actuel 57 - Page 1 - actuelN° 57 - du 24 au 30 juillet 2010 - 15 DH- 3 € maroc Congrès islamiste le PJD s’abrite Derrière le mUr Voyageurs aubordde lacrisedenerfs Royal Air Maroc KIF RAIDexclusIF unhôtel defolieà singapour unhôtel Visite guidée surle destructeur www.actuel.ma Q ueleschosessoientclaires.RAMne sauraitêtretenuepourresponsable des perturbations qui affectent de temps à autre la régularité de ses liaisons aériennes. Les mou- vements sociaux, plus ou moins gradués, chez des aiguilleurs du ciel inquiets du projet d’unification du dispo- sitif du contrôle aérien en Europe ont pu, il est vrai, engendrer des perturbations ayant affecté indifféremment l’ensemble des compagnies aériennes empruntant le ciel européen. Et singu- lièrement à Orly, haut lieu de l’action syndicale et desserte de RAM. Royal Air Maroc ne saurait toutefois s’exonérer de ses responsabilités quant aux dysfonctionnements répétés auxquels la compagnie se trouve confrontée depuis de trop longs mois. Qui fréquente les aéroports du Royaume, et notamment MohammedV à Casablanca, n’en finit plus de relater les déboires successifs –retards de vols, attentes in- supportables pour récupérer ses bagages, correspondances ratées, bagages égarés, services au comptoir ou en vol manquant de la plus élémentaire des courtoisies…– auxquels les passagers sont soumis (lire pages 36 à 38). Et ces déboires-là peuvent difficilement être mis sur le compte de quelques syndicalistes européens! LesturbulencesauxquelleslaRAMestaujourd’hui confrontée –qui alimentent tout à la fois le mécontentement d’une part grandissante de sa clientèle et un buzz rarement atteint sur le Net– témoignent de défaillances structurelles dont la compagnie peine à prendre conscience. Ce n’est pas faute d’être informée puisque l’en- semble des directeurs dispose d’un reporting quotidien pour tous les incidents enregistrés. L’accumulation des incidents observés, maintes fois réitérés sans que cela ne semble émouvoir quiconque au sein de l’échelle de responsabilité, pose clairement la question du management. Et, partant, des ressources humaines d’une compagnie qui manie l’art de l’esquive plus que celui du service. Mais faut-il s’en étonner quand on sait que ces ressources humaines ont été longtemps, et jusqu’à récemment, dirigées par… un ancien ingénieur textile, qui tenaient les quelque 7000 collaborateurs de la compagnie pour des «bras cassés»! De même, lorsqu’un directeur d’exploitation a passé l’essentiel de sa carrière au commercial, ou lorsque le personnel –de cabine ou de comptoir– n’est ni véri- tablement formé, ni encadré et encore moins sanctionné, il ne faut guère s’étonner de la qualité des prestations à l’endroit de la clientèle. Faute de régénérer ses com- pétences, de fidéliser les plus jeunes de ses cadres souvent enclins à répondre aux sirènes de compagnies étrangères plus motivantes, d’assurer la coordination de ses équipes, de rechercher la meilleure adéquation profil/poste, d’offrir de véritables plans de car- rière, de former ses personnels à une qualité de service de tous les instants –quelles que soient les circonstances–, RAM continuera à souffrir durablementdesesdysfonctionnementsinternes, de ses rapports claniques, de ses problèmes d’ego. Loin de cette indispensable cohésion qui fonde les succès commerciaux et renforce l’image d’une marque. Et à désespérer les plus fidèles de ses clients… ■ 3édito actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 Turbulences Les turbulences auxquelles RAM est confrontée témoignent de dysfonctionnements dont la compagnie peine à prendre conscience. l’image d’une marque. Et à désespérer les plus fidèles de ses clients… ■ actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 actuel SConseiller