actuel 97 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 97 - du 4 au 10 juin 2011 - 15 DH- 3 € FOUAD OMARI Le PAM, «victime de l’oligarchie politique »P.42 SPÉCIAL PEOPLE De Rabat à Kech, actuel au cœur des soirées اﻟﻤﻐﺮب LEGLER Une solution turque? P.36 JAMEL&GAD Supplém entTourism e 52pages SE LÂCHENT INTERVIEWS EXCLUSIVES S a notoriété est peut-être aussi forte que celledupays.Marrakechestunemarque magnifique qui a mis des décennies à se construire. Elle s’est renforcée au fil des annéesgrâceauxstarsquiyséjournent, au festival du film qui les attire et aux hôtels de rêve qui les abritent. Marrakech, c’est aussi une star. Une ville qui symbolise lesMille et une nuits à trois heures d’avion pour les Européens qui en ont fait leur succursale ensoleillée. Mais son succès, c’est aussi sa fragilité. La marque glamourquiincarneleMarocauxyeuxdumonde vitencemomentunecrisesansprécédent.Impac- tée par la désaffection des Européens angoissés par les révolutions arabes qui sedéroulentà2000kilomètres de la Koutoubia, soufflée par l’attentatd’Arganaquivisaitles touristes qui font vivre la ville, Marrakech est aujourd’hui à nouveau sous les feux de l’ac- tualitépouruneaffaireglauque et crapoteuse. La polémique sur le ministre pédophile qui aurait partouzé avec des petits garçons dans la ville ocre fait les choux gras d’une France qui ressemble de plus en plus à un tabloïd britannique. Par ricochet, ce scandale est un nouveau coup porté à une cité qu’on compare aujourd’hui à Pattaya ou Manille. Cible des terroristes, puis capitale des pédophiles, Marrakech subit un lessivage médiatique corrosif. La cité des jardins y apparaît aussi comme une drôle d’arrière-cour de la République française. On vient y signer des pactessecretsdansleriadd’uncertainDominique Strauss-Kahn, un Marrakchi d’adoption plus vraiment valorisant pour l’image de la ville; et on vient assouvir ses vices pour en repartir impuni avec la complicité honteuse d’autorités locales… Aujourd’hui, la marque Marrakech est salie. Si une entreprise avait subie une telle attaque, elle aurait déjà riposté. Une cellule de crise aurait été mise en place et une communication idoine se- 3Édito actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 UrgenceMarrakech actuel rait activée. C’est ce qu’ont fait Coca Cola, Toyota, Boeing après chaque incident ou accident. C’est ce que réalise, avec un certain talent, le numéro un du nucléaire Areva, qui sort à peine écorné de la catastrophe de Fukushima, ou ce qui a motivé la décision allemande de se passer du nucléaire. Notons que dans les deux cas, contrairement aux accélérateurs de Toyota, Areva n’est nullement responsable de la crise mais en subit les effets. Comme Marrakech. LacapitaletouristiqueduMarocauraitaujourd’hui intérêt à mettre en œuvre une véritable com- munication de crise avant que son attraction ne s’effondre. Une marque peut mettre un siècle à seconstruireetquelquesjours à se détruire. Le Brésil avait été attaqué pour les mêmes raisons. De grands hôtels de Rioontréagienprévenantleurs clients lors de leur inscription que les pédophiles risquaient quelques dizaines d’années de prison.Marrakechaunplanpour relancer ses réservations, mais pas pour protéger sa marque. Des initiatives comme le concert «Les voix de la paix» ou le Marrakech du rire sont d’excellents soutiens pour promouvoir la ville. Mais il faut aussi savoir être offensif et répliquer coup pour coup aux attaques. En ce moment, dans le métro parisien, des affiches montrent un touriste en train de buller sur la plage avec comme slogan «Il paraît qu’en Tunisie, la tension est à son comble.» Une vraie réponse amusante et subtile pour ras- surer des touristes craintifs après les images des révoltes. Il faut aujourd’hui trouver une réponse comparable et rapide pour préserver l’image de la ville. Sinon, ceux qui venaient pour son souk s’en détourneront à cause de son bordel. ■ La marque Marrakech est salie. Il faut une communication de crise. Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma4 N°97 - DU 4 AU 10 JUIN 2011 Du rire made in Morocco Souriez, vous êtes bastonnés ! Lui couper l’herbe sous le pied? Une machine à spectacle 20 40 46 60 70 SActualités 08 NOUVELLE GENERATION | Youssef Belal : La nouvelle gauche 10 LA SEMAINE EN IMAGES 12 DÉCRYPTAGE 16 DERNIÈRE HEURE 18 INDIGNEZ-VOUS! | Tricheurs, faites vos jeux! SDossier 20 HUMOUR | Gad, Jamel & co SÉconomie 32 DÉLAIS DE PAIEMENT | La PME, entre le marteau et l’enclume 36 REDRESSEMENT | Legler Maroc sera-t-elle sauvée? 38 BOURSE SPolitique 40 20-FÉVRIER | Le printemps marocain sous surveillance 42 FOUAD OMARI | Le PAM, «victime de l’oligarchie politique» SSociété 46 DÉBAT | Faut-il légaliser le cannabis? 48 SANTÉ | Malnutrition Un fléau intolérable SMonde 52 RÉVOLUTION | Le printemps arabe gagne l’Europe 53 ACTUS | Le Boucher des Balkans arrêté 58 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 60 FESTIVAL | Amazing Mawazine 65 HOMMAGE | Mawazine à Marrakech 68 NOMAD | L’esprit du Maroc à New York 69 AGENDA STendances 70 TOURISME | Manchester La révolutionnaire 72 AUTOMOBILE | Woodstock sur un circuit auto 76 DÉCO | Un spa 100% nature 78 HI-TECH | L’appareil qui fait le pont 80 NOUVEAUX PRODUITS, NOUVEAUX MARCHÉS 82 LES CHOIX DE... | Younès Rock’n’cool actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 PHOTO DE COUVERTURE DR Une destination trendy DR actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 12,5 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRÉDACTION Chefs de service: POLITIQUE : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Mohamed Amine Hafidi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Inès Asensi, Salma Bahraoui, Zineb Bennouna, Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim, Salima Yacoubi Soussane SÉDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Secrétaire de rédaction: Ferdinand Demba Révision: Laila Lebbar Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettistes: Youssef El Moutassaddik, Rachid Agouzoul Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. 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Lauréat de Sciences Po Paris à 22 ans, il devient, cinq ans plus tard, membre du bureau politique du PPS (Parti du progrès et du socialisme). A 32 ans, il compte plusieurs années d’en- seignement en tant que professeur de sociologie politique et relations interna- tionales, à l’Université Mohammed V de Rabat, un passage par un cabinet minis- tériel et une expérience riche de consul- tant auprès de l’ONU. Autant dire que ce jeune et fervent militant de gauche est né pour être premier partout. Y compris sur le terrain de la contestation puisqu’il est l’un des rares hommes politiques à avoir non seulement pris fait et cause pour le vent de changement insufflé par le Mouvement du 20 février, mais à avoir marché… le 20 mars. Quitte à ce que son attitude jure avec celle, plutôt molle, de sa formation politique. Aujourd’hui, celui qui préside aussi le Conseil consultatif pour les affaires éco- nomiques, sociales et culturelles du PPS, et qui est membre du Centre d’études et de recherches Aziz Belal (CERAB) à Rabat, se dit en attente. En attente «du texte de la nouvelle Constitution, mais aussi d’être fixé sur le comportement de l’Etat qui brille en ce moment par son incohérence. Tan- tôt il tolère la libre expression et le droit de manifester, tantôt c’est la bastonnade systématique, comportement que nous re- marquons depuis quelques semaines déjà». Selon ce natif de Casablanca qui a suivi ses études au Lycée Lyautey, deux prin- cipaux scénarios se profilent à l’horizon. Soit le texte sera à même de répondre aux