actuel 125 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam actuelالمغرب POlycliniques ONE UMT, syndicat voyou p.27 Déclaration Gouvernementale Un programme de bonnes intentions p.30 Mégarama Grandeur et décadence p.42 N° 125 - du 21 au 27 janvier 2012 - 15 DH- 3 € PJDUn marketing politique... NAIF machiavélique POPULISTE D éclaration gvt très (trop) générale. 4 chiffres en tt, pas de rupture alors que gvt alternance. Donnons leur le temps, mais vigilance. » Signé Ahmed Réda Chami, @Ahmed_R_Chami pour les tweetos, quelques heures après la déclaration de politique générale de Abdelilah Benkirane devant les parlementaires. Pas mieux ! C’est moins le regard du nouveau député USFP qui attire l’attention que l’analyse brève, incisive, et percutante – tweet oblige – du flamboyant mi- nistre sortant de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies. Voici donc épinglée, en moins de 140 signes, la tant attendue prestation de Benkirane. Au fond, tout est dit, et les exégètes qui se déploient dans toutes les gazettes et sur tous les médiasaudiovisuelsdepuis jeudi dernier pourraient s’en tenir là. Poussonstoutefoisl’analyse au-delà du tweet, aussi pertinent soit-il. L’exercice de la déclaration gouver- nementale est à l’évidence un exercice délicat. Devant quelque parlement que ce soit. De quelque chef de gouvernement qu’elle émane. La critique est aisée. Mais la contrainte, réelle. L’opinion publique est toutefois en droit d’attendre de tout nouveau chef de gouvernement qu’il trace une feuille de route conforme aux engagements pris devant les électeurs. Et qu’il affiche, clairement, les voies et moyens qu’il entend emprunter pour atteindre les objectifs assignés à sa nouvelle équipe. De ce point de vue, la prestation de Benkirane laissera plus d’un observateur sur sa faim. Non pas que le chef de gouvernement ait omis de balayer tous les sujets qui constituent autant de ces « fondamentaux » sans lesquels la politique marocaine ne saurait exister. C’est là un passage obligé. Mais, à trop « balayer », à trop vouloir agréger ainsi, sans véritable hiérarchie ni mise en perspective, les multiples notes venues de tous les ministères et les amendements de la commission 3Edito Vigilance actuel ad hoc – chacun s’efforçant de figurer en bonne place au palmarès des meilleures intentions –, la démonstration perd singulièrement en souffle. Où est la rupture attendue ? La réponse se fait encore désirer. Pire, le risque est réel – alors même que la situation économique du Royaume, qui ne laisse guère de marge de manœuvre, semble niée par la nouvelle équipe gouvernementale – de voir un PJD incapable de répondre sur le terrain économique et social (où est passé le SMIG à 3000 DH ?) faire diversion, et donner quelques gages à son électorat, à la veille des prochaines échéances électorales. Des gages qui, pour être crédibles aux yeux du socle de son électorat, pour- raient demain impacter les libertés publiques. Celles-là mêmes que quelques zélés partenaires de l’Etat croient déjà devoir écorner, comme lors du récent Festival na- tional du film marocain à Tanger, pour complaire au nouveau maître de la Primature. Nous n’en sommes pas là. Une telle hypothèse mettrait en danger la co- hérence de la majorité. Elle contreviendraitàlanouvelle Constitution.Etcontredirait les engagements pris par Benkirane en personne. Pour autant, le déni de la réalité économique (déficit budgétaire, déficit commercial, chômage, inflation, endettement…), qui obère toute ambition pour une meilleure compétitivité de l’entreprise Maroc, laisse pla- ner un sérieux doute. La moralisation de la vie publique et la fin de l’économie de rente consti- tuent certes de louables objectifs, partagés par le plus grand nombre. Ils ne sauraient toutefois tenir lieu de seuls viatiques à un gouvernement qui a fait de la réforme son credo électoral. ■ A trop vouloir agréger ainsi, sans véritable hiérarchie ni mise en perspective, la démonstration perd singulièrement en souffle. actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 4 n°125 - du 21 au 27 janvier 2012 Une prière très médiatique Des ballons à prix d’or Silence, on ferme ! L’Intérieur vu de l’intérieur 16 24 27 32 42 Projections en « odorama » SActualités 