actuel 96 - Page 1 - Actuel est un magazine hebdomadaire marocain francophone, appartenant au groupe « Logique Presse ». Des sujets très variés y sont abordés (économie, politique, société, culture...). Ce magazine généraliste se veut le porte-parole d'un Maroc moderne, dynam w w w . a c t u e l . m a actuelN° 96 - du 28 mai au 3 juin 2011 - 15 DH- 3 € REDRESSEMENT Tous dans le viseur du fisc ! P.34 MAWAZINE Les stars et le public au rendez-vous P.62 اﻟﻤﻐﺮب CONTREFAÇON La chasse aux pirates est ouverte P.30 VÉRITÉ Supplém entIm m obilier 68pages OUKACHA: PRISON VIP TÉTOUAN: HASCHICH CONNECTION SALÉ: À L’ÉCOLE DU JIHAD LA PRISON L a répression systématique de toutes les manifestations, y compris celles du 20-Février, tolérées jusque-là, marque un dangereux tournant. A l’intelligence dont les pouvoirs publics et les jeunes avaient fait preuve, s’est substituée une confrontation qui va crescendo. Aujourd’hui tout le monde défile, sans respecter les dispositions légales devant régir le droit de manifester. Il faut saluer la grande maturité dont les uns et les autres ont fait preuve jusqu’à présent. A l’aveugle endiguement, les autorités ont préféré jouer la carte du laisser-faire, et du dialogue in- formel avec les têtes de pont des manifestants. Et reconnaissons au 20-Février son caractère pacifique; les casseurs ont été contenus. Qu’est-ce qui a pu changer alors? Du côté de l’Etat, il y a d’abord le risque de voir les manifestations se prolonger indéfiniment dans le temps. Il y a ensuite le durcissement du ton de certains manifestants. Il y a, enfin,lechoixfaitparcertaines coordinations du 20-Février d’investir non seulement les grandes artères, mais aussi les quartiers populaires, et de s’attaquer au symbole de la toute puissance de l’Etat, le «siège» de la DGST en l’occurrence. A cela s’ajoute la fébrilité à l’approche de la présentation du texte de la nouvelle Constitution. Mais si le tabassage est justifié, ce dont on est en droit de douter, on peut alors se demander pourquoi les greffiers et les fonctionnaires de la Conservation foncière qui bloquent le pays depuis des mois n’ont, eux, jamais connu la matraque. On peut aussi regretter le silence assourdissant de l’élite marocaine qui ne prend pas ses responsabilités en appelant au calme. Les hommes d’affaires n’ont-ils rien à dire? Il y a pourtant un vrai message à exprimer et qui ne passe pas par la répression: c’est qu’il y a un temps pour tout. Les manifestations catégorielles 3Édito actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 Confusion actuel provoquent un sentiment d’exaspération. Ce pays n’a pas les moyens de se payer une grève générale larvée et permanente. Du côté du 20-Février, le mouvement semble faire les frais de ce qui a fait son succès: sa spontanéité. Son manque d’organisation est parfois flagrant. Ainsi, les pique-niqueurs tabassés, le dimanche 15 mai aux abords du «centre de Témara», ont poursuivi leur manifestation à Témara ville. Alors que les instructions adressées aux forces de l’ordre n’avaient pas bougé d’un iota. Résultat, on a envoyé des personnes au casse-pipe. Ouvert à tous les courants, apolitique et sans idéologie servant de référence, le 20-Février a égalementacceptédanssesrangsdesmilitantsqui sontnettementplusorganisés, autrement plus nombreux et qui, eux, défendent un projet: les activistes d’Al Adl Wal Ihssane. Les propos sont édulcorés, la présence limitée et les positions larges. Mais Al Adl, et c’est d’ailleurs la crainte exprimée par certains jeunes du 20-Février, impose peu à peu sa mainmise sur le mouvement. Le passage d’un mouvement repré- sentatif de toutes les sensibilités qui traversent la société vers un mouvement adliste, qui tolère –pour le moment– l’existence dans ses effectifs de quelques minorités, est une menace réelle. Néanmoins, la répression systématique des manifestations, y compris celles des corps de métiers, ne servira qu’à alimenter le discours de la jamaâ et à la conforter dans sa démarche. Aux uns et aux autres de rester vigilants… parce que personne n’a le droit de nous usurper le droit