actuel n 112 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 112 - du 15 au 21 octobre 2011 - 15 DH- 3 € المغرب Fait divers Meurtre barbare à Meknès p.40 UN AYATOLLAH allié de Mezouar Putsch au PAM p.30 Zemzmi u Ses fatwas délirantes u Ses appels à la lapidation u Son alliance contre nature Entretien exclusif Législatives 2011Assurance Maladie Un pas en avant, deux pas en arrière p.24 N ousavonsungouvernementformidable. Et l’on ne dira jamais assez de bien de la dream team de Abbas El Fassi qui pousse l’abnégation jusqu’à… penser pour nous ! Vous espériez, naïfs que vous êtes, que le printemps marocain, qui a vu éclore de multiples cercles de débats citoyens et s’épanouir un vent léger de démocratie – avec l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’orga- nisation d’élections législatives que beaucoup espéraient comme une occasion exceptionnelle de renouvellement de la classe politique – que ce printemps-là, donc, permettrait enfin au Maroc des’affranchirdequelques obstacles placés sur le che- min d’élections libres et transparentes ?C’étaitsans compter avec les convic- tionsanachroniquesd’une équipeministérielle,àtout lemoinsdequelques-unsde sesmembresquientendent encadrer au plus près les citoyensquenoussommes. Etes-vouspouroucontreun projet de loi interdisant les sondages en période préé- lectorale ?...Nevousfatiguez pas,legouvernementapris la liberté de répondre à votre place ! C’est oui ! Vous êtes POUR un projet de loi interdisant les sondages en période préélectorale. C’est comme çà !Detoutefaçon,nulnesaurajamaiscequevous pensez,puisqu’ilestinterditdeposerlaquestion. Vous pensez néanmoins qu’une majorité de citoyens marocains se déclareraient volontiers pour la réalisation et la publication de sondages sur l’état de l’opinion, à la veille d’une élection majeurepourlepays ?Vousêtesmajoritairement convaincus que votre opinion – au même titre que celle de nos compatriotes – est importante, et qu’à ce titre elle doit pouvoir être connue du 3Edito actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 Immature actuel plus grand nombre ? Notre gouvernement, qui n’a peur de rien sauf de son ombre, et qui sait ce qui est bon pour nous – singulièrement en termesdeliberté – n’aquefairedenotreopinion. Braver l’interdit, ce sera s’exposer à des peines d’emprisonnement. Rien de moins. Le projet de loi interdisant les sondages en pé- riode préélectorale, qui vient d’être adopté par le conseil de gouvernement, maintient donc le Maroc au rang des nations immatures. Mais commeAbbasElFassinemanquepasd’humour, l’interdictiondessondagesélectoraux« prendfin une fois l’opération de vote terminée » … Lessondages,ilestvrai,sont à prendre avec circonspec- tion.Etlesdébatssontsans finsurleurinfluence,réelle ou supposée, sur l’opinion publique. Seulementvoilà,votersans sondage c’est, aussi, voter à l’aveugle. Et laisser les appareils, comme le gou- vernement, qui tous ont les moyens d’en réaliser, avoir une vision et ainsi mieuxpréparercespetites combinaisons qui feront, demain, une majorité. En toute transparence, bien sûr… Priver les électeurs d’être informés sur l’état de l’opinion,dansunepratiqueréglementéeetréalisée par des professionnels reconnus, est une insulte à l’intelligence des citoyens que nous sommes. Etes-vousd’accord ?Pasd’accord ?Sansopinion ? Chut !Inutilederépondre…Notregouvernement, lui,estimequevousêtessansopinion.A100% !■ Priver les électeurs d’être informés sur l’état de l’opinion est une insulte à l’intelligence des citoyens que nous sommes. Sommaire écrivez-nous à courrier@actuel.ma actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 4 n°112 - du 15 au 21 octobre 2011 C’est à mon tour de jouer ? My cabinet is rich S’il te plaît, compose-moi une salade Numérique : le prix de la modernité 16 26 36 52 62 Mais si... elle est verte ! SActualités 06 nouvelle génération | Mehdi Bensaid 08 la semaine en images 10 décryptage 14 dernière heure SDossier 16 entretien | Abdelbari Zemzmi : « Le 20-Février ? Des homosexuels, des déjeuneurs du ramadan et des marxistes léninistes athées » SEconomie 24 social | Assurance maladie obligatoire Un pas en avant, deux pas en arrière 26 réglementation | Avocats d’affaires : le rush des British 29 bourse SPolitique 30 législatives 2011 | Fatiha Layadi, victime d’un putsch au PAM ? 