aspirations des forces vives du pays, y compris le 20-Février, à savoir l’établis- sement d’une monarchie parlementaire et l’amorce de la fin des inégalités. «Nous serons alors dans une configuration idéale qui nous propulsera des années à l’avance», dit-il. Ou alors, et c’est «le scénario le plus probable», nous serons dans une logique de réaménagements, sans réels changements dans l’immédiat. «Il faut dire que la posture adoptée par nos partis politiques favorise largement cette thèse. Cela découlera forcément sur de nouvelles recompositions de la scène politique, avec de nouveaux clivages, mais suivant une logique non pas de consen- sus, mais de confrontations en guise de passage vers la démocratie. Et la contes- tation ne va pas s’arrêter entre-temps. Dans les deux cas, nous arriverons fata- lement aux mêmes résultats, mais selon deux rythmes différents», prédit-il. En cela, le Mouvement du 20 février est pour lui, malgré les divisions et les faiblesses dont il souffre, le mouvement qui pousse vers la démocratisation du pays. Quid de la menace d’Al Adl? Al Adl Wal Ihsane n’est qu’une com- posante parmi d’autres d’une scène politique et sociale qui compte de nombreux autres intervenants. «Al Adl sait qu’il n’est pas le seul acteur et même un éventuel monopole, de sa part, du référentiel islamiste est d’ores et déjà cassé par des par- tis comme le PJD. Il devra fatale- ment composer et s’orienter vers le compromis. Une chose est sûre, plus ce mouvement sera intégré et moins il sera tenté par le radi- calisme. Aux autres formations de montrer qu’elles méritent mieux et plus la confiance des Marocains», insiste-t-il. Parmi celles-ci, le PPS, un parti divisé au même titre que bien d’autres, entre une droite qui plaide pour des réaménagements et une gauche qui milite pour une monarchie parlemen- taire. «Et la position officielle qu’exprime le PPS appartient aux premiers qui, au lieu d’être dans le débat, préfèrent faire comme le PAM et le RNI, en totale inco- hérence avec la mémoire du parti et avec leurs propres bases.» La plus grande frustration de Belal reste la proposition émise par sa formation, dans le cadre du débat sur la Constitu- tion, qui veut que le Conseil des ministres soit maintenu. «Cette volonté de plaire met non seulement le parti en danger vis-à-vis de l’opinion mais aussi de son électorat», prévient Belal. Verdict aux prochaines élections. Tarik Qattab NOUVELLE GÉNÉRATION actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 DR Actualités10 A Rabat, dont le centre-ville est calme et bien entretenu, il y a les événements internationaux comme Mawazine, et puis il y a des dysfonctionnements locaux comme cette montagne de détritus à deux pas des hôtels des festivaliers. ■ Juste avant que la polémique sur la pédophilie n’éclate, il y avait bien un ministre français à Marrakech. Mais c’était pour la bonne cause. Frédéric Mitterand venait participer à la commémoration du classement de Jamaâ El Fna à l’Unesco. ■ Rabat Le show ou la chouha Sombrero attitude Mitterand travaille du chapeau Non, ce n’est pas une funambule, mais une simple cliente du Mu- sée scientifique et technologique de Wolfsburg, en Allemagne. Les visiteurs peuvent y expérimenter plus de vingt attractions de ce genre. ■ Les relations entre la nouvelle Egypte et la Palestine sont au beau fixe, surtout depuis l’ouverture du terminal de Rafah. Sur la photo, le maréchal Hussein Tantaoui, en compagnie de Mahmoud Ab- bas, en route pour une réunion du conseil militaire égyptien. ■ Allemagne Ciel, mon musée ! Egypte-Palestine Réchauffement toute ! SDSK No, you can’t! Tout le monde connaissait les penchants de DSK. Obama aussi! Lors de cette rencontre, il empêche l’ex- directeur du FMI d’approcher la première dame. Hum… VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 SJeux vidéo La