actuel37 - Page 1 - actuelN° 37 - du 6 au 12 mars 2010 - 15 DH- 3 € maroc Sommet de Grenade Les vérités de l’ambassadeur de l’UE Khalid Cheddadi LaCIMRparie surlae-retraite Lechef quiréveille lacuisine Abdel Alaoui Unesecte àlamarocaine? Boutchichia D es représentants syndicaux ont décidé jeudi matin d’occuper le siège de leur entreprise pour réclamer la reprise des négociations sur les salaires qui s’étaientsoldéesparunéchecfinfévrier. Des salariés menacent de faire exploser des bon- bonnes de gaz qu’ils ont réparties sur les toits de leur usine pour dénoncer la délocalisation de leur production dans un pays des Balkans, et tenter d’obtenir le maintien de la production dans leur usine. Nous ne sommes pas au Maroc. Pas encore. Mais en France, où il ne se passe guère de semaine sans que les tensions sociales, alimentées par les dégâts de la crise économique et les effets de la mondialisation, ne se radicalisent. Et conduisent les salariés à des actions parfois désespérées. Au cœur d’un paysquisetarguedelaqualité de ses relations sociales, et d’une forte tradition syndi- cale, la multiplication de ces coups de force traduit à tout le moins un profond malaise quand – à crise économique et sociale amplement partagée – d’autres nations européennes trouvent les voies d’une négociation plus apaisée. Entre radicalité française et tensions classiques à l’échelle européenne, le dialogue social de notre pays semble relever d’une certaine inertie. Non pas que l’expression de mécontentement des salariés, du privé comme du public, ne se manifeste pas parfois de façon véhémente, assortie de manifestations de rue ou de mou- vements de grève spectaculaires, mais force est de constater que cette expression-là est le plus souvent étouffée dans l’œuf. Autrement dit, qu’elle laisse les partenaires camper sur leurs positions, parfois des mois durant, sans qu’aucun accord ne vienne sceller le fruit de négociations intelligemment partagées. Au risque d’entretenir un ressentiment de nature à enflammer les relations sociales à la moindre occasion. On se surprend parfois, au fil de déplacements sur les routes du Royaume, à découvrir la présence d’importants piquets de grève à l’entrée ici, d’une usine de produits textile, là, d’une entreprise de produits alimentaires. Si la surprise est grande, c’est que ces conflits demeurent le plus souvent ignorés de tous, y compris des médias. Alors qu’une grève des pilotes de ligne de la RAM est immédiatement relayée parce qu’elle entrave le bon fonctionnement des liaisons aériennes, qui se soucie de ces ouvrières du textile ou de ces petites mains de l’industrie qui parfois n’existent même pas sur le registre des effectifs, et encore moins sur ceux de la CNSS ? Le «dialogue social» affiché à l’envi par les pouvoirs publics, comme par un grand nombre d’entreprises, est à considérer pour ce qu’il est : indigent. Nos «spécificités» sociales, cultu- relles, politiques, historiques, ont bon dos! Les revendiquer n’exonèreenrienlespartenaires –gouvernement, organisations patronales, syndicats–, tous sans exception, de la pressante obligation qui est la leur de faire vivre réellement la dimension sociale de l’entreprise. Il ne s’agit plus, pour des dirigeants syndicaux peu rigoureux, de «vendre» la paix sociale. En- core moins pour les pouvoirs publics d’assurer quelques subsides en contrepartie du retrait de toute revendication. De la représentativité des organisations syndicales aux accords de branche, des négociations annuelles sur les salaires aux conditions de travail, du respect du code du travail à la réflexion sur une nouvelle pratique des relations sociales: les chantiers sont suffisamment nombreux pour mobiliser les forces sociales autour d’une table. Et tenter de redonner vie à un dialogue social aujourd’hui en singulière déshérence. ■ 3Édito actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 Déshérencesociale e déshérence. ■ actuel