de la Rédaction : Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la Rédaction: Eric Le Braz Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 RéDACTION Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Chefs de service: politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably société : Tarik Qattab culture : Bahaâ Trabelsi Rédacteurs: Dina Alami (chef de rubrique), Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Sabel Da Costa, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebique (chef de rubrique), Meriama Moutik. Chroniqueur: Fouad Benseddik. Correspondants: Sofia Amara (Beyrouth), Cyril Bonnel (Paris), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Inès Asensi, Mohamed El Hamraoui, Mohamed Mouhim. éDITION Rédacteur en chef technique: Driss Douad Directrice artistique: Fadoua Damiri Secrétaires de rédaction: Keiko Catala, Fadwa Islah. Maquettiste: Youssef El Moutassaddik. Iconographe: Mehdi Mariouch. Révision: Laila Lebbar. Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. PUBLICITé Tel : 05 29 00 40 04/50 05 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Chefs de publicité: Fatim Ezzahra El Hajji f.elhajji@actuel.ma Nadia El Ouafi n.elouafi@actuel.ma Assistante commerciale: Hanane Ben Izza h.benizza@actuel.ma ADMINISTRATION Responsable administratif et financier: Younes Machhour IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 10 millions DH. Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi. 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Tel : 05 22 95 18 15 / 18 16 Télécopie : 05 22 95 18 14 Dépôt légal : 2010PE0042 Dossier presse : 19/09 actuel Sommaire écrivez-nouS à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 4 n°57 - du 24 au 30 juillet 2010 Rif: politique de la terre brûlée... Znagui déjà en 2020! Abdelmoula, le chouchou du PAM Overdose des passagers de la RAM 14 24 30 36 52 SActualités 06 la semaine en image 08 décryptage 12 brèves actu SDossier 14 drogue | Raid sur le Kif Séconomie 24 tourisme | Znagui met le cap sur la régionalisation 26 centre d’appels | Pourquoi la France s’attaque aux délocalisations 27 bourse | Actions, à vos portefeuilles! 29 bourse | MASI: retour vers les 11800 points SPolitique 30 partis | PAM, RNI, l’UC sans le MP, le quatuor vire au trio 32 partis | Congrès des islamistes: le MUR bétonne sa stratégie SSociété 36 aérien | RAM, ras-le-bol de ramer 40 internet | anarchie.ma! SMonde 44 arrêt sur image 48 afrique | «Il faut restaurer l’autorité de l’état» 49 asie | Kaboul: le risque de la main tendue SCulture 50 festival | Patchwork musical à Casa 52 musique | 24h avec Lee Fields 54 polémique | Amwaj Assafi, un festival qui fait des vagues 55 agenda STendances 56 tourisme | Fribourg, capitale mondiale de l’écologie 58 déco | Marina Bay Sand Singapour, la folie des grandeurs 62 déco | Montrez-vous 64 people | Amazigh Kateb «Il faut vivre les 7 péchés» 66 les choix de... Hicham Lasri, plein la tête Lee Fields, un rocker de diamant Actualités6 Gad El Maleh a conquis le public des 26e Francofolies de La Ro- chelle. à peine sur scène, il a improvisé au piano, puis aux percus- sions avant de «tester la connexion avec le public» en demandant de «faire clignoter les lumières» des appartements en face. n Franck Ribéry et Karim Benzema ont été mis en examen. à son arrivée le 20 juin au commissariat, Ribéry (avec son agent sur la photo) ne se doutait pas qu’il allait garder si longtemps le même t-shirt. Les footballeurs risquent jusqu’à 3 ans de prison ferme. n Dans le seul quartier Maârif à Casablanca, une école primaire (Anas Ibnu Malik, photo) et un collège (Ibn Tofaïl) sont en dé- molition. Objectif: redéployer le réseau des écoles étatiques afin d’éviter d’avoir des écoles bondées et d’autres