06 nouvelle génération | Oussama Tilfani 08 la semaine en images 10 décryptage 14 dernière heure SDossier 16 communication du pjd | Les rois du marketing SEconomie 24 publicité | CAN 2012, omerta sur l’argent du foot 27 syndicats | Polycliniques de l’électricien, le jeu incestueux de l’UMT SPolitique 30 gouvernement | Programme : plus de lettres que de chiffres 32 parlement | Ambiance assurée grâce aux femmes 33 ministère | Intérieur, l’ombre de Basri SSociété 36 reportage | J’ai testé pour vous le Parc zoologique de Rabat SMonde 39 chronique des deux rives 40 monde | L’Europe à la dérive 41 monde | Iran, les révélations du Sunday Times SCulture 42 cinéma | Mégarama, grandeur et décadence 44 disparition | Mohamed Sousdi n’est pas mort 44 disparition | Rouicha : un homme enraciné dans sa terre 46 agenda STendances 48 nouveaux produits, nouveaux marchés 50 les choix de... | This is Yassine Zizi photo de couverture MAP actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably culture : Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak. Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Mohamed Mouhim, Layal Rhanem, Slimane Ammor, Salima Yacoubi Soussane. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 22 36 77 02 / 79 01 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : commercial@actuel.ma IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Laroseetlelivre Oussama Tilfani SOussama Tilfani est un jeune révolutionnaire réformiste et posé ! Contradiction ? Non, plutôt une série de nuances qui caractérisent ce militant de l’USFP. aolo Freire, Karl Marx, Mohamed Abed Al-Jabri, Abdellah Laroui… Oussama Tilfani cite des intellec- tuels à tour de bras. Il n’entame jamais une réflexion sans se ré- férer à un concept, une citation. Ce qui lui donne un air de professeur alors qu’il n’est âgé que de 27 ans. Il n’est pas pédant mais plutôt didactique, posé et moins enclin à l’empressement de la nouvelle génération de militants politiques. Cet ingénieur statisticien-économiste laisse les chiffres au boulot et, sans enle- ver sa cravate de cadre dans une grande entreprise étatique, endosse son costume de militant de l’USFP. Né à Safi, il s’initie à la politique surtout grâce à son grand- père, ancien résistant de l’Union nationale des forces populaires (UNFP), devenue quelques années plus tard l’Union socia- liste des forces populaires (USFP), qui en- gage le débat chaque vendredi autour du couscous. Il baigne par la suite dans cette ambiance grâce à son père, syndicaliste, son oncle militant à l’Istiqlal, etc. Son intérêt pour la politique relève d’abord de la curiosité scientifique. Oussama va beaucoup lire et se forge sa propre convic- tion, résolument gauchiste. Il rejoint l’USFP en 2005. Il commence par présider l’asso- ciation des étudiants de son école, l’INSEA, avant de rejoindre la section étudiante de l’USFP, puis le secteur des ingénieurs, et participe à la commission économique, politique et sociale du 8e congrès du parti. « Mes prédécesseurs à la tête de l’associa- tion de l’INSEA n’étaient autres que Aziz Rebbah, actuel ministre de l’Equipement et du Transport, et Anis Birou, ancien se- crétaire d’Etat à l’Artisanat », plaisante- t-il. Une carrière politique dont ne rêve pas ce jeune, plus versé dans l’analyse et la réflexion intellectuelle. Contre le rajeunissement Il espère que son parti se débarrasse des notables, aujourd’hui bien établis dans les structures. Il espère aussi que la gauche se réveille. Pour cela, il sait que le chemin est long et compliqué, en raison du « narcis- sisme » des différentes forces de gauche qui passent leur temps à se fustiger. En attendant, Oussama sort manifester dans les rangs du 20-Février, à défaut de voir son parti servir de relais. « Les leaders poli- tiques tirent leur légitimité de la proximité avec le pouvoir. Ils ne perçoivent pas la res- ponsabilité politique comme un devoir, mais comme un privilège », explique-t-il. Oussama Tilfani porte un regard sévère sur les partis qui veulent « réformer dans la continuité », alors que le pari de la démo- cratie passe par la rupture pour réformer tout en préservant la stabilité du pays. Il considère aussi que les partis ne sont pas indépendants dans leurs prises de