d’être, un jour, une démocratie pleine et entière. ■ Le pays n’a pas les moyens de se payer une grève générale larvée et permanente. Sommaire ÉCRIVEZ-NOUS À courrier@actuel.ma4 N°96 - DU 28 MAI AU 3 JUIN 2011 Un break à Oukacha? Mezouar ratisse large Rabat envahie de blouses blanches Un barbu peace and love 18 46 50 62 72 SActualités 06 NOUVELLE GENERATION | Mustapha El Khalfi L’Américain du PJD 08 LA SEMAINE EN IMAGES 10 DÉCRYPTAGE 14 DERNIÈRE HEURE 16 INDIGNEZ-VOUS! | Casablanca, la ville sans culture SDossier 18 PRISONS | L’horreur carcérale SEconomie 30 PIRATAGE ET CONTREFAÇON | L’heure du grand ménage a sonné 34 IMPÔTS | Redressement fiscal Tous dans le viseur 36 NOUVELLES TECHNOLOGIES | Au cœur de la machine google 40 IDE | Le Maroc à l’assaut de l’Europe 44 BOURSE SPolitique 46 PARTIS | RNI Les élections d’abord 47 ACTUS | Mutinerie de Salé Les salafistes crient au complot SSociété 50 SANTÉ | Les blouses blanches font leur révolution 52 JEUNESSE | Etude:qui sont nos jeunes? SMonde 56 INTERVIEW | La leçon de démocratie du professeur Barber 60 CHRONIQUE DES DEUX RIVES SCulture 62 FESTIVAL | Mawazine 2011 Le feu d’artifice 66 FESTIVAL | Nass El Ghiwane, by Safy Boutella 68 FESTIVAL | MDR 2011: il n’y aura pas que Jamel! 70 COUP DE CŒUR | Musiques sacrées L’esprit et le cœur 71 AGENDA STendances 72 DÉCO | La crème de Chantilly 76 HI-TECH | Ne perdez pas le nord ! 78 VOITURE | Audi A1 Une citadine raffinée 80 NOUVEAUX PRODUITS, NOUVEAUX MARCHÉS 82 LES CHOIX DE... | Zeyba Rahman La diplomate culturelle actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 PHOTO DE COUVERTURE MONTAGE ACTUEL Le château enchanté EL actuel actuel est édité par Logique Presse. SARL. Capital social : 12,5 millions DH. Directeur et éditeur: Henri Loizeau Directeur de la publication: Abdellatif El Azizi Directeur de la rédaction: Eric Le Braz Rédacteur en chef-adjoint: Tarik Qattab Assistante de la rédaction: Meriem Zraidi Tél. 05 22 95 18 15 / 16 05 29 00 20 02/ 30 03 Fax. 05 22 95 18 14 S RÉDACTION Chefs de service: POLITIQUE : Abdellatif El Azizi ÉCONOMIE : Mouna Kably SOCIÉTÉ : Tarik Qattab Rédacteurs: Yanis Bouhdou, Amanda Chapon, Zakaria Choukrallah, Mohamed Amine Hafidi, Khadija El Hassani, Charlotte Hennebicque (chef de rubrique), Fatim Ezzahra El Hajji Chroniqueurs: Fouad Benseddik, Pascal Boniface, Driss Jaydane Correspondants: Cyril Bonnel (Paris), Gaëlle Lucas (Madrid), Maud Ninauve (Tanger) Photographe: Brahim Taougar Ont collaboré à ce numéro: Inès Asensi, Salma Bahraoui, Zineb Bennouna, Zineb Diouri El Oulam, Mohamed ElHamraoui, Mohamed Mouhim, Aïda Semlali, Salima Yacoubi Soussane S ÉDITION Rédactrice en chef technique: Keiko Catala Secrétaire de rédaction: Ferdinand Demba Révision: Laila Lebbar Directrice artistique: Fadoua Damiri Maquettistes: Youssef El Moutassaddik, Rachid Agouzoul Conception graphique: Studio Baylaucq & Co. S PUBLICITÉ Tel : 05 29 00 40 04/50 05 05 22 36 77 02 Directeur commercial: Moulay Ahmed Alami ma.alami@actuel.ma Responsable commerciale: Ghizlane Malki g.malki@actuel.ma Chefs de publicité: Safaa Aqraou s.aqraou@actuel.ma Taoufik Benattia t.benattia@actuel.ma Assistante commerciale: Kenza Benelkaid S ADMINISTRATION Responsable administratif et financier: Younes Machhour IMPRIMERIE Idéale, Casablanca DISTRIBUTION Sochepress Imprimé au Maroc – Printed in Morocco. Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de l’éditeur. Tirage: 20000 ex S actuel 1, bd Abdellatif Benkaddour, 20050 Casablanca, Maroc Dépôt légal : 2010PE0042/ Dossier presse : 19/09 L’AméricainduPJD MUSTAPHA EL KHALFI S Les dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive.Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays... on calme et son sens de l’écoute n’ont d’égal que la précision de ses propos. Son humilité et ce naturel des «fils du peuple» cachent mal sa nature de premier de la classe. Après son bacca- lauréat, il décroche non pas une licence mais trois: en physique, en droit et en études islamiques. Aujourd’hui, Musta- pha El Khalfi est le directeur d’Attajdid, le journal du MUR, et l’une des éminences grises du PJD. Un parti dans lequel il préside notamment la commission du programme politique et les commis- sions thématiques pour les législatives de 2012. Né en 1973, El Khalfi n’en est pas à son coup d’essai puisque c’est lui qui était la cheville ouvrière des deux der- nières élections (communales 2009 et législatives 2007). C’était juste après son retour des Etats-Unis où il a bénéficié, en 2005, d’une bourse d’études Fullbright à John Hopkins ainsi que du programme Congressionnal Fellow de l’Association américaine des sciences politiques. De- puis, celui qui a intégré le PJD en 1993 a fait du chemin jusqu’à devenir l’expert politique de son parti. Comment voit-il le Maroc aujourd’hui? «Le monde arabe compte deux type d’Etats. Vous avez ceux dont la crédibilité est au- jourd’hui morte et enterrée. Et vous avez ceux où le pouvoir est suffisamment cré- dible pour que le changement et les ré- formes viennent d’en haut. Et le Maroc en fait partie», nous dit-il. Ces change- ments présentent l’avantage d’être à bas coûts et d’une grande rentabilité. «Mais le Maroc passe depuis quelques jours par de grandes zones de turbulences qui me- nacent son statut», nuance-t-il. Citant une analyse parue dans le Los Angeles Times du lundi 23 mai, il pointe du doigt l’excès de violence dont les autorités ont fait preuve ces derniers jours contre les manifestants. «D’où l’importance capi- tale aujourd’hui des forces de régula- tion politique entre l’Etat et la société, à savoir l’institution monarchique et les partis politiques. Et le tout est de savoir si l’Etat a pour priorité de réussir les ré- formes ou de s’attaquer à Al Adl Wal Ih- sane», remarque El Khalfi. Selon lui, le PJD fait son job. Il en veut pour preuve les manifestations organi- sées par le parti samedi dernier dans des villes comme Taza, Nador, Mechra Bel Ksiri. «Nous nous activons d’abord sur le registre de la confiance dans le processus de réformes, et ce, en encadrant la popu- lation du mieux que nous pouvons. Tout comme nous n’hésitons pas à critiquer les erreurs sécuritaires, au même titre que les dérapages de la rue.» La démocratie au Maroc, au sens universel, El Khalfi y croit. Il ne jure dans ce sens que par le modèle de démocratie amé- ricaine. Un système auquel il voue un véritable culte. No- tamment sur le registre de la séparation des pouvoirs. «Avec leur mécanisme de checks and balances, les Américains ont réussi à faire contrôler chaque pouvoir par un autre, et vice- versa. Avec leur principe de power-sharing, ils ont installé des mécanismes de consultation permanents entre tous les ap- pareils. Résultat, alors que nos parlementaires attendaient le projet final de l’accord de libre- échange avec les Etats-Unis, les leurs étaient au fait des détails du projet avant et pendant son élaboration», dit celui qui a résidé au congrès américain pendant près de deux ans, avec pour thématique de travail le regard que portent les législa- teurs américains sur le mouvement is- lamiste... et le Sahara. Autres atouts, tous les modèles de dé- mocratie (représentative, participative, directe…) sont présentés dans le système américain. Sans oublier l’investissement placé dans la société civile dans un pays qui compte 1300000 associations. Last but not least, la véritable foi placée dans la recherche scientifique, y compris en politique. «Au Congrès américain, vous avez dix chercheurs pour un député. Et le tiers du budget du Congrès va à la re- cherche scientifique.» Et c’est d’ailleurs pour ne rien sacrifier à ses recherches qu’El Khalfi n’a pas l’intention de se pré- senter aux prochaines élections. Une partie remise? Tarik Qattab NOUVELLE GÉNÉRATION AICPRESS actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 Actualités8 LesommetduG8veutlancerun«partenariatdurable»aveclaTu- nisieetl’Egypteetcomptesoutenirles«réformesdémocratiques» dans les pays du Sud. Concrètement, le Caire réclame entre 10 et 12 milliards de dollars, et la Tunisie 25 milliards, pour rebondir. ■ Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le candidat des primaires socialistes