Le« dialogue social»affiché par les pouvoirs publics est à considérer pour ce qu’il est: indigent. SDirecteur général & Editeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la Rédaction: Eric Le Braz Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 Fax. 05 22 95 18 14 REDACTION Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Chefs de service: POLITIQUE/INTERNATIONAL : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab CULTURE : Bahaâ Trabelsi Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Khadija El Hassani, Sabel Da Costa, Dina Alami (Tendances) Correspondants: Sofia Amara (Beyrouth), Cyril Bonnel (Paris), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Alx, Inès Asensi, Malika Guillemain- Loudifa, Meriama Moutik, Mohamed Madani, Othmane Lazim. ÉDITION Rédacteur en chef technique : Driss Douad Directrice artistique: Fadoua Damiri Secrétaire de rédaction : D.D. Maquettiste : Youssef El Moutassaddik Iconographe : Mehdi Mariouch Révision: Laila Lebbar Conception graphique: Studio Baylaucq & Co PUBLICITE: Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Chefs de publicité: FatimaZohra El Hajji f.elhajji@actuel.ma Imane El Haddad i.elhaddad@actuel.ma IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20 000 ex actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 10 millions DH. Directeur général : Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi. 155 Boulevard d’Anfa, 20050 Casablanca, Maroc Tel : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : en cours Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 4 N°37 - DU 6 AU 12 MARS 2010 Boutchichia: secte or not secte ? Sothema en effervescence Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR CCDH: au rapport ! e : 05 22 95 18 14 gal : en cours presse : 19/09 Daoudi a secoué Dakhla 12 24 28 38 74 SActualités 06 DÉCRYPTAGE 08 LA SEMAINE EN IMAGE 10 ACTU POLITIQUE SDossier 12 ZAOUIAS | Boutchichis, les francs-maçons du Maroc SÉconomie 24 SOCIAL | Conflits sociaux: ça chauffe dans le privé 28 PORTRAIT | Khalid Cheddadi, la CIMR, parie sur la e-retraite 32 BOURSE | Le marché réagit aux résultats 2009 SPolitique 34 POLITIQUE | Le Makhzen reprend les choses en main 38 ACTUALITÉS | Droits de l’Homme, le FMVJ accuse le CCDH 40 ACTUALITÉS | Guerre des bars, l’Istiqlal derrière Chabat SSociété 42 NOSTALGIE | Cyclisme, les gloires oubliées de la «petite reine» 46 DÉVELOPPEMENT | Environnement, des débats et un bilan mitigé SMonde 50 SOMMET DE GRENADE | Eneko Landaburu:«Le Maroc va bénéficier d’un marché de 500 millions de citoyens » 52 CHRONIQUES DES DEUX RIVES 54 ARRÊT SUR IMAGE SCulture 58 FESTIVAL | Dakhla dirla dada 60 CONCERT | À bord de l’Orient Music Express 62 PEINTURE | Melting art à toutes les étapes 64 ABDEL ALAOUI | Le chef qui réveille la cuisine 68 SORTIR | Pianissimo et honneur aux dames STendances 70 VOYAGE | Saint-Barth, l’île des milliardaires 72 AUTOMOBILE | Mini Cooper: elle a aussi tout d’une grande! 74 DÉCO | Sofitel-Rabat, Jardin des roses 78 7 PÉCHÉS | Sofia Essaidi: «Je pardonne mais je n’oublie jamais» 80 PEOPLE | Le pire et le meilleur de Jean-Claude Cintas 82 LES CHOIX DE... Youssou N’Dour Un Jardin des roses extraordinaire 58 Actualités6 Algérie : guerre des services mortelle ● LES FAITS Le 25 février, le patron de la Sûreté nationale algérienne, Ali Tounsi, a été assassiné dans son bureau par un colonel de l’armée de l’air affecté à la Direction de la sûreté. ● LE COMMENTAIRE Le colonel Choaïb Oultache, responsable de l’unité des hélicoptères a été convoqué ce jour-là par Tounsi pour être entendu dans le cadre d’enquêtes internes à la suite d’une affaire de corruption liée à l’acquisition de matériel de transmission pour les hélicoptères. Selon des sources algériennes, l’assassinat de Tounsi entre dans le cadre de règlements de comptes au sein de l’establishment sécuritaire. Ces dernières semaines, la presse s’est fait l’écho des conflits entre