décision et tendent l’oreille au pouvoir. « Dans le passé, le Makhzen a mené la harka, c’est- à-dire l’apprivoisement des tribus insou- mises. Aujourd’hui, c’est la même chose qui arrive aux partis », compare-t-il. Cette sévérité, il l’a aussi envers les jeunes, et même la génération du Printemps arabe née dans un contexte mondialisé et qui « s’intéresse à la politique mais pas à la patrie ». « On en est arrivé à considérer le nationalisme comme étant makhzenien, or il faut renouer avec la fierté d’être ma- rocain », pense-t-il. C’est dans cette optique qu’il est contre le système des quotas pour les jeunes. « Il y a une différence entre le renouvellement et le rajeunissement pur qui ne fera que créer une nouvelle notabilité. Il existe une génération marginalisée qui n’a pas eu sa chance. » Pour légitimer le combat poli- tique, Oussama Tilfani pense qu’il faut créer un relais avec les anciennes généra- tions, afin que l’appartenance à la nation ait de nouveau un sens. Avec tout cela, l’ambition d’Oussama Tilfani est de deve- nir un jour un intellectuel : « Apprendre et produire sur le plan scientifique. » Et on en a sacrément besoin. Zakaria Choukrallah Nouvelle génération ©B.Taougar/actuel actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 Actualités8 Précédant Mariano Rajoy, nouveau chef du gouvernement es- pagnol, qui a choisi le Maroc pour sa première sortie interna- tionale, Miss France a effectué, le 12 janvier, sa première visite officielle au… Morocco Mall ! n Le candidat aux primaires américaines, Mitt Romney, explose les compteurs de buzz. Accusé de capitalisme primaire, le candi- dat a dû rendre publique sa feuille d’impôts jugée trop légère. Le battage médiatique continue… n On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. C’est ce que ces indignés sont venus déclamer avec force à Marrakech, profitant de l’événement, la plus grande omelette d’Afrique, pour faire ré- sonner leurs revendications. n Diplomaties parallèles Mall of fame Etats-Unis Mythe Romney Com’ Les œufs brouillés sBaltajiya Les baltajiya refont surface et annoncent une contre-manifestation à l’occasion de l’anniversaire du M20 ! Affiches haineuses et slogans « On est tous le Makhzen » ont fait leur entrée. Mettez vos voitures à l’abri. vu sur la toile Selon des touristes suisses, la chanson jouée au moment du nau- frage du Concordia était… My Heart Will Go On, le morceau phare de la bande originale du filmTitanic ! Un détail pittoresque qui ne doit pas faire oublier l’étendue du drame. n Insolite Concordia-Titanic siLave-linge ! Ce lave-linge présenté par Samsung, au célèbre salon CES de Las Vegas, fonctionne à distance grâce à une application wifi installée sur smartphone ! Faut-il quand même descendre à la cave pour étendre le linge ? ©BrahimTaougar/actuel ©AFP©AFP ©AFP actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 9Actualités / La semaine en images Jean Dujardin est au firmament. Il est le premier comédien fran- çais à décrocher le Golden Globe, grâce à sa prestation dans le film muet, en noir et blanc, The Artist. L’acteur a tenu à saluer son pu- blic comme le héros du film. C’est-à-dire en mimant. n Certes dormir au Parlement est de mauvais goût, mais qu’en est- il de roupiller en plein défilé militaire ? Il ne faut pas en vouloir à ces vaillants gradés, invités à New Delhi, qui s’ennuient ferme à la parade militaire indienne. n Les ministres PJD veillent à ne pas changer de train de vie. Même en voyage officiel vers Laâyoune, Aziz Rebbah, ministre de l’Equi- pement et du Transport, occupe un siège en classe économique. Pourvu que ça dure… n Golden Globe Awards Décidément, le silence est d’or Inde Good night Delhi PJD Attachez vos ceintures ! Dossier de la pêche, immigration clandestine, Sebta et Melilia, les dossiers chauds ne manquent pas. Si Mariano Rajoy a choisi le Maroc pour sa première sortie officielle, c’est qu’il a à cœur de développer les relations bilatérales avec ce pays voisin. n Madrid-Rabat Et pour quelques sardines de plus... sDjinn’ssong Le buzz sur les djinns au Morocco Mall ne faiblit pas, à tel point qu’un jeune et talentueux musicien y a consacré une chanson aux paroles ironiques, non dénuées d’humour. Tapez simplement Morocco Mall sur