vides. à voir. n Francofolies Gad bless you Affaire Zahia Une passe qui coûte cher écoles publiques Opération démolition sEnquêteur live Un journaliste allemand vient d’inventer l’enquête en direct. Ce rédacteur du site participatif ‹Neon.de› va rendre compte de son investigation sur le meurtre d’une chanteuse en Grèce... en temps réel. n vu sur lA toile actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 Ce café qui a pignon sur rue au quartier Agdal, à Rabat, a décidé d’appliquer la loi en interdisant à ses clients de fumer. Mal- gré l’arsenal légal, la cigarette et le narguilé continuent d’être consommés dans les lieux publics. n Défense de fumer Rabat montre l’exemple sLe faux Facebook de Woerth L’affaire Woerth inspire. Le site ‹slate.fr› a concocté un échange Facebook sarcastique entre les belligérants de l’affaire. à voir sur ‹www.slate.fr/story/24971/face- book-eric-woerth-bettencourt› n Xavierleoty/AFP Brahimtaougar/actuelBrahimtaougar/actuel BertrandGuay/AFP 7Actualités / lA semAine en imAGes Saâd Sefrioui, directeur de la société Ghassoul, a été nommé mardi, consul honoraire de Pologne par Joanna Wronecka, ambassadrice de Pologne (à g.). M. Sefrioui, 28 ans, connaît bien ce pays où il ex- porte du ghassoul dont raffolent, paraît-il, les blondes polonaises.n Les inondations en Chine ont fait plus d’un millier de morts et de disparus et ont coûté plus de 16 milliards d’euros. Un cata- clysme que l’Empire du Milieu n’avait pas vécu depuis 1998 où une catastrophe similaire avait fait 4150 morts. n Nelson Mandela a soufflé sa 92e bougie le 18 juillet. Pour l’occa- sion, Madiba a reçu un cadeau de l’Assemblée générale des Nations unies: désormais sa date de naissance sera fêtée en tant que jour- née internationale. Une première depuis la journée de Darwin. n Diplomatie Du ghassoul au consulat Inondations été meurtrier en Chine Journée internationale Nelson Mandela rejoint Darwin Le Marocain Yassine Bensghir est arrivé troisième dans l’épreuve du 1 500 mètres lors de la troisième édition du meeting interna- tional Moulay El Hassan de Tanger, le 18 juillet dernier. La com- pétition comprend 16 épreuves. n Meeting de Tanger Doucement mais sûrement? sCherche ami à louer Envie de compagnie, mais pour une relation «strictement pla- tonique»? Le site ‹rentafriend. com› propose de louer un «ami» à partir de 10 euros l’heure. Le concept, plutôt farfelu, vient d’être lancé en Angleterre. n actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 sLes dé-jeûneurs résistent Le mouvement Mali repart en guerre contre l’hypocrisie ramada- nienne. Cette fois-ci avec le groupe Facebook «Ramadan: dé-jeuneur tu résistes, tu t’inclines ou tu t’éclipses?» Pour l’heure, l’initia- tive a convaincu 200 internautes. n Brahimtaougar/actuel ABdelhaksenna/AFP AFP Petermorey/AFP Actualités / décryptAge8 CNIA Saada bientôt en Bourse ● les Faits Moulay Hafid Elalamy n’aura pas résisté longtemps aux sirènes de la Bourse. Le gendarme du marché planche actuellement sur sa demande d’introduction de 15% de la compagnie d’assurance CNIA Saada. ● le commentaire Et de deux. Après l’introduction en Bourse du courtier Agma Lahlou Tazi qui avait, en 1998, fait couler beaucoup d’encre, Elalamy s’apprête à céder 15% du groupe CNIA Saada, deux ans après avoir initié la fusion des deux entités. En réalité, cette introduction présentée comme une initiative propre à l’ex-patron des patrons à l’issue de la restructuration du groupe a, en fait, été décidée à la demande de l’un des actionnaires de référence, le fonds saoudien Kingdom Zephyr Africa Company (KZAM) qui détient 12% du capital de CNIA Saada. Créé par le prince Al-Walid Ibn Talal en partenariat avec diverses institutions multilatérales, ce fonds est centré sur