françaises, François Hollande, est remonté dans les sondages après le scandale de DSK, favori des urnes avant son procès. Un front anti-Hollande pourrait même le booster. ■ G8 La démocratie d’abord France Quand DSK n’est pas là… La nouvelle éruption volcanique en Islande a fait craindre un re- make de ce qui s’était passé l’année dernière. Plusieurs vols ont été annulés, mais selon les analystes, le pire est derrière nous. Le panache des cendres s’est considérablement réduit. Ouf. ■ Habitué des scandales, Lars Von Trier n’a pas dérogé à la règle lors du dernier festival de Canne. Le réalisateur s’est fait éjecter du festival en raison de ses propos jugés «antisémites». Son film, Melancholia, a remporté le prix de l’interprétation féminine. ■ Volcan Après Eyjafjöl, Grimsvötn Cannes Le scandale SDiable, la révolution! Le diable himself fait face à une fronde de ses disciples. Il décide alors de s’entretenir avec tous les dictateurs arabes. Pour rigoler, une adresse: bit.ly/mFcbuH VU SUR LA TOILE actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 SGeekeries Le ARdrone fait son entrée au Maroc! Disponible dans tous les showroom Apple, cet avion téléguidé par iPhone fera fureur au sein de la communauté des geeks. Inutile mais diablement irrésistible. JeffPachoud/AFP MichaelNelson/AFPjohnmacdougall/AFP FrancoisGuillot/AFP 9Actualités / LA SEMAINE EN IMAGES Le Raja a fêté comme il se doit la «Nejma», l’étoile qui ornera désormais le maillot du vainqueur de cette saison de la Botola. Les festivités ne sont toujours pas terminées: dans certains quar- tiers, c’est une vache aux couleurs des verts qui est de sortie. ■ Le général Ratko Mladic, surnommé le «boucher des Balkans», a finalement été arrêté, après quinze ans de cavale. Sur la photo, une de ces dernières apparitions à la télévision bosniaque en 2009. Une arrestation qui «lave l’honneur de la Serbie». ■ Raja Dima dima khadra Mladic Ils l’ont eu Les zombies sont à la mode, c’est connu. Mais en République tchèque, les morts-vivants ont eu droit à un festival rien que pour eux. La quatrième édition de cet événement n’a heureuse- ment pas connu de consommation de chair fraîche! ■ Pourhonorerlesfamillesdesvétéransdeguerreaméricainsetbri- tanniques, le président US, Barack Obama, et le Premier ministre anglais, David Cameron, ont mis les petits plats dans les grands. Ils ont servi eux-mêmes les hôtes d’un barbecue spécial. ■ Zombie In your heaaaad! Evénément Barbecue présidentiel SSea, sun and laptop Le Maroc dispose d’un fort potentiel solaire. Et si vous l’utilisiez pour travailler sur votre laptop? C’est ce que pro- pose Samsung avec le premier portable solaire à destination des pays du Sud. actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 SSony,make,don’tbelieve! On croyait les déboires de Sony finis, depuis la restauration de son réseau PSN. Eh non, la firme nipponne fait désormais face à de nouvelles attaques informatiques en Grèce, en Thaïlande et en Indonésie. Le géant de l’électro- nique est devenu la cible des hackers. HO/AFP AliLaroussipouractuel JewelSamad/AFP MichalCizek/AFP Actualités / DÉCRYPTAGE10 Cession de BCP: d’une pierre deux coups ● LES FAITS L’Etat et le Groupe Banque Populaire se sont mis d’accord pour céder aux Banques Populaires Régionales (BPR) 20% du capital de BCP. Cette opération permet à l’Etat d’empocher sans attendre 5,3milliards de dirhams. Elle permet aussi d’accélérer la modernisation du mode de gouvernance mutualiste du groupe bancaire. ● LE COMMENTAIRE Surfant sur la vague de la régionalisation, Mohamed Benchaâboun n’avait pas manqué, lors de la présentation des résultats 2010, d’annoncer une réorganisation imminente du groupe, qui collerait aux attentes des régions. A travers cette cession, le groupe peut se targuer aujourd’hui d’être le groupe bancaire le plus orienté région au Maroc. Une cession qui renforce la cohésion du Crédit Populaire du Maroc (CPM) et le rapproche des standards des grands groupes mutualistes internationaux où les banques régionales détiennent la majorité du capital de leur banque centrale. Concrètement, les