Ali Tounsi et le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni. Les postes clés de la sécurité et des services sont détenus jusqu’à présent par les anciens du MALG (ministère de l’Armement et des Liaisons générales), un organe créé en 1958 au Maroc composé essentiellement « d’Algériens du Maroc ». Selon le journaliste algérien Saad Lounes : «Depuis l’intronisation de Bouteflika en 1999, ces hommes ont monopolisé tous les pouvoirs avec Zerhouni, Ould Kablia et Tounsi. La gestion de la présidence de la République revient à Mohamed Guendil, directeur de Cabinet, et Hassan Bendjelti dit Abderrezak Tétouani, responsable de la sécurité.» ● ET DEMAIN La guerre de succession de Bouteflika n’est pas étrangère à cette affaire. Ce qui présage un regain de tension avec de nouveaux règlements de comptes à la clé. M. M. ● LES FAITS Selon un récent rapport parlementaire espagnol, 30 000 marocaines travailleraient en tant que prostituées en Espagne. Réparties dans des clubs et autres « maisons » dédiés à travers tout le pays, elles appartiennent à des réseaux mafieux auxquels chacune doit payer 3 000 euros en guise de ticket d’entrée en Espagne. ● LE COMMENTAIRE Rapportées au nombre de 360000 prostituées que compte ce pays, les Marocaines représentent près de 8%, loin derrière les Colombiennes et les Roumaines. C’est une véritable armée de prostituées marocaines qui sont livrées à elles-mêmes et contrôlées par des réseaux qui brassent chaque année quelque 18 milliards d’euros. Le plus étonnant, c’est que ces Marocaines sont dédiées à une cible particulière, celle des clients venant des pays du Golfe. Un Golfe où il ne se passe plus un jour sans qu’un scandale - où les Marocaines sont pointées du doigt - n’éclate. Dans l’indifférence presque totale de nos autorités qui se contentent sporadiquement de bloquer certaines suspectes à l’aéroport. Le débat, lui, ne fait que commencer, au sein notamment du Conseil des Marocains résidant à l’étranger. Sans qu’aucune mesure ne soit pour l’heure adoptée. ● ET DEMAIN Au vu du nombre croissant de prostituées marocaines à l’étranger, et des enjeux en devises qui vont avec, et sans mesure concrète contre cette forme d’esclavagisme, la tendance ne pourra qu’aller crescendo. T. Q. ▲ 30 000 prostituées marocaines en Espagne DR AicPress Presse-justice Dialogue frontal ▲ ● LES FAITS Huit magistrats se sont rendus à Paris le 28 février pour une visite de travail d’une semaine. Les juges qui auront à plancher sur l’expérience française en matière de délits de presse ont effectué un passage obligé par la 17e Chambre spécialisée dans ces délits qui relèvent directement du Tribunal de grande instance. ● LE COMMENTAIRE Magistrats et journalistes marocains, en confrontation de fait, en raison d’un dispositif juridique particulièrement répressif sanctionnant les délits de presse, se regardent désormais en chiens de faïence. La relation presse-justice, dans le Royaume, passe pour être une des plus conflictuelles au monde. Le pire, c’est qu’il est souvent fait application des dispositions du Code pénal bien qu’il existe un Code de la presse relativement compliqué. Alors que les journalistes poursuivis ne cessent d’accumuler procès et condamnations pour offenses diverses, les interventions des juges, qui ont eu la main lourde, paraissent émaner d’instructions politiques. ● ET DEMAIN La démarche de Naciri, dont fait partie la visite de travail des juges à Paris, se veut avant tout symbolique et pédagogique. Elle vise à tracer une déontologie et un droit de la presse adaptés à l’évolution des idées et des techniques, et aux besoins de l’époque, dans le respect de la protection des droits des victimes et de l’ordre public. Sans oublier le principe cardinal de la liberté d’expression. A. E. A. AICpress ▲ actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 7Actualités / DÉCRYPTAGE ● LES FAITS La campagne de promotion du fonds Renovotel 