtres humains qui meurent de faim ou à cause d’épidémies alors que des «traitements sont disponibles et, de surcroît, peu coûteux». n Discours à l’ONU Le roi parle pour un milliard sUne piscine de Titan Avec ses 8 hectares et les 250millions de litres d’eau nécessaires pour la remplir, la piscine Crystal Clear Lagoon au Chili vient d’entrer dans l’histoire comme la plus grande piscine du monde. sSpray-on-Fabric C’est dans des aérosols que l’on trouvera bientôt nos vêtements. «Spray it on» est un concentré de synthétique, qui se vaporise à même la peau pour se solidifier ensuite et prendre la forme d’un habit. Ça gratte ou pas? raulArboleda/AFP emmanuelDunand/AFP MAP Brahimtaougar/actuel actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 Actualités / décryptAge8 Safi : halte aux chasseurs de trésors ● les Faits La découverte de pièces d’or et de bijoux au cours de fouilles à Safi a déclenché une grosse polémique entre les ministères de la Culture, de l’Intérieur et des Habous. ● le commentaire Le trésor, dont une infime partie a été mise à jour, remonterait à l’époque de l’occupation portugaise. Il a été découvert à la suite de fouilles archéologiques ordonnées par le département de Himmich qui revendique la paternité du butin considéré comme patrimoine culturel. L’Intérieur a bloqué les fouilles par décision du wali, considérant que tout ce qui relève de l’administration du territoire (ou en dessous) est de son ressort, alors que les Habous ont fait prévaloir un droit de regard en raison du fait que le fameux trésor se trouve à proximité d’un mausolée. Quant à la propriétaire du terrain qui a signé l’autorisation, elle ne sait plus où donner de la tête. Au-delà de cette polémique, ces histoires de trésors sont bien réelles. Ailleurs, des fortunes célèbres ont été édifiées du jour au lendemain à partir de richesses déterrées. ● et demain Alors que dans des pays comme le Royaume-Uni, la loi (Treasure Act) stipule qu’un trésor mis à jour revient au découvreur et au propriétaire du terrain, au Maroc, les chasseurs de trésors se retrouvent souvent derrière les barreaux. Car selon la législation marocaine, un trésor découvert dans le sous-sol est propriété de l’état. A. E. A. ● les Faits Sarkozy, Zapatero, Angela Merkel et Ban Ki-moon… l’agenda du roi Mohammed VI a été particulièrement chargé au cours de son séjour à New York. ● le commentaire C’est Sarkozy qui a ouvert le bal lundi dernier. Dossier du Sahara oblige, il a réitéré l’appui de la France à «l’initiative marocaine d’autonomie pour parvenir à une solution politique définitive, dans le cadre des Nations unies, au différend régional sur le Sahara marocain». La résolution de cette question, a ajouté le président des Français, constituera «un facteur déterminant pour l’émergence d’un Maghreb uni et intégré, acteur important de la stabilité régionale». Même topo avec Ban Ki-moon qui a insisté sur «l’importance d’une démarche collective, convergente et sans exclusion, afin de faire face à la situation sécuritaire préoccupante dans la région sahélo- saharienne». Quant au patron de l’exécutif espagnol, s’il a bien évité de parler «Sahara», il a néanmoins «salué le rôle constructif du Maroc pour l’émergence d’un espace euroméditerranéen de paix, de stabilité, de prospérité et d’échanges humains et culturels». ● et demain Le lobbying du roi à New York n’a pas fait que des heureux. L’opposition espagnole a dénoncé «l’ambiguïté de la position de Zapatero sur le Sahara» alors que la presse sahraouie, aux ordres d’Alger, a facilement sombré dans l’insulte et le dénigrement en s’en prenant à la personne du roi. A. E. A. ▲ New York Mission Sahara dr MAp Santé & éducation Toujours plus de sous ▲ ● les Faits Salaheddine Mezouar va tenter de convaincre les parlementaires de la nécessité de réduire de 10% les dotations budgétaires 2011 de l’ensemble des départements, excepté la Santé et l’Enseignement. ● le commentaire Cela fait plus de vingt ans que le Maroc déploie des efforts budgétaires