dix BPR détiendront chacune 2% de plus des actions cédées. Les BPR deviendront ainsi l’actionnaire de référence de la BCP, en contrôlant 40% du capital. ● ET DEMAIN Mais le groupe ne compte pas s’en tenir là. Pour se donner les moyens de ses ambitions, il procédera à une augmentation de capital en trois étapes: 10% via une OPV, 5% réservée au personnel et 5% à 15% via l’ouverture du capital à un institutionnel, national ou étranger. Un agenda chargé. M.A.H. ● LES FAITS Ahmed Ghazali, président du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, a été reconduit en tant que président de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA). ● LE COMMENTAIRE Le seul fait nouveau, c’est que le roi a mis fin au mandat de personnages douteux, tel Ilyas Omari, pour les remplacer par des personnalités qui jouissent d’un certain consensus tels que Faouzi Skali, ou encore Mohamed Abderrahim. Les autres membres ont été désignés selon les dispositions du dahir portant création de cette instance, qui confère un quota au Premier ministre. Ce dernier a choisi l’ex-ministre Rniste des droits de l’homme, Mohamed Aujjar, et Bouchaïb Ouabbi. Talaâ Saoud Atlassi a été désigné par le président de la Chambre des représentants alors que Khadija ElKour a été nommée par le président de la Chambre des conseillers. Le roi a engagé les nouveaux membres à «observer scrupuleusement les règles d’accès équitable aux médias audiovisuels pour les différents courants de pensée et sensibilités de la société marocaine, tout en veillant au respect de la primauté de la loi». ● ET DEMAIN A l’approche des futures échéances législatives, l’instance devra jouer le rôle de régulateur pour éviter que des formations ou des hommes politiques, qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès du pouvoir, ne soient marginalisées par les médias publics. A. E. A. ▲ HACA Valse des membres DR DR CFC : Ibrahimi pose les jalons ▲ ● LES FAITS Saïd Ibrahimi a donné le véritable coup d’envoi au projet sur lequel il planche depuis plusieurs mois. Le directeur exécutif de Moroccan Financial Board (MFib) a scellé un accord de partenariat avec Singapour Cooperation Enterprise (SCE) pour accompagner le développement de Casablanca Finance City (CFC). ● LE COMMENTAIRE Le ton est donc donné. Le partenariat conclu avec la quatrième place financière mondiale va permettre au futur centre financier international de s’aligner, d’emblée, sur les meilleures pratiques de régulation et de supervision du secteur financier. Il couvre également les volets légaux et institutionnels qui contribueront à faire de Casablanca un hub financier régional. De plus, le SCE s’engage à aider les promoteurs du projet à mettre en avant les atouts compétitifs de la place financière, comme l’environnement des affaires. A noter que le SCE est reconnu en tant que place financière qui accueille à la fois les institutions financières et les sièges des multinationales. Un tel partenariat vient donc préciser le positionnement de la place financière de Casablanca. ● ET DEMAIN Les choix stratégiques sont désormais clarifiés. La conclusion de cet accord tord le cou aux rumeurs qui couraient ces dernières semaines à propos du gel momentané du projet. Au contraire, le chantier semble bien avancer et le SCE s’engage à soutenir MFiB dans la promotion de la future place à l’international. M.K. DR ▲ actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 Actualités / DÉCRYPTAGE12 ● LES FAITS Les questions orales au Parlement fusent depuis l’éclatement du scandale, provoqué par le département de tutelle, faisant état des dysfonctionnements dont souffrent bien des cliniques et les abus auxquels s’adonnent certaines. ● LE COMMENTAIRE Les langues se délient à propos du fonctionnement des cliniques privées. Y compris celle de la ministre, Yasmina Baddou. Son opération de contrôle a ouvert une véritable boîte de Pandore. Les constats auxquels elle a abouti sont pour le moins alarmants. Au-delà de la catastrophe vers laquelle se dirige ce secteur vital, on apprend que la loi régissant l’exercice de la médecine