déferlante approche Le grand salon des jeux vidéo «E3» réserve son lot de sur- prises: la future remplaçante de la Wii, la nouvelle portable de Sony. A voir en live le lundi 6 juin sur les sites des constructeurs. AbdelhakSenna/AFP BrahimTaougar/actuelAFP AFP 11Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Le concombre espagnol n’y était finalement pour rien. Les ré- sultats des analyses ont particulièrement ému les agriculteurs ibériques qui se retrouvent avec des tonnes de concombres sur les bras et un secteur très négativement impacté. ■ Dans ces centaines de planches de bois, la brigade des stups de Marrakech a saisi 9 tonnes de résine de cannabis et a interpellé huit personnes. Les planches étaient estampillées avec des logos de marque de luxe. C’est sûr qu’au prix du gramme à l’export… ■ Contamination Le concombre présumé innocent Saisie record à Marrakech La menuiserie du Kif SeppBlatteraétéréélu(186voixsur203).Seulenlice,alorsqueles critiques fusent sur sa gestion de la FIFA, notamment les rumeurs de corruption, les rivalités et l’opacité entourant la fédération. ■ Johnny se dévoile assez rarement. Invité du magazine Gala, il s’est laissé aller à se confesser un peu: il tient à la vie, mais la mort ne lui fait pas peur, lui qui l’a frôlée plutôt deux fois qu’une. ■ FIFA Blatter, candidat unique Hallyday Même pas peur ! DR AFP AFP AFP Actualités / DÉCRYPTAGE12 Climat des affaires Peut mieux faire! ● LES FAITS Près de deux ans après sa création, le Comité national de l’environnement des affaires (CNEA) dresse son premier bilan: des chantiers sont lancés et des réformes engagées, mais rien n’est parachevé. ● LE COMMENTAIRE Lutte anti-corruption, simplification des procédures administratives, promotion de la médiation et de l’arbitrage… Depuis deux ans, les actions lancées pour rehausser l’attractivité du pays et améliorer l’environnement des affaires se multiplient. Mais le rythme des réalisations reste tout de même lent. Les réformes en sont encore à leurs balbutiements et de nombreux blocages grippent la machine. Sans oublier des mauvaises pratiques qui ont la peau dure. C’est le cas de la corruption. Le lancement du portail anti-corruption, fin novembre 2010, a enregistré 673dénonciations recensées début mai dernier, dont 175 recevables. Parmi elles, 66cas relèvent de la corruption et le reste de l’abus administratif. Paradoxalement, ce portail a eu pour effet de bloquer la machine: de peur d’être taxés de corrompus, des responsables préfèrent ne pas trancher! ● ET DEMAIN Pour 2011, le CNEA met le cap sur la facilitation de l’accès au foncier et la régionalisation de la stratégie d’amélioration du climat des affaires. Une manière également de promouvoir la compétitivité des régions. Reste à savoir si l’ensemble de ces actions pourra aboutir. K.E.H. ● LES FAITS Les leaders politiques ont eu du mal à suivre le rythme infernal imposé par Mohamed Moâtassim, pour faire part de leurs dernières remarques avant que la mouture finale du texte de la Constitution, revu à la lumière des débats, ne soit soumise au roi. ● LE COMMENTAIRE D’ores et déjà, il apparaît que les délais sont trop courts, le référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution dans sa mouture finale étant prévu pour début juillet, et les élections anticipées pour le 7 octobre prochain. Rien n’a encore filtré du nouveau texte, mais d’après des sources à la Commission, le texte final serait bien plus révolutionnaire que les propositions des uns et des autres. L’échéancier a mis les partis politiques dans l’embarras, pour des raisons objectives d’abord: préparer des élections demande du temps aussi bien aux formations politiques qu’aux autorités qui seront chargées de superviser l’opération. Les partis politiques auront beaucoup de mal à mobiliser leurs troupes lors d’une période