YouTube. sSopa Le Parti pirate marocain a rejoint la campagne mondiale de lutte contre le projet de loi SOPA, particulièrement sévère envers la liberté d’Internet. Pour l’heure, la page partipirate.ma est en berne. ©AFP ©AFP ©AFP ©AFP actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 Actualités / décryptage10 Extrême gauche Le PSU au féminin ● les Faits Pour la première fois dans l’histoire des partis politiques marocains, une femme, Nabila Mounib, est élue secrétaire générale du PSU. ● le commentaire Joli coup pour les marxistes léninistes qui ont mis une femme aux commandes au moment où le nouveau gouvernement est accusé d’avoir sacrifié la parité pour des calculs politiciens. Ce professeur universitaire de biologie est décidé à reconstruire un parti qui semble sclérosé par une idéologie en perte de vitesse. Elle aura fort à faire pour redresser la barre d’une forma- tion qui ne doit sa survie politique qu’au mouvement du 20-Février. D’une façon générale, la pensée d’extrême gauche n’a pas beaucoup évolué. On a remplacé les souhaits de changement de régime dans la douleur, par de nouvelles radicali- tés qui s’expriment différemment, en marge des manifestations du M20. Le problème est de savoir si l’extrême gauche (CNI et Annahj y compris) est capable d’imaginer une refondation de la politique marocaine, sans retomber dans des travers comparables à ceux des années 1980. De plus, Mounib aura-t-elle les coudées franches pour mener à bien la modernisation du parti ? ● Et demain Arrêter l’hémorragie de militants, faire évoluer l’idéologie et mettre en place la difficile décentralisation du parti, avec notamment des structures régionales éloignées des instances de décision, tels sont les défis majeurs de la nouvelle secrétaire générale. A.E.A. ● les Faits La Comarit n’est pas au bout de ses peines. Le groupe vient de voir un autre de ses ferries saisi, à Algésiras cette fois-ci. Ce qui porte à trois le nombre de ses bateaux immobilisés. Dans l’état actuel des choses, la compagnie aura bien du mal à assurer la prochaine opération transit des MRE. ● le commentaire Qu’à cela ne tienne, Samir Abdelmoula est serein. En dépit de ses derniers déboires, la Comarit reste viable et n’encourt aucun risque de faillite… pourvu que l’Etat mette la main à la poche. Le patron ne cache pas que la viabilité de son entreprise reste tributaire d’un soutien financier du gouvernement. Sans pour autant préciser les modalités ni le montant en question. Le marché, quant à lui, se fait l’écho de l’intérêt manifeste de deux groupes bancaires pour une prise de participation dans la compagnie de transport maritime. La première serait la BCP, d’autant qu’elle est déjà présente dans le capital de Comarit, via l’une de ses filiales. L’autre banque serait BMCE Bank. L’armateur, qui ne confirme ni infirme aucune de ces hypothèses, révèle quand même qu’un mandat a été confié à un établissement financier marocain pour procéder à une augmentation de capital. ● Et demain Les autorités marocaines devraient se montrer plus vigilantes sur les pratiques des armateurs, tout en leur garantissant un environnement propice, pour ne plus avoir à jouer le rôle de pompier. K.E.H. ▲ Comarit Sauvetage en vue ? ©DR ©B.Taougar/actuel Délocalisation textile Des salaires honteux ▲ ● les Faits Zara, Mango, Dolce & Gabbana… et bien d’autres grandes enseignes, sous-traitant une partie de leur production à Tanger, sont pointées du doigt. Une enquête de la branche espagnole du réseau international, Clean Clothes Campaign, vient de lever le voile sur les conditions déplorables de travail des ouvriers dans ces usines. ● le commentaire Scandaleux ! De longues journées de travail pour de petits salaires et sans aucune couverture sociale. C’est le lot des ouvriers et ouvrières dans des usines, à Tanger, qui fournissent pourtant de grandes enseignes internationales. Bien connues au Maroc, ces marques font réaliser une partie de leur production, à Tanger, dans des conditions pénibles faisant fi des normes et recommandations tant locales qu’internationales. Le rapport de l’association espagnole révèle que, pour des journées de travail dont les horaires peuvent aller de 9 heures à 11 heures, voire 12 heures, six jours sur sept (cinq