est complètement désuète. Elle considère les cliniques comme des associations, et non des entreprises. La ministre constate que même les outils et les mécanismes publics de contrôle sont limités. En volume d’abord, puisque ladite opération n’a finalement porté que sur 50 cliniques, sur plus de 300 établissements privés que compte le pays, mais aussi en degré d’expertise et, disons-le, d’intégrité de ceux-là même qui étaient censés nous dire la vérité. ● ET DEMAIN Si le contrôle, tel qu’il a été effectué, laisse une marge aux cliniques pour critiquer la démarche et son bien-fondé, il leur accorde aussi du temps pour se réformer. Sans quoi, l’administration devra sévir. Les temps ont vraiment changé. T.Q. ▲ Cliniques privées Le débat fait rage ▲ Prostitution de luxe Réseau démantelé ● LES FAITS Les gendarmes de Sidi Bouzid viennent d’interpeller plusieurs personnalités de la région, soupçonnées d’être à la tête d’un vaste réseau de prostitution de luxe. ● LE COMMENTAIRE L’affaire remonte au samedi 21 mai, quand des résidents de la station touristique de Sidi Bouzid ont fait appel aux gendarmes pour mettre fin à une rixe entre des voisins en état d’ébriété avancé. Une fois sur place, les gendarmes ont juste le temps d’apercevoir des femmes s’enfuir à bord d’une voiture de luxe alors que leurs compagnons, des hommes d’affaires et deux Saoudiens, sont embarqués pour enquête. Le parquet a ordonné l’arrestation d’un entremetteur, et celle d’un chauffeur de grand taxi qui acheminait les filles de joie de Casablanca, et a confisqué les passeports des deux Saoudiens en attendant la fin des investigations. Selon les premiers éléments, le principal commanditaire de ce réseau serait le patron d’une agence de location de voitures d’El Jadida. Il mettrait des jeunes femmes à la disposition de riches hommes d’affaires originaires pour la plupart du Moyen-Orient. ● ET DEMAIN Policiers et gendarmes connaissent bien les proxénètes qui gèrent le business de la prostitution de luxe dans la région. Embarrassés par une affaire qui leur tombe «accidentellement» entre les mains, feront-ils preuve de zèle ou bien l’argent qui coule à flots réglera-t-il l’histoire? A.E.A. DR Attentat d’Argana Le tourisme explose ▲ ● LES FAITS Les pouvoirs publics ont beau s’en cacher, le tourisme à Marrakech a fini par prendre une belle gifle après l’attentat criminel dans le café Argana. De source officielle, on annonce que la moitié des réservations des tours opérateurs ont finalement été annulées. ● LE COMMENTAIRE C’est un véritable désastre pour un secteur aussi névralgique que le tourisme. Et cela repose la question de notre dépendance économique vis-à-vis d’un secteur aussi volatil. Une ville comme Marrakech, avec son potentiel agroalimentaire, mérite mieux que de rester éternellement otage d’une vision réductrice voulant qu’elle soit une ville touristique, ou qu’elle ne soit pas. La banqueroute que connaît un pays aussi avancé et assisté que l’Espagne, accusant aujourd’hui un taux de chômage de 20%, devrait nous pousser à diversifier davantage nos ressources. Et à une échelle aussi réduite que celle d’une ville, la logique de vache à lait sectorielle devrait impérativement céder à celle d’un développement global et intégré, qui ne laisserait pas opérateurs et travailleurs en proie à la folie d’un seul meurtrier. ● ET DEMAIN Le jour où Marrakech sera autre chose que cette destination paradisiaque où l’«on est mal servi», avec de vrais atouts de développement, correspondra peut-être au jour où le Maroc ne se résumera plus à ce pays ô combien hospitalier, mais ô combien fragile.T.Q. actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 DR Actualités14 actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011 SileMarocestunbonélèvedémocra- tique, il aura droit aux euros. C'est le sens du message adressé par Eneko Landaburu, l'ambassadeur de l'UE à Rabat le 26 mai. Concrètement: «1,240milliard d'euros de dons sont prévusd'ici2013,ainsiqu'uneaugmen- tation de 1milliard d'euros de crédits delaBanqueeuropéenned'investisse- ment,etuneinterventiondelaBanque