Challenge 363 - Page 1 - L'HEBDO MAROCAIN DES DÉCIDEURS DRISSELAZAMIELIDRISSI, MINISTREDÉLÉGUÉCHARGÉDUBUDGET «Ledirhampublicdépensédoitêtre undirhamutile» PROGRAMME GOUVERNEMENTAL. Lacontinuitéaulieu delarupture LaCAN«àfric» FOOTBALL La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) tient en haleine des millions de téléspectateurs dans le continent et ailleurs. En plus d’être une compétition sportive, elle est aussi un générateur de croissance pour les pays organisateurs et de business pour les opérateurs. Que coûte l’organisation d’un tel événement ? D’où vient l’argent de la CAN ? Qu’est-ce qui attend le Maroc en 2015 ? Tout sur l’argent de la CAN. ForumdeRabat:concrétiserl’intégrationafricaine! Mohamed Benamour, Président du Conseil pour le Développement et la Solidarité (CDS) et initiateur du Forum de Rabat. N ? . www.challenge.ma 15DH - 2T N° 363 Du 27 janvier 2 février 2012 L a crise de l’économie mondiale a remis à l’ordre du jour les vertus du protectionnisme. Au-delà des extrêmes, ceux qui dénoncent non pas les effets de la mondialisation, mais celle- ci en elle-même, des idées fleurissent pour sauvegarder les intérêts nationaux. En Europe, ceux-là même qui militent pour une intégration européenne plus poussée, en appellent au patriotisme économique. Il n’est pas question pour nous d’importer des débats complexes qui concernent des réalités très différentes. En revanche, il est clair que le Maroc est confronté à des problématiques de même ordre, bien que différentes dans leur essence. Notre pays a signé des accords de libre-échange qu’il ne s’agit pas de dénoncer. Cependant, cela ne veut pas dire que nos gouvernants sont démunis. Nous avons deux moyens, utilisés par les grandes puissances, pour aider nos entreprises. Le premier relève de la protection du consommateur, le second est la faculté laissée aux Etats de réguler la consommation intérieure. Il y a chaque année des dizaines de victimes des chauffe-eau chinois. La législation du commerce international, celle de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), nous permet de fixer les standards des produits éligibles au marché marocain. Nous avons le droit de refuser l’entrée aux chargeurs de téléphone qui explosent tous seuls, aux chaussures qui donnent des maladies de peau. Encore faut-il que les autorités marocaines établissent des normes fiables, opposables à ce genre de produits. C’est un processus de normalisation qui n’est ni envisagé, ni en cours. Par ailleurs, le Maroc peut taxer la consommation intérieure comme il veut. Surtaxer les produits de luxe, non pas à l’importation mais à la consommation, ne contrevient à aucun des engagements internationaux du pays. Il faut aller plus loin. Partout en Europe on incite les citoyens à consommer la production locale. Les Marocains sont des patriotes, ceux qui peuvent choisir, en dehors de la contrainte prix, sont nombreux. Il faut en appeler au civisme de ces consommateurs en créant un label Maroc. Il faut que le consommateur puisse choisir, y compris de payer plus cher un produit, parce qu’il est « made in Maroc ». Evidemment, il faut que politiques, médias et acteurs économiques s’engagent dans une telle campagne. Cette panoplie de mesures est nécessaire pour sauvegarder le tissu industriel. Les Marocains sont prêts à l’entendre et à y adhérer. ■ PatriotismePatriotisme économiqueéconomique par Kamal Lahlou ÉDITO 3Du 27 janvier 2 février 2012 38-39 47 4 Du 27 janvier 2 février 2012 Les Éditions de La Gazette 58, avenue des FAR, Tour des Habous 13ème étage, Casablanca 20000, Maroc Tél. : 0522 54 81 50 à 52 Fax. : 0522 31 80 94 DIRECTION Président directeur général et directeur de la rédaction Kamal Lahlou Direction