le continent africain. Présent dans le tour de table de l’assureur marocain depuis trois ans, KZAM aurait donc exprimé sa volonté de réaliser sa sortie. De son côté, Saham concède 3% de ses participations au personnel de CNIA Saada. ● et demain Si tout va bien, l’introduction devrait avoir lieu à la fin de l’été. Ce n’est pas un hasard, le moment étant particulièrement bien choisi compte tenu de la pénurie de papier frais sur le marché et du cash disponible généré par l’opération de rachat de SNI/ONA. M.K. ● les Faits Le passage d’un bateau de Zim, une compagnie maritime appartenant à Israel Corp, dans le port de TangerMed, a provoqué l’émoi des défenseurs de la cause palestinienne. ● le commentaire «L’accostage du Yokohama (en photo) appartenant au sioniste Zim n’a pas eu lieu le 10 juillet comme prévu alors que le Cap Harith, de la même compagnie, a eu lieu le 24 juin dernier», rapporte la presse du PJD qui a constitué une veille pour surveiller le trafic en provenance d’Israël. Malgré toutes ces précautions, les derniers chiffres révèlent une augmentation sensible des exportations vers l’état hébreu. Rien que pour les cinq derniers mois, le Maroc a exporté en Israël pour 2,5 millions de dollars de marchandises contre 1,9 million pour la même période en 2009. Le développement de ces échanges reste en augmentation constante. L’argent étant la religion du capitalisme, l’économie tourne souvent le dos à la politique même si l’actualité fournit de solides arguments aux détracteurs de la normalisation avec Israël. Les exactions commises sur le peuple palestinien ne peuvent que faire douter les plus tolérants de la légitimité d’échanges avec Israël. ● et demain La question reste de savoir pourquoi Israël tient tant à normaliser ses relations avec les pays arabes, alors que d’un autre côté, cet état continue à vivre ses rapports avec les Palestiniens en termes constamment conflictuels. A.E.A. ▲ Maroc-Israël Relations sulfureuses AIcpreSS dr MRE investisseurs Toujours un mythe ▲ ● les Faits Dans un contexte de crise, alors que les transferts des Marocains du monde (MDM) accusent un net ralentissement, la question de la pérennisation de cette manne taraude les esprits. ● le commentaire Pas de risque. Aucune menace ne pèse sur les transferts des MDM. L’essoufflement enregistré serait juste conjoncturel. à entendre les invités de la dernière rencontre du Club Entreprendre, la légère reprise amorcée lors des derniers mois et le faible recul des transferts enregistrés en dépit de la crise, en sont la preuve. En définitive, la baisse aura été moins importante (-7%) que ne le craignait le comité de veille stratégique qui tablait sur une chute de 15%. De plus, les transferts des MRE s’avèrent être 2,5 fois moins volatiles que les investissement directs étrangers. Toutefois, sur un volume global de 50 milliards de dirhams drainés en 2009, 75% sont destinés au soutien familial dans le pays d’origine. Reste donc à savoir comment canaliser les 25% restants vers des investissements productifs. ● et demain La réflexion est toujours en cours à en croire Mohamed Ameur, ministre en charge de la Communauté marocaine résidant à l’étranger. En période de crise, il aurait été opportun de cesser de réfléchir pour passer à l’acte en prenant des mesures énergiques. En attendant, un nombre croissant de MRE préfèrent investir dans leur pays d’accueil. K.E.H. AIcpreSS ▲ actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 Actualités / décryptAge10 actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 ● les Faits Le 16 juillet, cinq MRE ont été victimes de violences physiques de la part de la police espagnole, lors de leur passage en voiture dans la ville occupée de Melilia au poste de BéniNsar à Nador. Motif: ils étaient en possession d’un drapeau marocain. ● le commentaire Refoulés à Nador, ils ont été admis en urgence à l’hôpital de cette ville pour examens et soins médicaux. Le ministère des Affaires étran- gères s’en est mêlé illico presto. Dénonçant le jour même ce qu’il qualifie de «dépassements graves et contraires à toutes les règles de déontologie et d’éthique», il a pris fait et cause pour les cinq Marocains. Réactivité diplomatique comme l’on voudrait en voir davan- tage ou simple occasion de monter au créneau contre «l’occupant», l’attitude de notre diplomatie est néanmoins à saluer. D’autant que les «dépassements» de la police espagnole sont légion. Des organi- sations comme l’OMDH constatent même une recrudescence des atteintes aux droits de l’Homme par les autorités espagnoles à l’égard des MRE au moment du transit. Décidemment, il ne fait pas bon être MRE aux yeux des Espagnols, même quand on est que de passage. ● et demain Indigne d’un pays comme l’Espagne, cet incident interpelle les autorités marocaines qui doivent mieux ac- compagner les MRE au moment du retour. Une demande d’information aux autorités espagnoles constitue- rait un bon début… T.Q. ▲ Melilia 5 MRE agressés AbdelhakSenna/AFp ▲ Peines à la baisse au procès Belliraj ● les Faits Si elle a réaffirmé la condamnation à perpétuité contre le Belgo- Marocain Abdelkader Belliraj pour terrorisme, la Cour d’appel de Salé a en revanche réduit les peines des 5 responsables, comprises entre 20 à 25 ans de réclusion, à 10 ans de prison ferme. 34 autres condamnations ont été confirmées. ● le commentaire Le miracle ne s’est pas produit; et bien que le degré d’implication des cinq politiques n’ait pas été rendu public, Regala, Merouani et les autres vont devoir boire la coupe jusqu’à la lie. Et ce malgré les pro- testations de la défense qui crie aux multiples vices de forme et de fond dont le procès serait entaché, les lettres de dénonciation des atteintes aux droits de l’Homme et les sup- plications des familles et proches des concernés. Faut-il s’étonner que cette confirmation soit passée aussi facilement? Notre justice est connue pour préférer la saison estivale pour se prononcer sur de telles affaires. Seul le Parti socia- liste unifié (PSU) a pris position, qualifiant le procès de «mascarade judiciaire». Ce parti a d’ailleurs qua- lifié les politiques de démocrates et de nationalistes n’ayant aucun lien avec le terrorisme ou les mouvances fondamentalistes. ● et demain Bien qu’ayant revu les peines à la baisse, la justice en aura donc décidé autrement. Il ne reste plus à nos politiques que le recours à la grâce royale, très rarement accordée dans les affaires liées au terrorisme. T.Q. AIcpreSS Tétouan: tempête chez les policiers! ▲ ● les Faits Le préfet de Tétouan a perdu son grade avant d’être muté par mesure disciplinaire à Dakhla. ● le commentaire Les journalistes se perdent en conjectures sur les raisons qui ont valu au premier responsable de la sûreté de la colombe blanche de perdre son poste. On parle de l’intrusion d’un homme éméché dans la résidence royale de Mdiq dimanche dernier. En tout cas, la malédiction du Nord a encore frappé. De nombreux commissaires ont ainsi connu la descente aux enfers quelques années, voire quelques mois à peine, après leur affectation dans une des villes du Nord! En 2003, l’affaire Erramach faisait tomber plusieurs gradés de la police, dont le préfet de Tétouan. Juste après, c’est un autre gradé de la police, Abdelaziz Izzou, qui avait restauré le siège de la préfecture de police de Tanger avec l’argent déboursé par Chrif Binlouidane, baron notoire de la drogue. Plus près de nous, la chute du baron Zhimi a jeté derrière les barreaux le patron de la police de Nador. Dans la plupart