estivale plombée par le ramadan. Le choix des candidats et la couverture de l’ensemble des circonscriptions représentent en plus un véritable cauchemar pour la hiérarchie de ces mêmes partis. ● ET DEMAIN La monarchie ne peut se permettre le luxe de maintenir au pouvoir une équipe gouvernementale décriée par l’opinion publique, d’où la probabilité du maintien des élections anticipées dans les délais prévus. A.E.A. ▲ Elections anticipées Panique à bord! DR AICPRESS Maroc/Afrique L’aubaine des affaires ▲ ● LES FAITS En quelques années, le Maroc est monté en puissance dans le continent. Au point de devenir le deuxième investisseur, tous secteurs confondus, après l’Afrique du Sud, avec un montant cumulé de 2,2milliards de dirhams. La Fédération du transport et ses deux consœurs, l’Union internationale des transports routiers et l’Union africaine du transport et de la logistique, veulent saisir cette opportunité pour booster les flux entre les pays de la région. ● LE COMMENTAIRE La stratégie tracée depuis plus d’une décennie s’avère payante et l’intérêt des entreprises marocaines pour le marché africain est de plus en plus vivace. Et pour cause, la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne offrent d’importants relais de croissance pour les secteurs privé et public. D’ailleurs, les grands groupes marocains se sont distingués par leur dynamisme dans la région. C’est le cas du Consortium pour les canalisations, granulats et travaux au Sénégal, Comanav et Somagec en Guinée équatoriale, d’Ynna Holding, ONE et Attijariwafa bank... ● ET DEMAIN Si la volonté politique de renforcer les relations économiques Sud-Sud se confirme de jour en jour, plusieurs défis restent à relever, comme l’amélioration de la libéralisation des secteurs et la mise à niveau de la réglementation dans les pays africains. Le Maroc pourrait exporter son expérience pour enclencher des réformes structurelles qui requièrent du temps et de la rigueur. M.A.H. BrahimTaougar/actuel ▲ actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 Actualités / DÉCRYPTAGE14 ● LES FAITS Le chiffre est officiel et il figure parmi les résultats d’une enquête menée par l’Académie régionale du Souss: 87% des écoliers marocains ont été victimes de violence dans leur milieu scolaire. Au moins 59% des enseignants le savent, mais ne réagissent (toujours) pas. ● LE COMMENTAIRE Les raisons de cette violence, exercée par les mêmes enseignants, varient. Elles vont de l’absentéisme aux disputes entre élèves, en passant par les devoirs à domicile non rendus. Mais le résultat est le même: une peur bleue ressentie par de très nombreux écoliers juste à l’idée d’aller à l’école. Combien d’entre nous ont été traumatisés à vie à cause d’un oustad qui prenait ses élèves pour un punching-ball? Et à quoi est-ce que cela nous a servi, sinon à bloquer sur certaines matières définitivement... Alors que nos bourreaux à l’école jouissent d’une totale impunité. S’en plaindre à ses parents, c’est risquer de se faire «corriger» une deuxième fois. L’enseignant a toujours raison. Et la meilleure chose à faire quand on est enfant au Maroc, c’est de se taire. Au moins jusqu’à l’âge de pouvoir se défendre. Et le nombre sans cesse croissant d’enseignants eux-mêmes victimes de violence dans les lycées est des plus parlant. ● ET DEMAIN Des campagnes de sensibilisation contre la violence à l’école ont été initiées, et un observatoire dédié a été créé. Mais au vu des résultats, la culture de la violence comme mode d’éducation a encore de beaux jours devant elle. T.Q. ▲ Ecoles: 87% de nos enfants violentés DR ▲ Alger/Rabat Frontières: statu quo ● LES FAITS «L’ouverture de la frontière n’est pas à l’ordre du jour.» C’est la phrase liminaire d’Ahmed Ouyahia, le Premier ministre algérien qui s’exprimait dimanche dernier, lors d’une conférence