32 législatives 2011 | Faut-il abolir la peine de mort ? 34 législatives 2011 | Découpage Les ciseaux de la discorde 35 islamistes | Yassine, un procès hautement politique SSociété 36 restauration | Les salades c’est tendance ! 38 visa | Etudes en France, la circulaire de la discorde 40 fait divers | Un meurtre barbare SMonde 44 actus | Tahrir sur Hudson 45 actus | Le Nobel est yéménite 46 arrêt sur image SCulture 52 septième art | Cinéma, la dernière séance ? 54 qg artistique | Sidi Ghanem, lorsque l’artisanat côtoie l’industrie 58 agenda STendances 60 voyage | Destination Riviera, la belle culturelle 62 automobile | Toyota Prius Hybride, le virage vert 65 nouveaux produits, nouveaux marchés 66 les choix de... | Benatiq, l’ami des chômeurs photo de couverture brahim taougar/actuel actuelactuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 15 millions DH. Directeur et éditeur : Henri Loizeau Directeur de la publication : Abdellatif El Azizi Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami Directeur de la rédaction : Eric Le Braz Rédactrice en chef adjointe : Mouna Kably Assistante de la rédaction : Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 SRéDACTION Chefs de service : politique : Abdellatif El Azizi économie : Mouna Kably culture : Amira-Géhanne Khalfallah Rédacteurs : Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Ali Hassan Eddehbi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji, Abdelhafid Marzak, Meriama Moutik. Chroniqueurs : Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane. Correspondants : Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger), Salima Yacoubi Soussane (New York). Photographe : Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro : Paola Abboud, Inès Asensi, Mohamed El Hamraoui, Nabil Maleki, Zineb Bennouna, Mohamed Mouhim, Youssef Roudani, Studio Logié. SéDITION Rédactrice en chef technique : Keiko Catala Secrétaire de rédaction : Ferdinand Demba Révision : Laila Lebbar Directrice artistique : Fadoua Damiri Maquettiste : Youssef El Moutassaddik, Conception graphique : Studio Baylaucq & Co. SPUBLICITé Tel : 05 29 00 40 04/50 05 05 22 36 77 02 Directeur commercial : Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale : Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité : Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Karima El Afi k.elafi@actuel.ma Assistante commerciale : Kenza Benelkaid commercial@actuel.ma SAdministration Responsable administratif et financier : Khalid Zghiguida IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage : 20 000 ex Sactuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Lerévolutionnairepamiste Mehdi Bensaid SLes dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive. Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... ehdi Bensaid est installé dans le salon des locaux duCercledesjeunesdémo- crates marocains (CJDM) dont il est le président. Look BCBG, rasé de près et porte-clefs à l’effigie d’Obama posé sur la table. « Mon livre de chevet, c’est L’audace d’espérer (biographie du président américain, ndlr). Cet homme a des couilles. Durant les années 1960, les Noirs ne pouvaient même pas prendre le bus comme tout le monde, et au- jourd’hui il est président », explique Mehdi, qui partage cette fascination avec tous ses amis du cercle. Et tout comme son idole, Mehdi Ben- said ne manque pas d’ambition et d’idées. Il propose par exemple au PAM une académie pour les jeunes de 16 à 25 ans et non une jeunesse classique. Ces derniers jours, il jette un pavé dans la mare en lançant un ultimatum aux partis pour