de ces affaires, les gradés de la police entretenaient des relations douteuses avec les trafiquants et travaillaient pour leur propre compte… en banque. ● et demain Selon les statistiques officielles, les brebis galeuses dans la police sont rares. Comme la chasse aux flics ripoux reste aléatoire, les policiers véreux pris la main dans le sac sont souvent inexistants. Pour leur plus grand profit… (lire aussi p.13) A. E. A. dr Actualités12 actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 Rabat sort de l’ombre. Longtemps can- tonnée dans son rôle de capitale admi- nistrative, la ville, qui recèle un patri- moine historique, culturel et architec- tural méconnu, sera bientôt classée au patrimoinemondialdel’humanité.Les discussions autour du projet entre la wilaya et l’Unesco sont bien avancées. L’annonce est imminente. n Unesco Rabat bientôt classée Fonds étrangers Déficit de comunication Pour attirer des investisseurs étrangers, le Maroc gagnerait à perfectionner sa communication. De prestigieux fonds et banques d’affaires anglo-saxons hésitent toujours à franchir le pas, faute d’informations suffisantes et fiables, en particulier sur le secteur touristique. La sonnette d’alarme a déjà été tirée lors de la conférence internationale organisée à Casablanca, en avril dernier, en présence de ténors de la finance et du tourisme. Il suffit pourtant de leur garantir un retour sur investissement de 6%. En plus d’opportunités d’investissements, le Royaume leur offre un yield de… 16%! n La tour Hassan, à Rabat. Israël- Maghreb L’hôpital qui se moque de la charité «L’attrait des investisseurs étrangers est un facteur de croissance. Les pays du Maghreb doivent donc poursuivre leurs réformes pour s’ouvrir davantage sur l’extérieur.» C’est la conclusion de l’étude publiée par l’université hébraïque d’Al Qods qui recommande par ailleurs une plus grande tolérance aux libertés individuelles! n Les bruits du village l Abdelaziz Samel, le poulain de Hamidou Laânigri, est contraint de céder sa place, à la tête des ressources humaines de la DGSN, à Moulay Driss Alaoui, le préfet de Kénitra. l Après la visite du musée du patrimoine émirati à la bibliothèque Bandar Ibn Soltan, Villepin a profité de son séjour à Asilah pour s'offrir quelques jours de détente. l Bensalem Himmich, ministre de la Culture, est à la recherche d’un énième chef de cabinet après la démission d’Oumama Kettani. Cette dernière, qui émarge au RNI, est la quatrième candidate à claquer la porte après Fatiha Soudass, Majida Benkirane et Karima Yatribi. l Fouad Ali Himma a perdu son procès contre Hamid Chabat. Le tribunal administratif a ainsi opposé une fin de non-recevoir à la plainte déposée par les conseillers PAM de la mairie de Fès, demandant l’annulation pure et simple de la fameuse session où Chabat évoquait l’interdiction des spiritueux dans la ville. l Le bras de fer entre Cheikh Yassine et les autorités devrait se durcir après la décision de la mouvance de s’ouvrir sur des organisations islamistes comme le Hamas, dont le chef Khalid Mechaal a rencontré récemment des dirigeants d'Al Adl. DR SLe regard de Mouhim Six groupes d’architectes ont postulé pour réaliser le Centre de formation aux métiers du développement durable de la Fondation Alliances. Victoire de l’équipe de Salima Naji Riad. n Alliances fait du durable No comment! Temps d'antenne lors des municipales min Dernière heure 13 [ lu dans la presse arabophone ] actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 Sahara Guerre de succession Après «la mort» de Mah-` foud Ali Beiba, la guerre de succession fait rage à la direction du Polisario. Khatri Adouh, qui vient d’être désigné président du Conseil national sahraoui, est connu pour sa haine du Maroc, son