heures le samedi), les salaires mensuels ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, 250 euros (2 750 dirhams). Une bonne partie se contente d’à peine 100 euros (1 100 dirhams), même pas le Smig marocain ! ● Et demain Tout salarié spolié de ses droits est un gréviste en puissance. Une réalité que ne devraient pas occulter la délocalisation de grandes marques, et la course à la création d’emplois côté marocain. K.E.H. ©AFP ▲ actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 Actualités / décryptage12 ● les Faits Le 16 janvier, des étudiants cagoulés ont investi les amphithéâtres de la faculté de droit Cadi Ayyad à Marrakech. Ils ont forcé leurs camarades à quitter les salles de cours où se déroulaient les examens. Ils avaient sur eux des armes blanches mais aucun blessé n’est à déplorer. ● le commentaire Ces étudiants appartiennent au rang de l’extrême gauche VDB (voie démocratique baasiste) et ce genre d’opération est courant surtout dans les facultés de Fès, Marrakech et Tanger, derniers bastions de ce courant radical. La seule nouveauté est le côté spectaculaire de cette action rapportée par la presse. Au fond, les revendications de ces jeunes sont compréhensibles. Ils boycottent les examens jusqu’à ce que leur cahier revendicatif, déposé auprès de la direction, soit pris en compte. Ils réclament une revalorisation des bourses, d’un montant misérable, qui n’ont pas été réévaluées depuis des décennies, de meilleures conditions de vie dans la cité universitaire et l’amélioration de la qualité des études. Si les intentions sont bonnes, la méthode, elle, est condamnable. De plus, la violence de certains membres de la VDB est inefficace et surannée, et risque de ne jamais porter de fruits. ● Et demain Dénoncer l’Etat policier puis utiliser des méthodes similaires est honteux. L’histoire récente nous a appris que la lutte pacifique à la manière du M20 est beaucoup plus honorable et efficace. Z.C. ▲ Universités Baassistes dévoyés ©DR ▲ USA/mondearabe Indollarwetrust ● les Faits Selon WikiLeaks, l’oncle Sam aurait largement utilisé les réseaux d’ONG arabes, surtout marocaines, pour financer des organisations des droits de l’homme égyptiennes. ● le commentaire Le câble signé Margaret Scooby, alors ambassadrice des Etats-Unis au Caire, daté du 30 avril 2009, précise que l’ONG égyptienne des droits de l’homme a reçu un financement via le « Centre de Liberté des Médias » pour couvrir les frais d’un congrès au Caire sur la liberté de la presse, tenu en janvier 2009. L’organisation marocaine a démenti l’information expliquant qu’il est impossible de faire sortir des devises à l’étranger sans passer par l’Office des changes. En tous cas, l’Initiative de partenariat moyen-oriental, créée par Bush en 2002, a permis de débourser plus de 530 millions de dollars dans dix-sept pays arabes. Même si la législation en vigueur dans ces pays-là interdit aux ONG, comme à la presse, le recours au financement étranger. D’où l’utilisation, par les Américains, de nombreux subterfuges pour financer des projets, ou tout simplement pour donner de l’argent à des personnes physiques. ● Et demain Le Printemps arabe, les islamistes au pouvoir et la montée de l’anti- américanisme, autant de soucis pour la CIA et le département d’Etat qui devront débourser encore plus de millions de dollars pour soigner l’image de l’oncle Sam dans les pays arabo-musulmans. A.E.A. ©AFP Amazigh Bonne année 2962 ! ▲ ● les Faits Dimanche 15 janvier, des centaines d’activistes amazighs ont manifesté devant le siège du Parlement, revendiquant notamment la mise en œuvre des dispositions de la Constitution concernant l‘amazighité. ● le commentaire Le sit-in a lieu à l’occasion de « Taouedda » qui marque le début du nouvel an amazigh (l’an 2962) et qui coïncide avec la date du 13 janvier. Parmi les revendications : faire du nouvel an berbère un jour férié. L’événement a retenu l’attention car il constitue l’occasion de faire le point sur le mouvement amazigh depuis la constitutionnalisation de la langue et la victoire du PJD. Et c’est naturellement à Abdelilah Benkirane que l’on demande d’activer les mesures. Réponse du berger à la bergère, deux jours après le sit-in, le quotidien Attajdid – organe officieux