2010, doté de 500 millions de dirhams et dédié à la rénovation des hôtels, bat son plein. ● LE COMMENTAIRE Après Marrakech et Casablanca, la caravane de promotion du Renovotel 2010 continue son périple à Tanger. Objectif : convaincre les hôteliers de souscrire au fonds pour rénover leurs établissements. Déjà en 2003, une initiative similaire avait été lancée avec une enveloppe de 300 millions de dirhams. Le fonds est géré par la Caisse centrale de garantie pour accompagner les hôteliers désireux de mettre à niveau à la fois leurs établissements et leurs prestations. Toutefois, cette initiative n’a pas atteint ses objectifs, les hôteliers n’ayant pas répondu à l’appel. Et pour cause, le taux d’intérêt a été jugé trop élevé et les procédures trop complexes. Avec le fonds Renovotel 2010, le gouvernement tente de rectifier le tir pour atténuer les effets de la crise. Avec un taux d’intérêt de 2% , la part de Renovotel est plafonnée à 20 millions de dirhams par établissement, pour une durée de remboursement allant jusqu’à 12 ans, avec 2 ans de différé. Sont éligibles, tous les hôtels classés de 1 à 5 étoiles ainsi que les hôtels clubs et résidences hôtelières. ● ET DEMAIN La CCG gère le fonds Renovotel mais l’hôtelier a un seul interlocuteur qui gère l’ensemble de la relation: son banquier. Reste à savoir si les établissements financiers sont suffisamment motivés pour promouvoir le produit auprès des opérateurs. M. K. ▲ Campagne de rénovation des hôtels DR ▲ Zimbabwe Mugabe récidive ● LES FAITS Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a présenté une loi qui oblige les entreprises étrangères à transférer 51% de leur capital à des locaux. ● LE COMMENTAIRE Après la loi agraire voici dix ans - avec le départ précipité de plus de 4000 fermiers blancs - qui a conduit l’agriculture locale à une situation de quasi-pénurie et entraîné de graves dysfonctionnements alimentaires, voici un nouveau volet politique de l’«indigénisation» initiée par Mugabe. Politique destinée à « lutter contre les vautours néo-impérialistes qui veulent notre or, notre platine, nos diamants, notre uranium et notre terre ». Le fastueux anniversaire public de Mugabe, 86 ans, tranche avec les difficultés budgétaires de l’État, qui n’arrive pas à payer ses fonctionnaires, en grève depuis trois semaines. La coalition contrainte avec son principal rival, aujourd’hui Premier ministre, Morgan Tsvangirai, a permis de stabiliser les prix, de faire revenir les donateurs internationaux et de renouer avec la croissance. Mais le tandem fonctionne sous tension. Morgan Tsvangirai a accusé le camp présidentiel d’avoir publié le décret d’application sans respecter les procédures. ● ET DEMAIN La fragilité du pacte rend encore frileux les investisseurs étrangers et empêche un réel redémarrage économique. Une grande partie de la population est au chômage et, selon l’ONU, 15% des Zimbabwéens auront encore besoin d’une aide alimentaire. Y. B. DR Les salaires de la police revalorisés ▲ ● LES FAITS La tant attendue revalorisation des salaires dans les différents grades de la police est désormais effective. Ainsi en a décidé le souverain par un dahir portant sur la Direction générale de la sûreté nationale et le nouveau statut du personnel de la sûreté nationale. ● LE COMMENTAIRE Concrètement, il s’agit d’augmentations allant de 44% à 100% des éléments de la DGSN. Ainsi, de 2 966 dirhams, le salaire des gardiens de la paix passe à 4000 dirhams. Les inspecteurs de police verront leurs salaires augmenter de 1256 dirhams pour passer à 4500 dirhams. Les commissaires, dont le revenu mensuel actuel ne dépasse pas 8500 dirhams, franchiront le palier de 15500. Idem pour les préfets de police, dont le nouveau salaire sera de 33 000 dirhams, contre 16 970 aujourd’hui. De plus, le nouveau statut accorde aux éléments de la police le droit de se constituer en association. A cela s’ajoute la création d’une fondation MohammedVI