hostilité au plan d’autono- mie et son allégeance aux services du renseignement militaire algérien. n Presse à simpliste, simpliste et demi évoquant notre dernier dossier «Casa-Pagaille: à qui la faute?» (actuel n°56), notre confrère Challenge –qui n’ose pas nous citer– avance l’idée que «faire porter le chapeau» à Mohamed Sajid est «une vue assez simpliste». Et de poursuivre: «Le problème est essentiellement politique.» Bien vu! Une telle sagacité mériterait d’ailleurs prolongement. C’est bien parce que le sujet est «politique» qu’il ressort de la responsabilité même de celui qui entend incarner l’avenir de la capitale économique, de conduire une politique –sur la base d’un programme et d’une équipe cohérente et responsable– au service de tous ses concitoyens. Notre confrère, qui semble confondre «procès» et esprit critique, suggère que «ce sont les électeurs casablancais (qui) sont responsables de l’état de leur ville». Voilà une remarque qui a le mérite de la… simplicité! n Communales Moukawalati à la campagne Après son semi-échec dans les villes, Moukawalati tente sa chance à la campagne. La Société marocaine d’ingé- nierie touristique et l’Anapec ont scellé un partenariat pour vendre le programme auprès des porteurs de projets touristiques en zone rurale. Seront-ils plus réceptifs? n Mamounia Des p’tits prix encore des p’tits prix… La Mamounia a un prix… littéraire et 200000 dirhams à offrir au lauréat! Présidé par Guillaume Durand, le jury sera composé, entre autres, des actrices Isabelle Adjani, et Danielle Thomp- son et du chanteur pour midinettes, Julien Clerc. Les délibérations auront lieu en septembre et la remise du prix est prévue le 6 no- vembre, date d’anniversaire de la Marche verte. Et… de- vinez qui sont les candidats en lice? Encore et toujours, Tahar Benjelloun, Abdella- tif Laâbi, Mahi Binebine… On brasse les cartes et on recommence! n Shell en Afrique Partira, partira pasShell est actuellement en né- gociation exclusive avec Vi- tol et Helios pour la cession de ses participations dans 19 pays d’Afrique. Mais l’accord prévoit que les acquéreurs po- tentiels conservent la présence de la marque et des produits Shell. Vitol et Helios devien- draient donc actionnaires ma- joritaires dans les entreprises locales de chacun de ces pays, mais Shell y conserverait une participation. . D es têtes de hauts responsables sécuritaires sont tombées dans le Nord. Tout a commencé par la mutation du préfet de police de Tétouan, qui n’aurait pas été assez vigilant, laissant un ivrogne pénétrer dans l’enceinte de la résidence royale de la ville. L’incident n’est, en réalité, que l’arbre qui cache la forêt. Moins de 24h plus tard, c’est au tour d’une dizaine de hauts responsables de la ville d’Al Hoceima d’être remerciés, dont le préfet de police. Une décision que le quotidien Assabah qualifie de «première» dans son édition du mardi 20 juillet. Deux jours plus tard, le même journal annonce qu’au final, 15 responsables ont fait les frais de ces sanctions disciplinaires. Selon Bayane Al Youm, «ces décisions ont concerné notamment le directeur de la Sûreté nationale de la région d’Al Hoceima, le directeur de la zone du port, le patron de la police judiciaire, etc.» Mieux, Assabah, généralement bien informé dans ce genre d’affaires, n’écarte pas le passage à la trappe d’autres hauts responsables, citant des sources sécuritaires. Que s’est-il donc passé pour que des têtes aussi puissantes tombent comme un château de cartes? D’après Assabah du jeudi, une visite privée du roi dans la ville d’Al Hoceima expliquerait ces décisions. «Depuis son arrivée, Sa Majesté n’a pas cessé de se promener dans toutes les artères de la ville, la plage et les administrations publiques. Il a parlé aux citoyens, écoutant