les inci- ter à inclure plus de jeunes dans les listes locales. Dans le cas contraire, les jeunesses risquent de boycotter leurs formations lors des législatives anti- cipées. Côté ambition, à 27 ans, Mehdi Bensaid est non seulement président du Cercle des jeunes démocrates, affilié au Mouvement pour tous les démocrates (MTD) initié par Fouad Ali El Himma, il est également membre du Parti authenticité et modernité et président d’un petit club de football, Noujoum Salé. Le jeune homme a déjà rencontré le roi pour lui remettre le record Guinness du plus grand drapeau du monde, qu’il avait réalisé avec ses camarades au Sahara. « C’était beaucoup de stress », dit-il en se remémorant le protocole royal. Médiatisé, toujours prêt à débattre et défenseur de la transition démocratique menée par Mo- hammed VI, Mehdi Bensaid est perçu par ses détracteurs comme un Makhzanien. « Oui,HassanIIétaitundespotemaisdepuis 1999, le régime a changé et aujourd’hui il y a une opportunité de changer les choses, en ne focalisant pas sur les sujets qui fâ- chent », pense-t-il. Mobiliser Descartes Pourtant, rien ne prédisposait Mehdi Bensaid à « participer de l’intérieur », tant il a baigné jeune dans une ambiance de contestation. Fils de Samir Bensaid, un ancien d’Ilal Amam, et de Samira Kinani, aujourd’hui militante de l’AMDH, il ac- compagnait, enfant, sa mère au défilé du 1er mai où il l’entendait « gueuler contre Hassan II et le Makhzen ». Son père était même en cavale lors des années de plomb, et Mehdi se souvient que sa mère or- ganisait des rencontres discrètes pour qu’il le voie, de loin, déguisé. Et quand son père part en exil en France, Mehdi le rejoint pour y effectuer son collège. Il assiste aux fêtes de l’Huma, où il dé- couvre le sacro-saint combat des gau- chistes : la Palestine. De retour au Maroc, il tente de mobili- ser ses amis lycéens pour les manifes- tations pro-palestiniennes. « Tu te rends compte, des jeunes de Descartes, rigole- t-il, mais malgré tout, je réussissais à en avoir quelques-uns. » Ce n’est qu’une fois de retour en France et à l’occasion d’un stage en Palestine que le jeune homme forge ses choix politiques. « Tout d’un coup, la libération du peuple palestinien qui était pour moi une évidence deve- nait plus complexe. Sur le terrain, j’ai découvert qu’à Gaza, c’était‘‘à la guerre comme à la guerre’’. A Ramallah les gens voulaient une relation d’Etat à Etat avec Israël ; à Haïfa, les Palestiniens rêvaient d’un seul Etat laïque. J’ai alors demandé aux gens comment on pouvait les aider et ils m’ont répondu : devenez d’abord plus fort. Ça m’a fait réfléchir », se rappelle- t-il. C’est cette expérience qui pousse Mehdi Bensaïd à envisager une partici- pation différente à la politique. Il tente l’USFP, puis s’enthousiasme à la lecture de la plateforme du MTD qu’il décide de rejoindre en envoyant une « candidature spontanée » à la militante Khadija Rouissi. C’est ainsi que commence l’aventure. Au- jourd’hui, Mehdi Bensaid croit dur comme fer au changement de l’intérieur et à la bonne foi du roi. Et il espère une réconci- liation politique de toutes les composantes politiques, à l’image de l’IER. Quant aux ambitions, elles sont intactes. Mehdi ba- taille pour décrocher une accréditation et se présenter. « Donnez-moi Salé, et vous verrez, j’écrase tous les autres ! » Zakaria Choukrallah Nouvelle génération DR actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 Actualités8 Une jeune Israélienne écrit un message au soldat franco-israélien Gilad Shalit, prisonnier du Hamas depuis 2006. Mercredi, Israël et le Hamas se sont enfin entendus sur la libération de Gilad Shalit contre celle de 1 027 prisonniers palestiniens. n Desdizainesdemanifestants,enmajoritédesbidonvillois,ontfait lepieddegrue,mercredidevantlesiègedelaWilayadeCasablanca, pour revendiquer le droit au logement. Le «peuple» voulait aussi la tête des mafias de l’immobilier. n « Je présente mes excuses au peuple