pour les œuvres sociales destinées aux forces de police et à leurs familles. ● ET DEMAIN Après les enseignants et le corps médical, la revalorisation des salaires des policiers vient compléter le tableau des secteurs sociaux les plus importants dans un pays, où la corruption fait office de système parallèle. Reste à espérer que cette dernière soit désormais réellement combattue au regard de l’effort réalisé. T. Q. AicPress actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 Actualités8 Présent au Maroc dans le cadre de l’Orient Music Express, le chan- teur Marwan Khoury a procédé jeudi à une visite du pavillon d’hématologie et d’oncologie des enfants de l’hôpital 20 Août de Casablanca. Les enfants ont particulièrement apprécié! ■ Le quartier Gauthier à Casablanca vient de voir disparaître une autre de ses maisons, qui sera bientôt remplacée, sans nul doute, par un immeuble « haut standing ». Et après toutes ces démoli- tions, à qui le tour ? ■ 5 200 personnes ont accepté de poser nues, enlacées les unes aux autrespourlephotographeSpencerTunick.Spécialisédanslenude, l’artiste new-yorkais a en quelque sorte ouvert le défilé « gays et lesbiennes » prévu le 6 mars. ■ Marwan Khoury En faveur des enfants malades Bulldozer contre maison: 1-0 Lesdémolitionsgagnentduterrain Photo de groupe Sidney se met à nu S Paris Hilton censurée Une publicité pour la bière mettant en scène la blondissime héritière s’est vue interdite par la commission char- gée de la régulation de la publicité. Motif ? Les poses de la jeune femme ont été jugées trop «suggestives». Avec Paris, fallait s’y attendre ! ■ VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 Leténoritalienvientd’inaugurer,enprésencedesafemme,l’étoile portant son nom sur le Hollywood Walk of Fame en Californie. Il y figurera désormais aux côtés de John Lennon, Michael Jackson, Beyoncé et bien d’autres encore. Une récompense méritée ! ■ Andrea Bocelli Une star parmi les stars SNaomi la hooligan La top model s’est de nouveau ren- due coupable de violences phy- siques à l’encontre de l’un de ses employés, avant de prendre la fuite. Un avis de recherche a d’ores et déjà été lancé par les forces de police. Incorrigible ! ■ B.Taougar/actuel AFPGabrielBouys/AFP B.Taougar/actuel DR DR 9Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES D’origine serbe, Veselin Vlahovic serait impliqué dans l’assassinat d’une centaine de personnes durant la guerre ethnique de 1992. Son arrestation lundi par la police espagnole est le résultat d’une enquête sur un groupe de cambrioleurs dont il faisait parti. ■ Dans la soirée de samedi 27 février, un incendie s’est déclaré dans une usine de fabrication de matelas à Meknès, ravageant trois entrepôts mais ne faisant heureusement aucune victime. ■ Espagne Un criminel de guerre de plus Plus de peur que de mal Meknès : la série noire continue ? S Mylène Farmer chute de haut La chanteuse défraie la chronique en ce moment après trois chutes successives sur les marches de l’Elysée. Conviée au dîner donné en l’honneur de Dimitri Medvedev, elle a trébuché à plusieurs reprises avant d’être rattrapée par l’un des vigiles. Les ta- lons sans doute… ■ actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 S Chiche ! Un réalisateur indien a défié le pu- blic de regarder son film d’horreur sans avoir peur. Le pouls et les cli- gnements des yeux des spectateurs seront contrôlés durant les séances pour s’assurer de leur honnêteté. Enjeu du pari: 8 000 euros ! ■ L’ex-Premier ministre ukrainienne s’est adressée mercredi au Par- lement qui venait de voter une motion de censure à l’encontre de son gouvernement. Une décision qui la contraint à céder la place à son rival, Viktor Yanukovych, gagnant des élections. ■ Yulia Tymoshenko La fin d’une blonde… SergeiSupinsk Ça y est, le staff de Maroc Cultures a annoncé le programme. Entre Al Jarreau le premier soir et Sting en clôture, ce ne sont pas moins de 100 