de la rédaction Adil Lahlou, Rafik Lahlou, Jamal Berraoui Conseillers Mohammed Ennaji Samir Sobh Secrétaire de rédaction Adama Sylla RÉDACTION Nouredine El Abbassi, Hayat Gharbaoui, David Jérémie, Badya Khalid, Nawal Maftouh, Saloua Mansouri, Mar Bassine Ndiaye, Michel Roussel, Karim Touach CORRESPONDANTS Brahim Boulid (Agadir-Souss), Ahmed Zouine (El Jadida–Safi-Abda-Doukkala), Mohamed Lebbihi (Kalaât Seraghnas–El Haouz), Mahjoub Talbi (Benguerir-Rhamnas), Jawad Rami (Fès- Boulmane-Meknès–Tafilalet), Abdelmajid Tanani (Béni Mellal-Tadla), Mahjoub Ansari (Sahara), Ahmed Lemrini (Tétouan Nord-Sebta), Zahreddine Taybi(Oujda-Oriental), Karima El Harrati (Ouarzazate-Massa Drâa) Traduction et rewriting : Omar El Anouari Correspondante à Paris : Nawal Lachguar Experts & consultants Najib Salmi,Habib Adil, Mohamed Ameskane, MAQUETTE New Publicity PAO Mohamed Douhabi - Saâd Faquihi PHOTOS Taoufiq Mouannis Ahmed El Ouahi AFP AIC PRESS RÉVISION Latifa Ejjawi, Larbi Alaoui PUBLICITÉ New Publicity 58, avenue des FAR, Tour des Habous 14ème étage, Casablanca 20000, Maroc Tél. : 05 22 54 81 53 à 57 Fax : 05 22 30 97 07 - 05 22 30 09 90 E-mail : publicite@new-publicity.com ABONNEMENT ET DIFFUSION Yassine Dinia infos@leseditionsdelagazette.com tél. : 05 22 54 81 97 IMPRESSION IMPRIGEMA, Casablanca DISTRIBUTION Maroc : Sochepress France : Presstalis Dépôt légal : 02/2004 ISSN : 1114-7458 Tirage : 20.000 exemplaires www.challenge.ma SCANNER 6-10 ECLATSDEVOIX11 L’immolation par le feu, Une mort d’un autre âge ParMohamedEnnaji INTERVIEW 12-13 Driss El Azami El Idrissi, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget “Le dirham public dépensé doit être un dirham utile” DOSSIER14-22 CAN 2012 : Combien ça coûte ? ÉCONOMIE 24-29 Programme gouvernemental La continuité au lieu de la rupture Forum de Rabat Concrétiser l’intégration africaine ! Tourisme Le Maroc met le cap sur un million de touristes espagnols Caisse de Solidarité Qu’en pensent les contributeurs ? BUSINESS 30-39 Fraudeenentreprise Les détournements d’actifs sont les plus répandus Aéronautique La famille Bencherki cède ASI à Dassault Textile Quelles perspectives pour 2012 ? Immobilier RésidencesDarSaâda:des revenusassurésjusqu’en 2018 Immobilier professionnel LeTechnoparkfêtesesdixans NTI Unestart-upmarocaine àlaconquêtedel’Ouest! Restauration Et de trois pour Starbucks Coffee ! Web Selektimmo.comfait peauneuve Formation Mc Donald’s investit dans la filière tourisme Najib Cherfaoui, Enseignant-chercheur L’ingénieur des ponts, spécialiste des ports FINANCE 41-43 La semaine de la Bourse Une reprise à confirmer AutoHall Retourdelacroissance POLITIQUE 44-45 Poing sur les “i” Et si on soldait les comptes ? ParJamalBerraoui Rupture ou continuité : le programme du gouvernement Benkirane fait débat INTERNATIONAL 46-47 Algérie–Maroc La voie de la raison Politique Une deuxième loi en France sur le génocide arménien MAGAZINE SOCIÉTÉ 48-51 L’industrie de la musique urbaine reste artisanale Fermeture de Megaupload Les Marocains divisés CULTURE 52-54 Roui...cha Lasymphonieinachevée SPORT 56-57 LEDEUXIEMESOUFFLE Par Najib Salmi AUTOMOBILE 58-61 NouvellePorsche911CarreraS Théorie de la révolution Renault Maroc Ambitions réaffirmées pour 2012 Trophéesdel’Automobile2012 L’Ypsilon triomphe ! CHRONIQUE 62 Les ténèbres et les miroirs Les contre-révolutions arabes ParJamalBerraoui SOMMAIRE 48-49 26-27 6 Du 27 janvier 2 février 2012 SCANNER Le CEPS (Centre d’Etude et de Prospective Stratégique) basé en France devait lancer le 26 janvier son Club Confluence à Casablanca. Ce dernier a vocation de se saisir des questions relatives aux relations d’échanges, d’investissements et de développement entre le