tunisien (pour avoir diffusé Persepolis) », a déclaré Nabil Karoui, patron de la chaîne tunisienne Nessma,menacéed’incendiepardesislamistes.Karouiavaitpourtant déclaré :« Onn’apaschasséunedictaturepourreveniràuneautre.» n Conflit israélo-palestinien L’échange Casablanca Le ras-le-bol des bidonvilles Tunisie Nessma menacée sAlors, enceinte ? Beyoncé est-elle réellement enceinte ? Les images troublantes de son arrivée sur le plateau de l’émission Sunday Night ont lancé le débat sur le Net suscitant la curiosité des internautes… vu sur la toile Le risque d’une marée noire en Nouvelle-Zélande s’accroît avec l’apparition de nouvelles fissures sur la coque du Rena, porte- conteneur échoué sur des récifs de la baie de Plenty, réputée pour sa faune et sa flore. Le navire a déjà déversé 300 tonnes de fuel. n Nouvelle-Zélande Sinistre marée sLe moment mélo du foot Séquence tendresse : l’entraîneur de l’équipe nationale, Eric Gerets, et Adel Taarabt, sont tombés dans les bras l’un de l’autre, après le but de l’enfant prodigue contre la Tanzanie, dimanche. AFP BrahimTaougar/actuelAFP BrahimTaougar/actuel actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 7Actualités / La semaine en images 9 DesSomaliens,quiontempiléleurseffetssurunecharrette,fuient les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles islamistes Shebab, au sud de Mogadiscio, le 12 octobre. A la guerre civile s’ajoute la famine, qui touche toute la Corne de l’Afrique. n Les ruines du temple thaïlandais d’Ayutthaya se reflètent dans ce qui est devenut un lac, après des semaines de pluies torrentielles qui ont fait 269 morts en Thaïlande et 207 au Cambodge n Ce n’est pas de la corruption ! Mais une participation aux frais du scrutin pour les 213 sympatisants de gauche qui ont voté aux primaires socialistes françaises à Casablanca. n Somalie Catastrophehumanitaire Thaïlande Et ce fut le déluge Primaires françaises du PS 50 dirhams par électeur Deux palmes d’or, des films d’une beauté et d’une inventivité rares... c’est l’un des meilleurs réalisateurs de la planète qui présidera le jury du Festival international du film de Marrakech en décembre. n Festival du film de Marrakech Emir président AFP BrahimTaougar/actuel AFP BrahimTaougar/actuel Actualités / décryptage10 actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 ● les Faits Le projet du théâtre CasaArt a accaparé l’essentiel des discussions des élus de la mairie de Casablanca, au cours de la dernière session ordinaire. ● le commentaire La plupart des élus feignaient de tomber des nues comme s’ils découvraient pour la première fois les détails du projet. C’est le volet financier qui a suscité la polémique. Notamment l’enveloppe de 215 millions de dirhams consacrée aux études et aux travaux d’architecture, dont une grosse partie reviendra à Rachid Andaloussi et Christian de Portzamparc qui ont remporté le concours lancé par la ville de Casablanca et la Fondation des arts vivants. Un cahier des charges qui comprend également l’architecture d’intérieur, le design, l’éclairage, les conseils d’installation, l’acoustique, la physique de construction et le réaménagement de l’extérieur. Ce projet nécessitera un budget global de près d’un milliard et demi de dirhams. Sur un ton mi- figue mi-raisin, les élus ont demandé à ajourner la discussion sur le budget de ce projet, exigeant de Sajid la présentation d’une maquette pour « pouvoir constater de visu l’ampleur des travaux ». ● Et demain La culture n’étant pas leur fort, les élus ont tendance à « mépriser » les projets « d’investissement culturel » nécessitant des équipements lourds : médiathèque, théâtre, centre culturel. Résultat, le futur théâtre risque bien de passer à la trappe. A. E. A. ▲ Casablanca La mairie, un théâtre ? BrahimTaougar/actuel ▲ Médias :desmilicesatta- quentAkhbarAlYoum ● les Faits Lundi dernier, des miliciens ont attaqué le siège du quotidien Akhbar Al Youm, encerclant tout l’immeuble après avoir