conséquents pour rattraper son retard dans ces deux domaines. Mais force est de constater que les résultats sont décevants et que le Maroc reste à la traîne dans la région. Les réformes de la Santé comme de l’éducation se sont succédé, aussi inefficaces les unes que les autres. La dernière en date, à savoir le plan d’urgence de l’éducation, a bénéficié d’un budget colossal de 35 milliards de dirhams dont les 4/5 proviennent du budget national, complétés par l’apport de divers bailleurs de fonds. Idem pour la Santé qui a fait l’objet d’un nouveau plan d’action spécifique en 2008, sans qu’aucune avancée significative ne soit relevée. Le dernier diagnostic livré par l’OMS confirme les mauvaises performances: espérance de vie, mortalité infantile, dépenses de santé, recrudescence de maladies disparues depuis des décennies. ● et demain Au-delà des plans d’urgence qui mobilisent des sommes astronomiques, l’amélioration de la santé et de l’éducation passe par une réelle volonté politique, complétée par une vision stratégique claire, partagée par toutes les parties prenantes. M. K. MAp ▲ actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 Actualités / décryptAge10 actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 ● les Faits Sitôt installé, sitôt remercié. Ainsi en est-il allé du désormais ancien directeur de la prison de Nador. Arrivé à la tête de cet établissement pénitentiaire il y a quatre mois à peine, le responsable n’a pas tardé à faire les frais d’une commission d’enquête qui a relevé de nombreux dysfonctionnements. ● le commentaire En tête des constats, la circulation en abondance des drogues douces, au vu et au su du personnel de la prison. Mais ce n’est pas tout. La commission d’enquête a également mentionné le traitement privilégié dont certains détenus bénéficiaient: matériel électroménager dernier cri, téléphones portables, mobilier… Bref, tout ce qu’il faut pour assurer le confort de certains, à ne pas en douter grands barons du trafic de cannabis. Et ce, alors que le surpeuplement de nos prisons, les mauvaises conditions de détention et les cas de maltraitance sont légion et ont fait l’objet de plus d’un rapport. Mais en prison comme partout ailleurs, l’argent est roi. Et quelques «cadeaux» en argent ou en nature suffisent à s’acheter la bienveillance des responsables et autres gardes. Une fois n’est pas coutume, le laisser-aller n’est pas resté impuni. ● et demain La rapidité avec laquelle les autorités de tutelle ont réagi est un signe que le grand ménage opéré par la délégation générale à l’administration des prisons suit son cours. Reste à savoir quand les conditions de vie de tous les prisonniers s’amélioreront... T. Q. ▲ Nador remercie le directeur de sa prison dr ▲ Les chiites inquiètent les pays du Golfe ● les Faits La méfiance des monarchies du Golfe s’accroît à l’égard de leurs minorités chiites qu’elles craignent de voir se transformer en «cinquième colonne» à la solde de Téhéran. ● le commentaire Les autorités bahreïnies ont ainsi accusé 23 opposants chiites de fomenter un complot contre la monarchie, à l’approche d’élections prévues fin octobre, alors que de son côté le Koweït connaît de fortes tensions entre sunnites et chiites. La résurgence de ces tensions est clairement liée à l’Iran au moment où Téhéran menace de riposter dans les pays voisins en cas de confrontation avec les états-Unis. La presse koweïtienne a rapporté en août l’existence de «cellules terroristes dormantes» liées aux chiites, qui pourraient mener des actes de sabotage au Koweït, à Bahreïn et en Arabie saoudite en cas de frappe contre l’Iran. ● et demain Ces tensions ne peuvent être dissociées de la montée en force des mouvements chiites pro- iraniens en Irak, au Liban et au Yémen. Pour les apaiser, les monarchies seraient bien inspirées de se montrer plus ouvertes. Ainsi, les chiites koweïtiens, représentés par neuf députés sur 50 au Parlement, demeurent privilégiés par rapport à ceux d’Arabie saoudite, qui constituent près