du PJD – se fend d‘un article où l’on peut lire que « le discours protestataire du mouvement amazigh est dépassé… hormis pour quelques fidèles militants ». L’auteur va même jusqu’à soupçonner « les militants amazighs radicaux » de visées indépendantistes. ● Et demain La cause amazighe a aussi ses partisans au sein du PJD : Daoudi, El Othmani, Choubani... Maintenant que le parti est aux affaires, il va au plus vite se pencher sur la loi organique pour préciser les modalités d’officialisation de la langue amazighe. Au Parlement, Benkirane a souligné que les langues arabes et amazighes seraient « renforcées ». A.H.E. actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 ©AICPRESS Actualités14 Lenouveauchefdugouvernement sembleraitfurieuxaprèsqueledraft deladéclarationgouvernementale ait fait l’objet de fuites auprès de la presse. Mercredi 18 décembre, un quotidien arabophone titrait « Voilà ce que vous promet Benki- rane »,alorsquelaveille,lePremier ministre avait insisté pour que le programmesoittenuconfidentiel jusqu’àsaprésentationdevantlesdeuxchambresduParlement.Cet incident risque d’altérer les bonnes relations de l’équipe gouverne- mentale avec les médias. Quant aux journalistes, la plupart se de- mandent pourquoi un support de presse est plus privilégié qu'un autre, en violation du principe constitutionnel du droit à l’accès à l’information. n Rabat-Salé Coup d’envoi de l’aéroport L’inauguration du nouveau Terminal 1 de l’aéroport de Ra- bat-Salé a eu lieu vendredi 20 janvier. Les travaux avaient été entamés en 2008, du temps de Abdelhanine Benallou, mais la livraison a connu beaucoup de retard, suite à la reconstruction de la façade. Etendu sur une superficie de 17 000 m2 , le nouveau terminal peut accueillir jusqu’à 2 millions de passagers par an. L’investissement alloué au projet est évalué à 200 millions de dirhams. n Immolation Les chômeurs passent à l’acte Trois diplômés-chômeurs se sont immolés à Rabat, le 17 janvier, après que la police a tenté de disperser leur sit-in. L’un d’entre eux se trouve dans un état grave. Les victimes appartiennent à la coordination du « PV du 20 juillet 2011 » regroupant une centaine de jeunes qui attendent l’un des 4 000 emplois concédés sous la pression du mouvement du 20-Février par Abbas El Fassi. Heureusement qu’il n’y a pas eu de morts. n ©AicPress SLe regard de Mouhim l Jacques Chirac et son épouse donnent des cheveux blancs aux autorités de la ville de Taroudant, qui les surveillent discrètement quand le couple décide de déambuler dans les ruelles de la vieille médina. l Un week-end prolongé, du 6 au 8 janvier, n'a pas suffi à Abdessamad Qaiouh pour en finir avec la méga fête que le milliardaire soussi a organisée dans sa ferme à Taroudant. Evénement qui célébrait sa nomination à la tête du ministère de l'Artisanat. l Benkirane... devrait succéder à Benkirane au secrétariat général du PJD. Même si une structure intermédiaire pourrait le seconder jusqu’au prochain congrès. C’est ce qu’on appelle un parti de gouvernement ! Et il dort quand, Benki ? l Hamid Chabat, en compagnie d'autres leaders comme Bouamar Taghouane ou encore Mohamed Al Ansary, tous membres du comité exécutif de l'Istiqlal, ont tenu une réunion, mardi dernier, dans la villa de Hamdi Ould Rachid. L'objet de cette rencontre ? Précipiter le départ de Abbas El Fassi. l Après le départ de Fouad Ali El Himma, le PAM s'orienterait vers une mainmise des ex-gauchos sur le parti. C'est à Salah El Ouadie qu'est revenue la tâche de coopter le maximum d'enseignants qui émargeaient jusqu'à présent à l'extrême gauche. n Les bruits du village PrimatureUncabinet(encore)fantôme Abdelilah Benkirane semble rencontrer quelques difficultés à constituer son cabinet. Les candidats à forte valeur ajoutée sont quasi absents du premier cercle du chef du gouverne- ment, secrétaire général du PJD. Après les difficultés de la constitution du gouvernement, c’est là un tout autre défi pour Benkirane qui peine à s’assurer de conseillers qualifiés. n Déclarationgouvernementale La fuite qui dérange actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 C’est le budget alloué à la caisse de compen- sation dans le projet de loi de Finances 2012. Dans l’immédiat, le gouvernement devra