bloqué les membres de la rédaction dans leurs bureaux. ● le commentaire Ces inconnus ont brûlé des exemplaires du journal avant d’envahir les locaux, prenant soin d’insulter au passage les équipes, tout en brandissant le drapeau national et le portrait du roi. Pour la hiérarchie, la passivité des forces de l’ordre lors de la sortie remarquée de ces « baltajias » donne à l’autodafé un parfum de menace qui trouverait son explication dans les couvertures répétées et le parti-pris du journal en faveur des manifestants du 20-Février. Le problème, c’est que ces supposés défenseurs des « fondements sacrés de la nation » se trompent de cible en s’attaquant au dernier bastion des libertés dans ce pays, à savoir la liberté d’expression. Par ces pratiques d’un autre âge, à défaut de tuer des journalistes, on est en train de tuer le métier. Il semble que certains caciques continuent d’ignorer que le Marocain d’aujourd’hui qui aspire à toujours plus de liberté et de dignité n’est plus le larbin des années 80. ● Et demain Interpellé par les seuls députés du PJD, le ministre de l’Intérieur Taïb Cherkaoui a promis d’ordonner l’ouverture d’une enquête au sujet de ces incidents. C’est le moins qu’il puisse faire. A. E. A. AICPRESS 2M joue la carte de la proximité ▲ ● les Faits 2M tente de se rapprocher des téléspectateurs marocains adeptes des paraboles et autres programmes satellitaires. Pour ce faire, la deuxième chaîne nationale a misé gros sur la téléréalité. Cette nouvelle saison innove avec une grille de programmes audacieuse dans le paysage cathodique audiovisuel marocain. ● le commentaire « Plus proche que jamais », c’est le nouveau slogan que brandit la deuxième chaîne nationale en osant un virage à 180° ! En effet, 2M passe sans transition des mielleux « soaps » mexicains, coréens, indiens, doublés en darija, à la téléréalité. Un saut vers l’inconnu, vu la nouveauté de l’expérience. Cette tentative de rapprochement arrive à point, à l’heure où 2M est de plus en plus critiquée pour ses programmes. Une télévision qui, dit-on, ne reflète pas la réalité de la société. La chaîne essaye de se rattraper avec Madame M’safra, Jarrab ou Hkem, Nhar Tbedlat Hyati… Des émissions qui tentent de montrer le quotidien (parfois mis en scène) des familles marocaines. Les concepts de ces émissions ont déjà fait leurs preuves à l’étranger, reste à savoir si les Marocains vont adhérer… ● Et demain La réussite de ces programmes dépend de leur crédibilité. La sincérité des participants y sera pour beaucoup. Il faudra attendre quelques semaines avant de pouvoir parler d’un rapprochement réussi. A. G. K. DR Actualités / décryptage12 ● les Faits Laâyoune était sur le point de s’embraser de nouveau, rapporte le site goud.ma. Des jeunes chauffés à blanc par la qualification du Maroc à la Coupe d’Afrique s’en sont pris aux Sahraouis de souche. En scandant « le peuple veut pendre les Sahraouis », ils ont encore failli provoquer des émeutes. ● le commentaire Cet incident, loin d’être isolé, témoigne de la tension de plus en plus forte au Sahara. A Dakhla, réputée paisible, des violences entre les Sahraouis de souche et les Marocains de « l’intérieur » avaient dégénéré en émeutes, provoquant 7 morts les 26 et 27 septembre dernier. Un an auparavant, un festival avait été annulé car la ville était à feu et à sang. Pourquoi ce regain de tension ? Il faut remonter aux incidents de Gdim Izik à Laâyoune qui avaient déclenché un conflit au sein des communautés. La politique qui consiste à appuyer les notables pour garantir la paix sociale ne porte plus ses fruits. Le Sahara a plus que jamais besoin d’une gestion rationalisée et sereine des dissensions. Le risque étant que la contestation se propage et concerne d’autres villes que Laâyoune. Si on ignore cette crise, le Polisario pourrait marquer des points. ● Et demain Sur le terrain diplomatique, le Maroc garde la main avec la proposition d’autonomie. Il s’agit à présent de