Maroc, l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Il rassemblera dans un cadre restreint quelques personnalités sélectionnées en fonction de leurs compétences dans leur domaine et impliquées par les sujets euro-africains. Véritables réunions de brain-storming, ces sessions régulières sont l’occasion pour un certain nombre d’experts et de décideurs d’échanger leurs expériences et d’approfondir leurs points de vue. Un club de réflexion pour décideurs internationaux VITE DIT Pour sensibiliser plus le grand public aux avantages du dispositif fiscal, la Direction Générale des Impôts (DGI) poursuivra dans les prochains mois sa grande campagne publicitaire pour la promotion du civisme fiscal. Le calendrier est déjà établi. Lancée en mai dernier, cette opération se déroule périodiquement sur trois mois. L’objectif est d’encourager les opérateurs à s’identifier et à aller vers la transparence. Des spots seront diffusés via les stations de radio et les chaînes de télévision nationales. La DGI poursuit sa campagne de civisme fiscal Au secours, ils reviennent ! A li Ammar et Jean- Pierre Tuquoi ont co-signé un nou- veau pamphlet anti-ma- rocain. Cette fois, ils ont choisi de s’éloigner de la politique ou des ques- tions de démocratie. Ils ont choisi de dénoncer les relations « occultes » entre Paris et le Maroc. Ils croient déceler des « combina- zione », des réseaux quasi-mafieux qui spolient le peuple marocain. En contrepartie, le quai d’Orsay apporte au Maroc un soutien «sans lequel le Sahara serait indépendant depuis longtemps ! ». Ali Ammar insulte les soldats tombés pour la défense de l’intégrité territoriale. Les deux compères, tombés bien bas, qualifient Marra- kech de nouvelle Sodome. Ce « travail d’investigation » dégouline de haine, mais in- terdire sa commercialisation au Maroc serait une faute. Laissons- les afficher leur subjectivité haineuse et cupide qui ne peut plus tromper personne au lieu de leur fournir une publicité gratuite ! LES NOTES DE CHALLENGE Abdellatif Zaghnoun, directeur général des Impôts EXAMEN RÉUSSI El Othmani a eu un entretien de trois heures avec Bouteflika. Rien n’a filtré même si l’on sait qu’il n’y a pas d’avancées majeures. Mais en réussissant sa visite, le nouveau ministre des Affaires étrangères a pris de l’épaisseur. Le psychiatre, que rien ne prédisposait à ce poste, se montre à la fois volontaire, discret et compétent. En s’émancipant rapidement, il met fin aux craintes sur un bicéphalisme de la diplomatie marocaine. Il est clair que l’affaire du Sahara continuera à relever du Palais. C’est l’institution monarchique qui est le garant de l’intégrité territoriale sur le plan constitutionnel. Sur un plan purement pratique, «la boîte noire» des tractations est au Palais. El Othmani y sera à l’occasion associé, mais n’aura pas la main sur le dossier. A part ce cas-là il a toutes les marges de manœuvre et compte bien en profiter. C’est en tous cas ce qu’il a démontré en quelques semaines. 10/10 LES CHANTRES DE LA MORT Ce qui devait arriver est arrivé ! Un jeune diplômé-chômeur est mort après s’être immolé par le feu. Ce mode de protestation fleurit depuis Bouazizi et la révolution du Jasmin en Tunisie. Des jeunes pensent détenir l’arme absolue en menaçant de s’immoler. Par un mimétisme déconcertant, ils croient que les autorités auront peur d’une révolution et qu’elles répondront à leurs revendications dans l’urgence. Il ne faut pas minimiser le désespoir de ces chômeurs, mais il faut réagir sur deux axes. Le premier est de les convaincre que «l’intégration directe et immédiate» à la fonction publique de tous les diplômés est impossible parce qu’elle met l’Etat en faillite. Le second concerne les modes de protestation. La société civile est sommée de prendre ses responsabilités au lieu de présenter des actes de désespoir comme de l’héroïsme. 