de 10% de la population mais affirment ne pas avoir accès aux postes importants. Y. B. dr Anfegou : un nouveau drame ▲ ● les Faits C’est notre confrère Al Ahdath Al Maghribia qui apporte l’information dans son édition du 21 septembre: quatre bébés, âgés de 5 mois à un an, sont décédés au cours des deux dernières semaines. En cause cette fois, les inondations qui ont isolé les familles de victimes de l’hôpital le plus proche… situé à Midelt. ● le commentaire Pour rappel, nous sommes dans ce même village où 37 enfants sont décédés en 2007 à cause du froid. Ni la construction d’un pont pour relier le village situé dans les hauteurs du Moyen-Atlas, ni le nouveau dispensaire érigé à Anfegou n’ont pu empêcher cette nouvelle catastrophe de se produire. Le pont a fini par être englouti par le passage de l’oued qui traverse le village. Et avec un médecin «qui ne fait que passer de temps en temps» selon les habitants, le dispensaire qui ne compte qu’un infirmier fait plus office de pharmacie où la population se ravitaille en médicaments (quand il y en a) que de centre de soins… Ayant bénéficié d’une haute sollicitude royale après les tristement célèbres décès de 2007, le village semble renouer avec le drame. Reste à espérer que le nombre de victimes s’arrêtera là. ● et demain Le développement auquel aspire le Maroc ne sera jamais atteint tant que de tels événements dramatiques continueront de se produire. Et tant que ce sont les populations les plus défavorisées et les plus isolées qui en sont les grandes victimes. T. Q. dr Actualités12 actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 marianne2.fr, le site de l’hebdoma- daire Marianne s’interroge sur ce que sont devenues les promesses du gouvernement français de stopper les délocalisations des centres d’appels, notamment vers le Maroc. Selon le magazine, « l’affaire semble en cours d’être enterrée » suite à des protesta- tions exprimées au plus haut de l’état… par le Maroc s’entend. n Lobby Tu ne délo- caliseras point! Ali Amar Histoire, plagiat et polémique Ali Amar lance une nouvelle polémique en accusant Youssef Chmirou, ancien rédacteur en chef du Temps qui veut lancer un mensuel historique baptisé Zamane, de lui avoir «entièrement pillé » ce projet «avec la complicité active de [son] ex-associée Sophie Jeanne Goldryng». Il affirme avoir lui-même réalisé le rubricage du magazine. Il conclut par cette anecdote: «Lorsque je collaborais avec Le Temps, j’avais évoqué la Shoah dans un ar- ticle. Chmirou m’avait demandé : ‘‘C’est quoi cette chouha dont tu parles?’’» Ambiance. n Candidature Deux CAN pour le prix d’une C’est officiel. Le 29 sep- tembre prochain, le Maroc présente sa candidature pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football. Le Royaume est en lice tant pour la CAN 2015 que celle de 2017. Ver- dict, pour les deux événe- ments fin novembre. n Islam Nouvelle provoc’ Après le sombre pasteur qui a menacé de brûler le Coran, c’est Molly Norris, une caricaturiste américaine dont un dessin avait inspiré une page sur Facebook se moquant du Prophète, qui affirme «vivre cachée sous la garde du FBI sous prétexte qu’un imam aurait appelé à son assassinat». Les protestations du Maroc feraient réfléchir le gouvernement français. Un train déraille entre Rabat et Casa Un train reliant Rabat à Casablanca a déraillé lundi soir à 22h15 à la sortie de Mohammedia, heureusement sans faire de victimes. Pour l'ONCF, le train a heurté des pierres posées sur la voie ferrée. Selon des passagers, le train a buté contre un obstacle et a déraillé avant de s'arrêter en s'inclinant dangereusement. Pendant longtemps, les passagers ont été livrés à leur sort avant qu'un autre train n’arrive de Casablanca pour les acheminer vers Casa-port.n Les bruits du village l Moulay Hafid El Alamy réussira-t-il à céder Les échos pour un dirham symbolique? Pour l’instant, Samir Chaouki, le directeur de la publication, freine des quatre fers. l Le pape a donné son feu vert à la proposition de l’épiscopat