pacifier le terrain pour éviter la récupération politique. Z.C. ▲ AuSahara,ilfautdésa- morcerlestensions DR ▲ Diac : Bencherki face à ses responsabilités ● les Faits Après le flop des négociations avec Crédit agricole du Maroc, Diac Salaf sonde de nouveaux investisseurs qui seraient, a priori, intéressés par la reprise de ses activités. ● le commentaire Parallèlement, la société de financement appartenant au groupe Bencherki est en négociation avec ses bailleurs de fonds pour arrêter les modalités de remboursement de la totalité de ses dettes bancaires. Comme l’on pouvait s’y attendre, la situation de Diac Salaf, à fin juin 2011, s’est entre-temps nettement détériorée. Son produit net bancaire est en chute libre de 27% à 321 600 DH et son résultat courant affiche un déficit de 7,8 MDH. Pour autant, la société a réussi à stabiliser son résultat net déficitaire à -7,8 MDH, après avoir touché le fond en juin 2010, à 9,8 MDH. Pour rappel, la valeur est suspendue de la cotation à la Bourse de Casablanca depuis une année, et le sort des porteurs d’actions reste suspendu à l’issue de ces négociations. A l’époque, le Crédit agricole du Maroc avait été présenté comme le repreneur idéal de la société de financement. Mais au final, l’opération n’aura pas bénéficié du feu vert du conseil d’administration de la banque publique. ● Et demain Dans l’espoir de voir enfin aboutir ces ultimes négociations, Diac Salaf vient d’annoncer qu’elle tiendra une assemblée générale extraordinaire le 31 octobre prochain pour entériner les mesures lui permettant de sortir de l’impasse. M.K. DR Loi électorale Cacophonie totale ▲ ● les Faits Votée et approuvée, la loi sur le renouvellement des listes électorales et leur traitement informatique est soumise une nouvelle fois aux députés, suscitant la colère du groupe parlementaire PJD. ● le commentaire Publiée au Bulletin officiel il y a à peine quelques jours, la loi sur le renouvellement des listes électorales et leur traitement informatique est de nouveau soumise au débat au sein de la Chambre des députés, sur demande de la coalition formée par le PAM, l’UC, le RNI et le MP. Motif invoqué : certains délais contenus dans cette loi ne sont pas en phase avec l’échéance du 25 novembre, date du scrutin. Indigné par cette situation, le groupe PJD a décidé de boycotter la réunion de réexamen de ce texte au sein de la commission de l’Intérieur et de la Décentralisation. Pour le chef du groupe, Lahcen Daoudi, « cette situation dénote du grand embarras où se trouvent les préparatifs des prochaines élections et nous refusons d’y prendre part ». Visiblement furieux, le PJD s’est même fendu d’un communiqué fustigeant « le manque de sérieux législatif » et l’absence d’un agenda clair du gouvernement pour gérer l’après-nouvelle Constitution. ● Et demain La cacophonie ambiante à la veille du scrutin, conjuguée à l’absence totale d’une réelle majorité au sein du gouvernement sortant, suscite des doutes chez les citoyens quant à la crédibilité des réformes politiques engagées. Leur sanction pourrait être sévère. A.H.E. B.Taougar/actuel actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 Actualités14 Le projet de construction d’une nou- velle cimenterie de Lafarge Ciments dans le Souss vient d’être agréé par la commission régionale d’investis- sement. Il porte sur la réalisation d’une carrière et d’une usine de pro- duction de ciments d’une capacité de 2 500 tonnes de clinker par jour, soit 1,2 million de tonnes de ciment par an. La mise en service de l’usine est prévue début 2015 et requiert un investissement de 2,8 milliards de dirhams. n LafargeCiments DirectionleSouss East West Petroleum Corp., société canadienne spécialisée dans l’exploitation pétrolière, vient d’annoncer qu’elle est sur le point de démarrer ses activités de forage sismique au Maroc. Cette annonce intervient après que EWP Corp. a réussi à identifier et à délimiter des zones dites de « potentiel ». Pour