0/10 8 Du 27 janvier 2 février 2012 SCANNER LES NOTES DE CHALLENGE L’OPPOSITION CITOYENNE Zoubida Bouayad, chef du groupe socialiste à la Chambre des conseillers a déclaré : «Bien évidemment, nous ne pouvons que soutenir la volonté affichée par le gouvernement de combattre « al fassad ». C’est une revendication populaire à laquelle nous ne pouvons que souscrire. « L’opposition tout en jouant son rôle, ne fait pas dans la politique politicienne. Cela nous promet un débat public de qualité, d’autant plus que le chef du gouvernement a promis d’assister aux séances de questions orales chaque fois qu’il le peut ». C’est l’unique voie pour crédibiliser les institutions, responsabilité qui incombe à l’ensemble des organisations partisanes, et non pas uniquement à la majorité. Cette démarche nécessite une profonde révision des politiques d’information des médias publics, y compris la MAP, pour donner corps à la nouvelle Constitution, en particulier, en confortant l’opposition dans son rôle. Il est vital que l’intérêt de l’opinion publique soit maintenu et même renforcé. 10/10 LA TRANSPARENCE N’EST PAS UN RÈGLEMENT DE COMPTES Un ancien secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports accuse Belkhayat de malversations et réclame une procédure judiciaire. Il ne cite pas nommément l’ex-ministre ni aucun membre de son équipe, ne met sur la place aucune preuve et ne signale même pas les dossiers, les chantiers, qui auraient donné lieu à ces hypothétiques détournements. Il a lui-même été poussé vers la porte, suite à des accusations, sans procès. Son animosité peut s’expliquer sur le plan humain. Mais s’agissant d’un responsable politique, l’on est en droit de lui réclamer, d’abord d’étayer ses accusations, ensuite de les remettre au procureur du Roi. Les Marocains veulent réellement en finir avec tous les aspects douteux de la gestion publique. Instrumentaliser ce sentiment pour salir les gens aboutit à exaspérer le peuple, sans permettre à la justice de passer. La règle de droit est claire; ou il prouve les malversations, ou il subit les rigueurs de la loi. Cette règle a été appliquée à des journalistes, pourquoi pas aux politiques ? 0/10 Le Jordanien Hikma Pharmaceuticals à l’offensive ! L e laboratoire pharmaceuti- que jordanien, Hikma Pharmaceuti- cals PLC, poursuit son Offre Publique d’Achat (OPA) sur le laboratoire marocain Promopharm, au travers de sa filiale Hikma MENA Holding. Selon une source proche du dossier, l’entreprise jordanienne détiendrait 94,12% de la marocaine depuis la semaine passée. En septembre dernier déjà, elle avait acquis 63,9% du labora- toire marocain. Fondée en 1978 à Amman, Hikma Pharmaceuticals PLC, est cotée à la bourse de Londres et est présente en Italie, en Allemagne, et en Arabie Saoudite. Depuis 2010, elle prend pied dans le maghreb au travers du rachat d’Ibn Al Baytar, en Tunisie et en Algérie, par le rachat de 50% des actions de Al Dar Al Arabia. Une marche victorieuse au Maroc, somme toute. VITE DIT Dans son message adressé aux participants lors de la cérémonie de clôture des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d’hiver à Innsbruck en Autriche, le président du Comité International Olympique (CIO), Jacques Rogge, a relevé la performance marocaine. «Soixante-dix pays étaient représentés à ces Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver, et notamment le Maroc, devenu le premier pays africain à remporter une médaille dans une épreuve olympique de sports d’hiver avec l’or décroché en super-G par le skieur Adam Lamhamedi», dit-il. Cette cérémonie a