régler une ardoise de 15 milliards de dirhams aux pétroliers. SLe chiffre 42milliards de dirhams Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ] Diplomatie Hassar dans la course Paris ou Riyad ? Saâd Hassar serait pressenti pour occuper l'une des deux ambassades laissées vacantes après le retour de Sahel de Paris et le décès de l'ambassadeur du Maroc à Riyad. Que ce soit au niveau européen ou du monde arabe, l'homme, en bon connaisseur des dossiers, a tissé des relations étroites au plus haut niveau de la hiérarchie politique. n Algérie Islamistes indésirables « L'Algérie fera exception dans la région du Maghreb où les islamistes l'ont emporté au Maroc et en Tunisie. » Les mots de Daho Ould Kablia ministre de l'Intérieur, sur les ondes de la Radio nationale algérienne montrent que les généraux, comme en 1992, ne laisseront pas passer les islamistes à l’issue des législatives prévues en mai. n Des artistes et intellectuels demandent au gouvernement d’auditer les comptes du Bureau marocain des droits d’auteurs (BMDA). Depuis plus de dix ans, le BMDA et son ministère de tutelle sont gérés par les mêmes responsables. Les artistes marocains exigent à présent un bilan précis des actions menées durant cette période. Ces derniers affirment qu’ils ont du mal à vivre de leur art aujourd’hui, dans la mesure où ils ne perçoivent pas leurs droits d’auteurs ni leurs droits voisins, relatifs aux interprètes. Sans oublier le préjudice moral du fait de la protection de leurs œuvres. n Bureaux LaPrimaturehors dupalais ? La question ne tardera pas à se poser. L’aile du ministère des Habous, habituellement réservée aux membres du cabinet du Premier mi- nistre, a été récupérée par ledit ministère, juste avant l’arrivée de Benkirane, au profit des… conseillers du roi, dont le nombre s’est élargi. Ainsi le chef du gou- vernement – qui ne pourra pas disposer de ses propres conseillers à proximité de ses bureaux – pourrait être amené à s’affranchir de ses locaux dans l’enceinte du palais et à rechercher un mode de fonctionnement plus rationnel en disposant de ses propres bureaux au cœur de Rabat. n B ien que le gouver- nement n’ait pas encore reçu la bénédiction du Parlement, de nombreux ministres de la nouvelle équipe gouvernementale sont tentés de laisser filtrer les grandes lignes de leur programme. Il en va ainsi de Najib Boulif, qui a, dans le collima- teur, l'Office national de l'électricité. Le ministre des Affaires générales et de la Gouvernance ne serait pas mécontent de récupérer la subvention publique de 5 mil- liards de dirhams, versée directement par la Caisse de compensation dans les caisses de l’Office. Ce cadeau avait été accordé par le gou- vernement à l’ONE à travers son soutien aux prix des matières premières, dont le fioul. Pour l'économiste et militant Fouad Abdel- moumni, certes, il est bon de s’orienter vers la vérité des prix de l'électricité, prônée par le ministre Boulif, mais à la condition expresse de mettre en place des méca- nismes qui empêcheraient le renoncement de certaines catégories de population à l'énergie, en raison d’un coût qui serait forcément de plus en plus élevé. De même, la flambée du cours du pétrole qui risque de durer, pourrait entraîner une spirale infla- tionniste. n Akhbar Al Youm L’ONEdansl’œilducyclone LA question de la semaine sur La question de la semaine prochaine Retrouvez-nous sur notre page fan facebook.com/actuelmaroc Comment qualifieriez-vous le marketing politique du PJD ? Quel résultat pour le match Maroc-Tunisie ? n Victoire du Maroc (1-0) n Le Maroc écrase la Tunisie (3-0) n Match nul n Remake de la finale de la CAN 2004, la Tunisie l'emporte (2-1) n Humiliation des Lions de l'Atlas qui perdent (3-0) 36 % 9 % 5 % 50 % actuel / Semaine du 21 au 27 janvier 2012 S Précision Dans notre précédente édition, nous avons annoncé l’éventuel départ de Jawad Ziyat du groupe Addoha. Contrairement à ce que laissent entendre les déclarations dans plusieurs supports, actuel a bien évidemment cherché à confirmer l’information auprès du groupe avant sa publication. Le démenti n'est venu que lundi. Une mise au point que nous aurions aimée moins tardive. n Droitsd’auteursAuditduBMDA !
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