rappel, le Canadien qui opère sur une surface de 202 342 hectares au Maroc, vient de lever des fonds via une émission obligataire, portant sa trésorerie à 29,5 millions de dollars. Une manne qui servira, à effectuer les travaux prévus au Maroc en 2012. n EWPetroleum prospecte au Maroc Gutenberg Cenouveauprix littéraire ! La section marocaine des compagnons de Gutenberg prépare un nouveau prix littéraire. Il s’agit en fait de deux prix, dont un en français et l'autre en arabe. Le prix Gutenberg, dont le montant n'a pas encore été décidé (autour de 50 000 dirhams, entend-on dire en coulisses !), fera concourir uniquement les éditeurs marocains et les livres accessibles sur le marché national. Il sera décerné en collaboration avec l’Union des écrivains marocains. L’annonce officielle se fera en novembre. Les lauréats recevront leur prix à l’occasion du Salon international de l’édition et du livre qui se tiendra à Casablanca en février prochain. n Siège de Lafarge à Casablanca. l L’enquête de la BNPJ sur l’affaire ONDA, demandée par le pro- cureur général en mars dernier, touche à sa fin. Les interpellés, à savoir, l’ancien directeur général, Benallou, son directeur de cabinet, Berkellil, et plusieurs autres respon- sables encore en fonction à l’ONDA, devraient se présenter à la Cour pénale avant la fin de ce mois. l Abdelhadi Alami aurait licencié Abdekhaleq Zine, ex-DG de Presse Multi- média Maroc (Le Temps) pour des raisons encore inconnues. Celui-ci se se- rait adressé à l’Inspection du travail pour faire valoir ses droits. l Moulay Hafid Elalamy aurait acquis une prise de participation dans le mensuel Zamane. La tran- saction n’a pas encore été officialisée. l Les derniers exilés politiques ont été appro- chés pour rentrer au pays. Certains devraient être nommés à des postes importants dans l’adminis- tration. l La justice a lancé la procédure pour instruire le procès de près de deux cents dossiers véreux concernant des communes situées dans toutes les régions du pays. l Après le décès de Ali Yousfi, à qui Driss Basri avait confié l’administra- tion générale de la Société d'extension et de pro- motion du Royal Golf, les dossiers d’expropriation reviennent dans l’actuali- té, et certains connaîtront le chemin de la justice. n B.Taougar/actuel SLe regard de Mouhim Les bruits du village Desertec Première manche Le Maroc dame le pion à ses voisins. Desertec Industrial Initiative (DII), programme européen de production électrique à partir des énergies renouvelables, qui hésitait entre plu- sieurs pays de la rive sud de la Méditerranée, a finalement choisi le Maroc pour lancer la première centrale. La station démarre en 2012 avec un investis- sement de 800 millions de dollars. Outre la stabilité politique et sociale, le Maroc a été choisi parce qu’il est relié à l’Europe par deux câbles sous-marins. n actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 c’est le montant des investissements relatifs aux 47 projets validés par la commis- sion des investisse- ments. SLe chiffre 52MMDH Dernière heure 15 [ lu dans la presse arabophone ]Cinéma Agadir aura son Mégarama ça bouge à Agadir. La capitale du Souss se dotera d’un complexe cinématographique Mégarama. Il sera édifié sur un terrain de 2 hectares dans la commune urbaine d’Agadir, et doté de 12 salles d’une capacité totale de 2 658 places, en plus de 12 pistes de bowling, restaurants et cafétérias. Avec un investissement de 150 millions de dirhams, le complexe génèrera 300 emplois.n Handicapés Unindignépasse àl’acte Il faisait partie des 100 « indignés » à qui actuel avait donné la parole en juillet. Abdelilah Jennane avait exprimé sa colère face à l’absence de réglementation sur l’insertion professionnelle des handicapés. Suite à la parution de notre N°100, il a reçu « une vingtaine de coups de téléphone » de personnes partageant sa position, et a décidé de fonder une association. Des responsables politiques du « G8 » lui auraient