européenne de reconstruction et de développement (BERD) en Egypte, et nous l'espérons, au Maroc.» ■ Lesmilliardsde Landaburu ALE Ça bouge enfin! Les exportations vers les pays avec lesquels le Maroc a signé un accord de libre-échange ont progressé, en 2010, de 23% contre une hausse de 7% pour les importations. Selon le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maazouz, la tendance haus- sière des exportations s'est poursuivie au cours ≤du premier trimestre 2011 puisqu’elles ont atteint 39%. Ces performances seraient le fruit des efforts déployés par le Maroc dans le cadre du partenariat public-privé. Pourvu que ça dure!■ Parution Quelavenir pourleMaghreb? Plus de 20 experts, marocains, tunisiens... planchent sur un ouvrage qui paraîtra sous le titre Quel avenir pour le Maghreb face aux mutations géostratégiques mondiales, en 2012. Les perspectives po- litiques et socioéconomiques dans cette région stratégique sont traitées à la lumière du récent "printemps démocra- tique" dans le monde arabe. ■ Marketingsportif LeMaroccourtisé Quarterback, l’agence fran- çaise de marketing sportif et de communication, qui orga- nise le célèbre Roland Garros en France, a des visées sur le Maroc. Actuellement, des mis- sions de prospection et d’étude de marché sont entamées pour l’ouverture d’une filiale au cours de l’année 2012.■ ● Bien avant que Youssef Amrani ne soit nommé au poste de secrétaire général de l’Union pour la Médi- terranée, l’Algérie boudait l’instance et assurait que «ce n’est pas un Algérien qui le secondera». ● Les bureaux d’Ahmed Midaoui croulent sous les requêtes de responsables d’administrations, qui de- mandent au président de la Cour des comptes d’auditer les comptes de leur dépar- tement. Dernier en date, le directeur de l’académie d’Agadir qui a adressé une correspondance en ce sens. ● «Tous les problèmes sont sur le point d’être solution- nés», a précisé le maire de Tanger, au sortir d’une réu- nion avec les responsables d’Amendis, le 25 mai. ● Après les réactions en chaîne de ses journalistes, Samira Sitaïl boude désor- mais 2M. En déplacement à l’étran- ger, la directrice de l’infor- mation de 2M a coupé le contact avec ses troupes. ● Le magnat de l’hôtellerie, Abdelhadi Alami, met les bouchées doubles pour sor- tir son quotidien en arabe le 3juin. Al Khabar permettra à l’ex-membre du RNI de se payer ses adversaires et de se faire une place au soleil des futures législatives. ● Le SG du Parti travailliste, Abdelkrim Benatik, tente de faire son come-back en créant une jeunesse de son parti, dont les membres sont recrutés au sein du mouvement du 20-Février. ● Richbond aurait fait les frais d'un redressement fiscal d'un milliard de DH. ■ BrahimTaougar/actuel de dirhams par jour, c’est le prix des grèves qui secouent l’Agence nationale de la conser- vation foncière, du cadastre et de la carto- graphie (ANCFCC). SLe chiffre 100 SLe regard de Mouhim Les bruits du village Kadhafi A mort Al Jazeera! «Les officiers et les soldats qui peuvent tuer Mouammar Kad- hafi en tirant sur lui un coup de feu, qu’ils le fassent.» Cette fatwa de Cheikh al-Qaradaoui sur Al Jazeera a valu à la chaîne un procès in- tenté par l’association Mouvement d’amitié et de coopération entre les peuples européen et libyen (M.P.S.L.) pour «incitation au meurtre». Le tribunal correctionnel de Paris tranchera le 4 juillet prochain sur ce procès, alors que le conflit libyen ne connaît tou- jours pas d'issue. ■ millions Dernière heure 15 [ LU DANS LA PRESSE ARABOPHONE ]Cartegrise,permis Ouestpassé Ghellab? L’obtention de la carte grise et le changement du permis relèvent désormais d’un véri- table parcours du combattant. Les délais d’attente vont jusqu’à six mois. Pourtant, le ministère de l'Equipement et des Transports a perçu 59MDH pour les cartes grises et une recette de 215,55 MDH pour les frais de dossier du permis de conduire, sans oublier les 500 MDH des PV dressés en 2010 par les agents verbalisateurs. Ce pactole ne suffit-il pas à mo- tiver les fonctionnaires des 63centres d'immatriculation du pays?