de presse tenue à Alger. ● LE COMMENTAIRE C’est un classique du genre. A chaque fois qu’un événement ou des déclarations de bonne intention sur la pacification des relations entre les deux voisins font l’actualité, un officiel algérien monte au front pour expliquer que l’Algérie n’a pas du tout l’intention de rouvrir ses frontières. Ahmed Ouyahia a précisé que la question n’était «pas conditionnée par la question du Sahara». Pourquoi cette sortie inopinée du patron de l’exécutif algérien? Il y a d’abord le match Algérie/Maroc qui se tient le 4 juin à Marrakech. La presse algérienne s’est fait l’écho des préparatifs «grandioses» et des efforts consentis par les autorités marocaines pour recevoir les supporters algériens dans les meilleures conditions. Dans la foulée, grisés par l’enthousiasme ambiant, des journaux comme le quotidien algérien La Voix de l’Oranie, «citant des sources algériennes haut placées », avaient même annoncé l’ouverture des frontières pour le 2 juin. ● ET DEMAIN Les relations entre les deux voisins sont étroitement liées aux aléas de l’affaire du Sahara. Quoi qu’en dise Ouyahia, aucune normalisation n’est possible tant que ce dossier n’aura pas été soldé. A.E.A. FaroukBatiche/AFP MRE: un retour sur fond de crise ▲ ● LES FAITS Le coup d’envoi de l’opération Marhaba 2011 pour l’accueil des Marocains résidant à l’étranger, qui rentrent passer leurs vacances au Maroc, devait être donné ce dimanche 5 juin. A un moment où la communauté marocaine installée, surtout, en Europe est au plus mal. ● LE COMMENTAIRE C’est de nouveau le tapis rouge qui est déroulé pour une communauté qui compte quelque 3,5 millions d’âmes et qui, surtout, vaut son pesant d’or en termes de rentrées en devises. Mais la conjoncture aura été des plus difficile pour nos MRE au cours de cette année. Au chômage qui bat son plein en France et en Espagne, pays qui accueillent le gros de nos compatriotes, se sont greffées les crises que connaissent des pays comme la Libye, ayant entraîné le départ précipité de dizaines de milliers de MRE. Autant dire qu’il ne faut pas s’attendre aux chiffres records de transferts auxquels nous sommes habitués et qu’il vaudrait mieux s’intéresser d’abord aux véritables drames que vivent bien des familles sur leur lieu de résidence. L’Etat fait le nécessaire pour les uns, notamment pour ce qui a trait au rapatriement. Mais qu’en est-il de ceux qui sont obligés de vendre tout ce qu’ils possèdent pour survivre? ● ET DEMAIN Une fois n’est pas coutume, nos MRE ont plus besoin de nous que jamais. Encore faut-il que nos autorités soient à la hauteur du désarroi que vivent nos concitoyens dans bien des contrées. T.Q. actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 DR Actualités16 actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011 Calmer les esprits et désamorcer toute tentative de grève. C'est le message clé livré par le groupement des banquiers et l'Union syndicale interbancaire affi- liée à l'UMT le 1er juin lors de la signa- ture de la convention collective qui prévoit notamment une augmenta- tion de salaire de 750 DH, un taux du crédit immobilier à 3,5%, une hausse de 20 DH de la prime de panier et la régionalisation des œuvres sociales. ■ USIB/ GPBM Le big love La ministre de la Santé veut mettre fin à la polémique concer- nant les propos qu'elle aurait tenus aux médecins, disant en substance: «De toutes les manières, je n'ai plus qu'un mois ou deux au gouvernement.» Yasmina Baddou a accordé une inter- view au site goud.ma où elle s'est expliquée. «Tout cela n'est que pur mensonge. Je n'ai fait que répondre au ‘‘Baddou dégage’’ en disant que l'on va tous dégager dans la mesure où des élections anticipées seront organisées.» ■ PolémiqueBaddou s’explique Contrôle d’hygiène On «chôme!» «On chôme! Nous ne faisons même plus ce que nous