de Rabat de n’envoyer que des prêtres d’origine arabe dans les pays du Maghreb pour éviter l’expulsion des hommes d’église sous l’accusation de prosélytisme chrétien. l Allal El Fassi réconcilie la famille. Abbas El Fassi en tête, tous les Fassi (et les Fassi Fihri) ont fait le déplacement à Fès pour assister à une rencontre le 18 septembre à l’occasion du centenaire de l’idéologue en chef du parti de l’Istiqlal. l Plusieurs candidats se bousculent pour la direction de l’Institut Supérieur de Journalisme après le départ de Latifa Akherbache. Mimoun Ibrahimi et Abdelwahab Rami, professeurs de journalisme, semblent en bonne position. l BCP, CIH et leurs filiales ont été suspendues de la cote le 23 septembre. Des rumeurs tablaient sur un retrait de la Caisse d’épargne française dans le CIH au profit de BCP. Selon nos informations, le CIH rachèterait les parts de CDG dans Maroc Leasing et Sofac, et BCP absorberait la Banque régionale de Casablanca. DR millions de dirhams C’est le montant global encaissé par le ministère de l’éducation en guise de frais d’inscription pour la rentrée 2010-2011. SLe chiffre 600 SLe regard de Mouhim Dernière heure 13 [ lu dans la presse arabophone ] actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 Scandale Tarik Yahya poursuivi Accusé de malversations et d’abus de confiance, le maire de Nador et député Tarik Yahya est devant la justice. Il devra répondre, notamment, sur les soup- çons d’un douteux virement de 400000DH de la caisse de la ville à un MRE installé en Espagne ainsi que le lance- ment de projets dans la ville, mais sans autorisations. n Compte sur carnet Coup de pouce Pour stimuler la petite épargne et parer au manque de liquidités des banques, le plafond du compte sur carnet devrait passer, avant la fin de l’année, de 300000 dirhams à 500000 dirhams. Reste à savoir qui sera capable de l'atteindre. n AWB et BP En haut du pavé Mohamed El Kettani et Mohamed Benchaaboun doivent jubiler. Selon le «Top 100 des banques africaines 2010», Attijariwafa bank est classée au 1er rang nord- africain, suivie du groupe Banque Populaire. Le Top 100 est effectué chaque année par le bimensuel African Business dont la sortie est prévue en octobre.n Commissions BAM sanctionne Certaines banques et non des moindres sont dans le collimateur de Bank Al- Maghrib pour non respect de la gratuité des 16 opéra- tions de guichet, en vigueur depuis avril. La banque centrale va demander aux banques contrevenantes de rembourser les commis- sions indûment encaissées auprès des clients et payer des amendes. n Putsch Un été à haut risque L’Union nationale du travail au Maroc, bras syndical du PJD, vient de relever Moha- med Yatim de ses fonctions en tant que secrétaire général de la centrale. Cette dernière a décidé, lors d’une assemblée générale extraordinaire, de dissoudre le bureau national. En cause, l’influence gran- dissante du Mouvement de l’Unité et de la Réforme (MUR) dont Yatim est membre, au risque d’en faire un outil plus de propagande que d’action en faveur des travailleurs. Le putsch se veut ainsi une manière de remettre la cen- trale, présente en force dans l’enseignement et les collec- tivités locales, sur les rails. Samedi 18 septembre, Aziz Ribak, présentateur sportif à Al-Oula commente un match de la Botola opposant le Widad de Fès et le Moghreb Athlétic de Tétouan. Soudain, le présentateur vedette se met à insulter, utilisant des expressions «vulgaires, irrespectueuses envers les téléspecteurs et Dieu», rapporte le quotidien Akhbar-Al- Yaoum dans son édition du jeudi 23 septembre. Une «première» dans les annales de la télévision publique, selon Saïd Anis, directeur du pôle sportif à la première chaîne, rapporte le quotidien Assabah dans sa livraison du 23 septembre. Cet «incident» serait «involontaire», selon le principal intéressé. «Je n’arrive toujours pas à croire que j’aie pu prononcer de telles insanités, mais les conditions de travail n’étaient pas du tout réunies. La réception des images a été