leurs doléances et les problèmes auxquels ils font face. Le Souverain a laissé les habitants s’approcher de son véhicule pour lui faire part des abus de pouvoir dont ils sont victimes au quotidien», explique le quotidien. C’est donc, relate la presse à l’unanimité, la «colère royale» qui explique ces sanctions en cascade. Pour Al Massae, qui publie une analyse dans son édition du jeudi, ces mesures ont été prises «pour corriger la relation entre l’administration et le citoyen à Al Hoceima». «Ce qui est, somme toute, assez particulier dans ces décisions, c’est qu’elles ont d’abord émané de la population, avant de faire l’objet d’une enquête, puis d’une vérification du Roi lui- même, avant d’aboutir à des sanctions.» n AFP Limogeage des sécuritaires Séisme à Al-Hoceima Dossier14 STrois hélicos ont déversé des herbicides sur des plantations de cannabis le 29 juin dernier. Mais si le kif a été carbonisé, c’est désormais toute une population qui est privée de moyens de subsistance. actuel / Semaine du 24 au 30 juillet 2010 B oulizem, dans la commune de Beni Ahmed Charquia, c’est un peu le bout du monde. En partant de Chefchaouen, le douar est accessible par une nouvelle route, déjà dans un état de délabrement avancé, et de mauvaises pistes. Les sept derniers kilomètres sont terribles, même en 4x4: une sorte de sentier pierreux amélioré, plus adapté aux sabots des mules qu’aux pneus d’une Land Rover. Avant d’accéder au douar, il faut faire une pause pour abreu- ver le véhicule en essence de contrebande dans un village misérable et poussiéreux, véritable bidonville rural: ici on plante le cannabis depuis peu et les paysans n’ont pas encore engrangé assez de dirhams pour construire en dur à côté de leurs bi- coques en tôle. Enfin, au détour d’un vi- rage, la cuvette de Boulizem apparaît telle une oasis vert tendre au creux d’une vallée aride. Sauf que le tapis vert des plants de kif est parsemé d’impressionnantes taches brunes comme si la moitié du douar avait brûlé… Nous sommes arrivés à destination après deux heures et demie de «route». à d’autres, il aura suffi de quelques minutes en hélicoptère. Apocalypse now sur le douar Ce mardi 29 juin, trois engins décollent d’un terrain de foot transformé en héli- port près de Bab Taza. Vers 13heures, ils survolent le douar perdu et piquent du nez vers les cultures pour asperger le sol d’une substance blanche. Dans le village, c’est la panique. Les femmes crient, les en- fants qui n’ont jamais vu d’hélicoptère de leur vie se mettent à pleurer. Une vidéo réalisée par un habitant ce jour-là et que vous pouvez retrouver sur www.actuel. ma résume bien l’ambiance presque Apo- calypse now, sans le napalm: le survol en rase-mottes des hélicos, le bruit des hé- lices, le lâcher de pesticides sur les champs et les hommes qui invoquent le prophète en fond sonore… Le mardi noir de Beni Ahmed Charquia Ce jour-là, comme chaque mardi, la plu- part des paysans se sont rendus au souk. Zakaria (1), lui, est resté. Alors qu’il s’est assoupi dans une cabane, il est réveillé par le vacarme assourdissant des rotors. Le cultivateur se précipite alors à l’exté- rieur… avant de s’écrouler. Un hélicoptère vient de l’arroser d’herbicide. Choqué, il restera prostré trois jours, incapable de se relever. Deux semaines plus tard, Zakaria ne parvient toujours pas à raconter son calvaire. «Le mal est dans le cœur», se contente-t-il de nous dire d’un air désolé. à Boulizem, les paysans sont tous sous le choc et ne sont guère plus prolixes. Une catastrophe (sur)naturelle s’est abattue sur le village et il n’y a pas de cellule psy- chologique pour soutenir des habitants complètement anéantis. Après nous avoir Raidsurlekif
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