devrions faire. Le contrôle d’hygiène est le dernier de nos soucis.» C’est en ces termes que Mohammed Lasri, chef de la Division des affaires éco- nomiques et de la coordi- nation (DAEC) au sein de la préfecture des arrondisse- ments de Casablanca-Anfa, s’est exprimé récemment quant à la périodicité des tournées de contrôle d’hy- giène. Cela a au moins le mérite d’être clair. Istiqlal La famille, toujours Abbas El Fassi étant souf- frant depuis quelques an- nées, l’Istiqlal songe d’ores et déjà à son remplacement à la tête du parti. Sauf que les dirigeants du parti qui a remporté les élections en 2009 n’ont pas cherché bien loin. C’est désormais Abdelouahed El Fassi, fils du secrétaire général sortant, qui est pressenti pour prendre les commandes...à l’âge de (presque) soixante ans. Vous avez dit rajeunisse- ment? ■ Othman Benjelloun, PDG de BMCE. ● Rabat a un nouveau directeur régional de la DGST. Le numéro deux de la maison hérite ainsi de tous les dossiers politiques épineux de la capitale. ● L'Inspection générale des finances aurait dépêché ses limiers dans plusieurs administrations pour auditer les contrats passés avec le bureau d'études américain McKinsey. ● A la suite de nombreuses plaintes de citoyens, Charki Draïss a dépêché une commission à Tanger pour enquêter sur l’explosion de la débauche et de la consommation de drogues dans les boîtes de nuit. ● Le Maroc est devenu le second fournisseur en textile (avec des commandes de 350 millions d’euros en 2010)–après la Chine–de l’Espagnol Inditex, propriétaire de neuf grandes enseignes dans le monde, dont Zara et Massimo Dutti. ● La secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Latifa Akharbache est pressentie pour remplacer Faïçal Laraïchi à la tête de la SNRT. ● Hicham Dlimi, neveu du célèbre général dont il avait révélé les circonstances de la mort dans actuel, adhère au PAM. ● C'est à Yassine Mansouri qu'a été confiée la tâche de faire toute la lumière sur les sombres événements de la prison de Zaki où les islamistes s'étaient mutinés avant de prendre en otage des gardiens. ■ BrahimTaougar/actuel SLe regard de Mouhim Les bruits du village Impôts Douiri,le retour On le croyait occupé à faire fructifier ses mul- tiples affaires, mais Adil Douiri, ancien ministre du Tourisme a toujours des choses à dire. C’était le cas sa- medi 30 mai, lors d’une réunion de l’Alliance des économistes isti- qlaliens. Une rencontre où il a affirmé que les inspections fiscales dont certaines entre- prises faisaient l’objet, obéissaient d’abord à un agenda politique. C’était en allusion à son «ami» Karim Tazi, qui a eu droit à une révision à cause, notamment, de son soutien au Mouvement du 20 février. ■ Dernière heure 17 [ LU DANS LA PRESSE ARABOPHONE ]RAM Ya-t-ilunpilote dansl’avion? La situation de RAM, qui perdrait 20 millions de dirhams par semaine, ne cesse de se détériorer. Une conjoncture qui s’ajoute aux dysfonctionnements qui agitent périodiquement la vie de la compagnie: retards structurels, personnel désa- busé, clientèle désorientée... Beaucoup s’interrogent sur l’autisme récurrent ma- nifesté par son président qui évoque volontiers des motifs exogènes (hausse du cours du pétrole, printemps arabe...) pour s’affranchir des responsabilités du manage- ment de la compagnie. Pour les solutions, l’Etat - comme les passagers- semble devoir attendre.