■ Mawazine Shakiraes-tulà? Le 26 mai, Facebook et Twit- ter bruissaient de rumeurs sur l’annulation du concert de Shakira. «C’est vraiment n’importe quoi!», nous a assuré le directeur artistique de Mawazine, Aziz Daki.■ Communication politique Chabatsepaie JamaâElFna Sacré Chabat, il ne rate aucune occasion pour se faire mousser. Après avoir offert une maison meublée à la veuve de Yassine El Bouzidi, le garçon de café qui a trouvé la mort dans l’attentat de l’Argana, le patron de l’UGTM a réussi à recruter tous les employés du fameux café dans son syndicat.■ Agriculture Alerteàlamau- vaiseherbe! La FAO s’inquiète du retour possible d’une mauvaise herbe redoutable, nommée morelle jaune, qui avait sévi, au Maroc d'abord, puis en Algérie et en Tunisie, il y a quelques années de cela. L’herbe signalée en Irak, en Syrie, au Liban et en Jorda- nie, a déjà infesté plus de 60% des terres cultivées, principa- lement plantées de blé et de cotonniers.■ BTP JackpotpourSGTM Une fois n’est pas coutume. Un pont à Rabat à la pointe de la technicité vient d’être réalisé par une entreprise marocaine, SGTM. Le nu- méro un marocain du BTP a été accompagné par un consortium de trois bureaux d’études (français, suisse et un marocain). Coût du projet: 900 MDH sur une durée de 36 mois. Parallèlement, SGTM est engagée dans la réalisa- tion de barrages dans quatre villes du Royaume, et d'un terminal à conteneurs dans le port de Casablanca.■ OCE Commission d’enquête Le PAM s’apprête à ouvrir la boîte de Pandore de l'Office de commercialisation et d'exportation, en mettant en place une commission d'enquête de la Chambre des conseillers. La commission, dont Abdelhakim Benche- mass est le président, a tenu mardi dernier sa première réunion. Les députés sont déterminés à présenter le dossier à la justice si les soupçons de prévarication se vérifiaient. ■ La jamâa d’Al Adl Wal Ihsane a réussi sa main- mise sur le Mouvement du 20 février, c’est un fait. Elle a trouvé l’occasion rêvée de se venger des autorités, tirant profit de sa capacité de mobilisation et d’organisa- tion… Le risque de cette OPA de la jamâa sur les marches et les sit-in de protestation concerne la perspective même du changement, puisque les revendications légitimes sur lesquelles tous les Marocains s’accordent sont aujourd’hui otages des adlistes. Ce qui s’est passé dimanche dernier est parlant à ce titre. Nous cherchons nullement à jeter des fleurs aux autorités, ni à défendre l’usage de la violence contre les manifestants. Mais nous tenons à attirer l’atten- tion sur la manipulation des jeunes et l’utilisation des circonstances actuelles pour enfreindre la loi. Celle-ci est une ligne rouge pour tous les Marocains. Et ceux qui ont des comptes à régler ou des agendas cachés n’ont qu’à les clamer clairement, au lieu de s’abriter derrière les jeunes. ■ BrahimTaougar/actuel Assabah OPA d’Al Adl Al Massae La lutte continue Le comité national de sou- tien à Rachid Niny vient de dévoiler son programme. A l’ordre du jour, un sit-in devant le ministère de la Justice. Cité par le jour- nal, Larbi Messari, ancien ministre de la Communica- tion, a affirmé à cet égard que l’arrestation de Niny visait d’abord à semer «la trouille» dans les milieux journalistiques, le message étant qu’il ne fallait pas trop se réjouir du change- ment. ■ Assahra Al Maghribia El Hamdaoui absent L’attaquant de l’Ajax Amsterdam, Mounir El Hamdaoui, sera absent de la rencontre devant opposer le Maroc à l’Algérie, et comptant pour les élimi- natoires de la CAN 2012. Blessé lors de la dernière rencontre de son club, dont il est d’ailleurs sorti cham- pion de la saison 2010-2011 aux Pays-Bas, El Hamdaoui ne sera, décidément, pas prêt à temps. ■ Al Alam 900 ex-détenus en sit-in Plusieurs centaines d’an- ciens détenus marocains aux camps de Lahmada, en Algérie, sont entrés en sit-in ouvert depuis mardi 24 mai. Anciens soldats, les intéressés demandent la reconnaissance par l’Etat de leurs «sacrifices» et une réparation matérielle et morale. ■ actuel / Semaine du 28 mai au 3 juin 2011
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