déjà promis d’intégrer ce projet dans leur programme commun. Pourvu que cela ne soit pas qu’une « promesse électorale ». n Public Cacophonie Les entreprises publiques seraient tenues de valider leur budget 2012 avant la mi-novembre. Cette mesure, décidée à la hâte par le gouvernement, est pour le moins surprenante quand on sait que la loi de Finances 2012 est, pour l’instant, un projet mort-né. Informatique verte Un indice en gestation Le Green IT aura bientôt son indice au Maroc grâce au cabinet Sabbar Expertise Management Consulting. L’objectif est de créer un indice de référence de l’éco-responsabilité dans le domaine des nouvelles technologies au sein des PME et grandes entreprises marocaines. Pour réussir ce pari, le cabinet a lancé une enquête baptisée MAGIT. La première phase de cette étude, sur Internet, a démarré la semaine dernière. La deuxième étape portera sur des interviews directes auprès d’une centaine d’entreprises. Le nouvel indice de référence sera dévoilé en décembre prochain et actualisé tous les six mois. n Société Findel’esclavage desbonnes ? Le conseil de gouverne- ment, qui n’a jamais au- tant travaillé que durant cette dernière ligne droite avant les législatives, vient d’adopter le projet de loi relatif au travail domestique. Il régit un secteur dans lequel les employés (femmes de ménage, gardiens, etc.) ne bénéficient d’aucune protection. Le projet définit la nature du travail domestique, interdit (à nouveau) le travail des mi- neurs de 15 ans, établit un salaire minimum, le repos hebdomadaire, etc. n J e n’ai pas été tenu informé du retrait du projet de loi de Finances, c’est le secrétaire général du gouvernement qui en a pris l’initiative. Je l’ai inter- rogé à ce sujet au conseil de gouvernement, et j’ai pris à témoin les ministres qu’en ma qualité de chef du gouvernement, je n’en avais jamais donné l’ordre. » Abbas El Fassi a asséné ses quatre vérités chargeant Driss Dahhak, le secrétaire général du gouvernement, et l'accusant d'avoir pris l’initia- tive de retirer le projet de loi sans en référer au Premier ministre. Comment le patron de l'Istiqlal explique-t-il cette bourde ? « Nous avons bien tenté de trouver une parade juridique et une solution logique à la situation dans laquelle nous a placés le se- crétaire général du gouverne- ment. » Selon Abbas El Fassi, la polémique née autour de la création d'un fonds de so- lidarité, qui avait été proposé par le gouvernement, est pour quelque chose dans ce cafouillage. Pour lui, le projet qui prévoyait une taxation des banques, des sociétés de crédits, des sociétés d'as- surances et des opérateurs télécoms pour alimenter le fonds de solidarité, aurait été farouchement combattu ! n Akhbar El Youm ElFassiamangédulion ! AlMassae Toufiq,super VRPauprèsdes Libyens ? Un militant libyen a révélé au quotidien Al Massae qu'Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, a joué un grand rôle dans la prise de contact avec le Conseil national de transition libyen (CNT). Le militant a précisé que le CNT lui-même aurait demandé au Maroc de retarder la reconnaissance du Conseil. Attajdid Compensation, lebouletdu gouvernement La caisse de compensation nous aura coûté 45 milliards de dirhams en 2011, titre en une Attajdid, quotidien proche du PJD. Le journal relaie les déclarations du député islamiste Lahcen Daoudi, qui a affirmé que la réforme avortée de cette caisse constituait « la preuve irréfutable de l'échec de ce gouvernement ». AkhbarAlYoum Moâtassim àboutdeforce Mustapha Moâtassim, secrétaire général du parti dissous Al Badil Al Hadari, va entamer une grève de la faim pour protester contre le maintien de l'interdiction de sa formation qu'il comptait rebaptiser « Al Badil Addimocrati ». Il a également appelé à l'organisation du « vendredi des opprimés », pour rassembler tous les déçus du gouvernement actuel. n actuel / Semaine du 15 au 21 octobre 2011 DR
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