spectacles qui vont faire vibrer Rabat durant le prochain festival de Mawazine. ■ Vivement mai Mawazine en force B.Taougar/actuelMAP DR DR AFP Actualités / POLITIQUE10 actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 ne fois n’est pas coutume, c’est un rapport particulièrement laudatif que les Américains ont fourni sur «les avancées réalisées au Maroc en matière de lutte contre le trafic de drogue». Dans sa der- nière mouture sur la stratégie de lutte contre les drogues dans le monde, ren- due publique lundi 1er mars à Washing- ton, le département d’État note que ces résultats probants n’auraient pas été possibles sans la politique adoptée par le gouvernement marocain qui «conju- gue à la fois le renforcement des lois en vigueur et l’éradication des cultures de cannabis par la réduction de la demande». Les Américains soulignent en outre que la stratégie antidrogue se trouve renforcée par une approche plus large de développement économique avec, à la clé, des cultures de subs- titution qui ont porté leurs fruits. Résultat, le DrogueLesatisfecitdeWashington es services de sécurité ont démantelé il y a quelques jours un réseau terroriste, composé de six per- sonnes, actif dans plusieurs villes et qui projetait de commettre des actes terroristes», a annoncé la DGSN. Les membres de ce réseau seront déférés par la BNPJ devant le parquet général de Rabat qui devrait les transfé- rer rapidement devant le juge antiterroriste, Abdelkader Chentouf. Depuis plusieurs jours des sources concordantes avaient fait état d’arrestations dans différentes villes, no- tamment à Larache où M. K., un marin pêcheur, a été ar- rêté le 18 février dernier par des hommes en civil appar- tenant à la DGST, selon la section de l’AMDH à Larache. ■ Sécurité Démantèlement d’un réseau terroriste SHiwar: Chabat toujours à la une La fameuse boutade de Chabat «J’en viens à confondre la MAP avec le PAM» (interview dans actuel n°36) a marqué les débats de l’émission télévisée hebdomadaire «Hiwar», animée par le journaliste Mustapha Alaoui sur la RTM et dont l’invité vedette était Abdellah El Bekkali, secrétaire général de la Jeunesse istiqlalienne. En réponse à Mustapha Alaoui qui lui demandait si l’Istiqlal assumait bien ces propos, le rédacteur en chef du quotidien Al Alam ne s’est pas privé de rappeler que son journal avait dénoncé, à maintes reprises, la partialité de l’agence dans le traitement de l’information concernant les activités des partis politiques, citant au passage «une couverture biaisée de la fameuse session ordinaire de la mairie de Fès». ■ U rapport conclut que le Royaume qui entend réduire significativement le niveau actuel de la culture de cannabis – estimé à 50000 hectares– pour le ramener à 12000 hectares d’ici 2012, est déjà bien parti pour faire recu- ler cette culture de 91%. ■ Les bruits du village ● Des officiers cadets de l’armée américaine séjourneront au Maroc, à Marrakech du 15 mars au 15 septembre, pour un stage. L’armée de l’oncle Sam cherche à offrir à ses troupes une initiation aux mœurs et coutumes arabo-musulmanes. Pas sûr que Marrakech by night les prépare à Bagdad ou Kandahar. ● Mal positionné, Mustapha Mansouri n’a pas l’intention de briguer un second mandat à la présidence du Parlement. Depuis l’arrivée de Mezouar à la tête du RNI, c’est Rachid Talbi Alami, président de la région de Tétouan-Tanger qui bénéficie du soutien du parti. ● Abdelhadi Alami ambitionne de créer un groupe de média qui englobera, outre Maghrib Al Youm, Le Temps et un nouveau quotidien arabophone, Al Khabar. Mediaten compte investir également dans une imprimerie, une radio et des activités événementielles. Sacré programme ! ● Mohamed El Gahs pourrait bien reprendre la direction du théâtre national Mohammed V de Rabat. Bensalem Himmich attend le feu vert de la hiérarchie socialiste, qui reste partagée sur la question, El Gahs ayant gelé son adhésion à l’USFP. ● La Cour d’appel