■ CasablancaMarina SamaDubaïfidèle M’Hamed El Merini, directeur général d’El Manar, filiale du groupe CGI, rassure: «Sama Dubaï est toujours engagée et compte mener à bien le projet Casablanca Marina avec nous.» Cette déclaration met un terme aux rumeurs qui ont fusé sur son éventuel aban- don du projet. On verra. ■ Salaires Leprixdesaug- mentations Le HCP vient de dévoiler une simulation de l’impact de l’augmentation des salaires du personnel de l’adminis- tration publique ainsi que du SMIG et du SMAG dans le secteur privé. Les conclu- sions sont surprenantes. Les revenus des ménages s’ac- croîtraient progressivement pour atteindre +6% en 2015. La consommation, de son côté, augmenterait de 1,86% la même année. Cependant, les prix connaîtraient une hausse de 3,97% et la crois- sance du PIB connaîtrait un manque à gagner de 0,97%. Plus effarant, l’investisse- ment connaîtrait un repli de -3,07% en 2015 accompagné d’une perte continue d’em- plois allant de 15940 en 2013 à 96890 en 2015. ■ Bourse Accentpréparele grandsaut Accent, première marque marocaine de matériel informatique, prévoit de s'introduire en Bourse en 2012. Actuellement, la PME travaille sur deux projets phares en partenariat avec Maroc Telecom, à savoir, Infitah et Injaz, qui représen- tent un marché cumulé de 82 millions de dirhams. Safi Mortd’un vingtfévrieriste Un activiste du Mouve- ment du 20-février à Safi a rendu l’âme jeudi 2 juin. Ses proches et les membres du mouvement disent que son décès est dû à des blessures. Tabassé le dimanche 29 mai par les forces de l’ordre lors d’une manifestation, Kamal El Amarai, 30 ans, aurait préféré se cacher chez lui depuis, de peur d’être arrêté. Les autorités locales de Safi l'ont démenti. Pour elles, nous informe la MAP, cette mort est due plutôt à «un ar- rêt cardiorespiratoire secon- daire à une pneumopathie». Une enquête est ouverte. Jeudi, la tension atteignait son paroxysme à Safi. La société d’investissement Mutandis, initiée et dirigée par l’ancien ministre du Tou- risme, Adil Douiri, poursuit son offensive sur le secteur de la pêche hauturière au pas de charge. Mutandis vient ainsi d’acquérir 5 bateaux de pêche pour la coquette somme de 20 milliards de centimes. Il s’agit pour ce fonds d’investissement de mettre à la disposition des détenteurs de licence de pêche (essentiellement des notables du Sahara) des navires qui battent pavillon marocain. En effet, depuis l’arrivée de Aziz Akhanouch à la tête du département de la Pêche, tous les détenteurs de licence de pêche doivent dé- sormais utiliser des bateaux qui battent pavillon marocain pour pouvoir utiliser cette dérogation. Très pragmatique, la société d’investissement de Diouri s’est spécialisée dans l’acquisition d’entreprises qui ont besoin d’être redressées. Avec un capital de départ de 777 MDH, Adil Douiri aura ainsi boosté un fonds d’inves- tissement opérant dans tous les secteurs à fort potentiel de croissance. ■ DR Al Michaâl La bonne pêche de Mutandis Al Ahdat Al Maghribia Hooligans «Le peuple exige la chute de la fédération de foot- ball.» C’est ainsi que les supporters de l’équipe nationale ont exprimé leur colère devant les guichets fermés pour manque de billets. Des individus peu scrupuleux auraient acheté des billets à 150 dirhams l’unité qu’ils revendent au marché noir à 1000di- rhams! ■ Al Massae Fassi vs les walis Le journal de l’Istiqlal a exigé le contrôle de la gestion des provinces et des wilayas. Al Alam, par la voix de son rédacteur en chef, a ainsi appelé la Cour des comptes a s’intéres- ser de près aux finances des préfectures: «Il est inconcevable que cette insti- tution, qui audite toutes les administrations et les en- treprises publiques du pays, laisse de côté les provinces et les wilayas.» ■ Al Ittihad Al Ichtiraki Détournements La grande majorité des conseillers de la commune de Sid Laïdi (province de Settat) ont adressé une plainte, accusant le prési- dent de «détournement». Il s’agit de sommes dérisoires de l’ordre de 3000 dirhams, ponctionnés sur un mon- tant de 30000 dirhams dédiés aux célébrations de la fête du trône, ou encore 6480 dirhams affectés aux déplacements du président, alors que ce dernier n’en a effectué aucun. ■ actuel / Semaine du 4 au 10 juin 2011
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