interrompue pendant plus de 30 secondes, me laissant dans l’impossibilité de commenter le match. De plus, ma chaise s’est cassée et j’ai fait une chute en pleine présentation», raconte le commentateur à Assabah. Selon la même source, Allal Kacimi, responsable du service technique de la chaîne, Ribak est d’habitude une personne bien élevée. Toujours est-il que le dérapage du commentateur a été très mal reçu par le management de la première chaîne. Informé à ce sujet, le patron du pôle public Fayçal Laraïchi aurait demandé de «sanctionner sévèrement» le journaliste, rapporte Akhbar-Al-Yaoum. Une commission disciplinaire s'est d'ailleurs saisie de l'affaire. Une mise à pied n'est pas exclue, avance le quotidien Assabah. La Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca) serait quant à elle «très gênée» par ce qui a été diffusé sur la première chaîne. D’après Akhbar-Al-Yaoum, il y a unanimité au sein du régulateur «pour prendre une décision ferme dans cette véritable première dans le paysage audiovisuel public». Selon le quotidien, la Haca a examiné cette affaire et n’attend plus que la décision de la commission disciplinaire pour réagir à son tour. La Haca est donc attendue au tournant, surtout qu’elle avait auparavant «sévèrement réprimé» des opérateurs privés mais jamais les chaînes publiques, rapporte le quotidien. n ( *) Gêne, improvisation DR Télé-foot «Irtibak»( *) dans l’affaire Ribak S Précisions • Dans actuel n°57, le tableau choisi pour illustrer l'exposition de Jilali Gharbaoui (p. 55) n’appartient pas à la Fondation ONA mais à un collectionneur privé. n •Une brève publiée dans actuel n°61 faisait état à tort du décès de trois personnes dans l’effondrement du toit d’une mosquée à Casa. Il ne s'agissait que de trois blessés. n Dossier14 S J-5. à l’heure où vous lisez ces lignes, les chauffards vivent théoriquement leurs dernières heures d’impunité. Le père de la loi explique comment mettre cette théorie en pratique. actuel / Semaine du 25 septembre au 1er octobre 2010 L e nouveau code de la route entre en vigueur le 1er octobre. Alors que son approbation a nécessité plus de trois an- nées de négociations politiques et syndicales, le texte continue de susciter opposition et colère. C’est in extre- mis que le ministère a réussi à désamorcer un dernier appel à la grève lancé par deux syndicats du transport le lundi 20 septembre. La (nouvelle) loi sera donc applicable à partir de vendredi prochain. Karim Ghellab, le ministre de l’équipement et des Transports, qui en aura vu au passage de toutes les couleurs, est-il soulagé pour autant? «Le soulagement premier a été celui du moment du vote qui a acté, le 14 janvier dernier, l’accord constitutionnel des deux Chambres. Pour autant, je n’aurai le sentiment de mission accom- plie que quand le nombre de tués sera revu à la baisse et quand les Marocains se seront approprié les dispositions du code», nous dit le ministre en préambule d’un entretien où il revient sur le bien- fondé du texte et où il en détaille les dispositions et les mesures d’accompagnement. Le ministre se refuse cependant à fixer des objectifs quantitatifs pour 2011. C’est que le plus dur reste encore à faire: garantir l’ap- plication d’une loi qui souffre encore d’une grande impopularité et dont la mise en œuvre dépend presque entièrement du volonta- risme des autorités censées la faire respecter. En attendant, le dis- positif d’information des citoyens et des professionnels du trans- port se poursuit, la formation des agents de police et éléments de la gendarmerie est en cours, les décrets d’application et procédures de contrôle en publication. Le long marathon qu’a été le nouveau code de la route n’est pas près de se terminer. Mais une chose est sûre, et c’est Ghellab qui nous le dit: les onze morts par jour que provoquent les accidents de la route au Maroc méritent que l’on s’agite… et pas qu’un peu. n Tarik Qattab Lecodedelaro expliquépar BrahimTaougar/actuel
actuel 62 - Page 1
actuel 62 - Page 2
wobook