de Salé a reporté au 9 mars, l’examen du dossier concernant le détournement de 1500 tonnes de fuel de la Samir destinés à la centrale thermique de l’ONE située à Kénitra. PhilippeHuguen/AFP L es bureaux politiques du Rassemblement natio- nal des indépendants (RNI) et de l’Union consti- tutionnelle (UC) ont annoncé le 2 mars à Rabat la création d’une commission mixte pour unir leurs actions politiques dans l’objectif des échéances de 2012. Se- lon des sources internes au sein des deux partis, le RNI et l’UC envisageaient sérieusement de créer un groupe par- lementaire uni, mais cette décision a été ajournée vu que le RNI participe au gouvernement et que l’UC est dans l’op- position. Selon un membre du bureau politique de l’UC: «En réalité, ce rapprochement vise à coordonner les efforts des deux partis afin de préparer les futures alliances au sein du pôle libéral dans la perspective des élections de 2012.» ■ RNI-UC Mariage suspendu? L Dossier12 Boutchichis AICPRESS Lesfrancs-maçons 13 SCulte de la personnalité, comportements sectaires, adhésion intéressée des membres qui veulent se rapprocher du pouvoir, influence politique… la boutchichia développe un mode de fonctionnement proche des francs-maçons. L’islam en plus. Dossier / ZAOUIAS A ujourd’huietplusquejamais dansleMaroccontemporain, les confréries soufies ont le vent en poupe. Bénéficiant d’un soutien tant politique que financier de l’État, les zaouïas fleurissent, se ré- novent, développent des antennes par- tout au Maroc… et même à l’étranger. On ne compte pas moins d’une centaine de zaouïas au pays. Preuve de leur force, le succès chaque année plus spectaculaire de cérémonies comme la célébration du Aïd Al Mawlid à Madagh, haut lieu de la zaouïa boutchichia kadiria. Plus de 60000 per- sonnes ont participé à ce rassemblement organisé en grande pompe le 27 février et précédé par une rencontre mondiale sur le soufisme. Derrière cette aura spirituelle se dissimule tant bien que mal un positionnement po- litique. Celui d’un Maroc qui joue la carte de l’islam tolérant, avec le soufisme pour élément fondamental de son identité re- ligieuse (au même titre que le rite malé- kite et la doctrine achaarite). Un Maroc qui voit émerger des confréries avec de véritables armées d’adeptes et dont l’in- fluence, tant sur les esprits que sur la société, s’élargit à vue d’œil. Et les bout- chichis en sont la preuve. Moyen privilégié pour contrer le radica- lisme, le soufisme devient le label d’une offre religieuse alternative, apolitique et apaisée. Mais dans quelle mesure cette offre est-elle valable, généralisable, ce courant étant par définition élitiste, et certaines de ses manifestations (culte de la person- nalité du cheikh notamment) jurant avec la rigueur monothéiste de la religion mu- sulmane? Penseurs soufis comme Faouzi Skali et islamologues de la veine de Youssef Blal tendent à distinguer entre le soufisme philosophique, puritain et élitiste, et les pratiques populaires et «folkloriques» de certaines zaouïas. Mais l’écart séparant l’élé- vation spirituelle et le sectarisme n’est pas si évident. À telle enseigne que nombre de voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer une aliénation spirituelle (le cas de l’imam et député PRV Abdelbari Zemzemi) quand elles ne crient pas à un complot instru- mentalisant la valeur «anesthésiante» du soufisme à des fins politiques. Là-dessus, tant les laïcistes comme Ahmed Assid que les hauts gradés de l’opposition islamiste (Al Adl Wal Ihssane qui revendique son référentiel soufi) sont d’accord. Passé le quart d’heure de gloire, le temps est aux interrogations sur cette véritable franc- maçonnerie islamique… Tarik Qattab MADAGH. Chaque année, la fête du Mawlid est l’occasion d’un grand rassemblement à Madagh, près de Berkane, autour du cheikh Hamza, ici en 2008. actuel / Semaine du 6 au 12 mars 2010 s duMaroc
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