marqué la fin de dix jours de compétitions sportives de niveau international spécialement conçues pour le bon millier de jeunes athlètes âgés de 15 à 18 ans. Tout au long de ces Jeux, plus de 110 000 spectateurs ont soutenu les athlètes qui concouraient dans des installations intérieures ou extérieures de premier ordre. Hommage du président du CIO au Maroc Said Darwazah, PDG de Hikma Pharmaceuticals. Jacques Rogge, Président du Comité International Olympique (CIO). Prestigia by Faou : ouverture imminente Le groupe d’Abdelali Faouzi a déjà entamé le recrutement des futurs employés du premier magasin Prestigia, sa nouvelle enseigne de luxe. Cette ouverture, annoncée depuis quelques mois, devrait donc se faire sous peu. Elle entre dans le cadre du plan d’expansion du groupe, avec une segmentation plus prononcée de son offre à travers les trois marques : Faou Maison du Meuble, Kaoba by Faou et Prestigia by Faou. Orienté exclusivement vers une clientèle pofessionnelle dans un premier temps, le groupe a fini par investir le marché du grand public. Il emploie aujourd’hui plus de 300 salariés. Et ce chiffre est amené à évoluer rapidement. SCANNER 10 Du 27 janvier 2 février 2012 Nouveau produit chez Wafa Assurance Dans le numéro 362 de «Challenge», vous indiquez dans un article page 10 que Sochepress rentrerait dans le giron de Sapress et que Prestalis, selon des sources « autorisées », aurait pris contact avec cette société. Par la présente, je tiens à vous préciser que cette information est fausse. Que ce soit au niveau de Prestalis notre maison-mère ou au niveau de Soche- press, jamais une telle hypothèse n’a été étudiée, ni même envisagée. Aucun contact n’a eu lieu avec Sa- press dans ce sens. Sochepress construit actuellement un nouveau siège qui sera opérationnel avant l’été 2012 afin d’offrir aux éditeurs qui lui font confiance un outil moderne, performant et adapté aux contrain- tes actuelles de la distribution de la presse et du livre au Maroc. Prestalis par cet engagement, confirme son attachement au Royaume et sa volonté de s’y implan- ter encore durablement. Frédéric Vézy, directeur général de Sochepress Droit de réponse L’Emir de Qatar, Cheikh Hammad Ben Khalifa Al Thani (photo), entend lancer un méga projet d’un complexe de loisirs, à la Disney World, entre la zone de Nouaceur et la ville de Casablanca. Le projet, qui nécessiterait une enveloppe de 4 milliards de dollars, sera étalé sur une superficie de 34 hectares. Il est en cours d’étude auprès des autorités compétentes. Le fonds qui devra accueillir les 2,5 milliards de dollars accordés par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) au Maroc est en cours de création. Il sera chargé de financer de gros chantiers lancés par le Maroc. La nouveauté, c’est que cet argent sera contrôlé conjointement par le Royaume et les pays du Golfe. Yassir Zenagui, ex-ministre du tourisme, chapeauterait en personne ce projet-là, comme d’autres. L’administration de la Douane a programmé une opération de dons au profit d’un hôpital public et s’engage aussi à participer à une opération de plantations d’arbres. Ces actions entrent dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la Douane. L’Emir de Qatar investit 4 milliards de dollars L’argent du CCG contrôlé La Douane citoyenne D epuis quelques temps, des compagnies d’as- surance font la course à qui com- mercialisera de nouveaux produits innovants sur le marché. Wafa Assuran- ce, pour ne prendre qu’elle en exemple, a lancé dernièrement Wafa Delivery. Ce service consiste à se faire délivrer son attestation d’assurance automobile à domicile, ou bien là où le client le souhaite. Dans un premier temps, ce service sera opération- nel dans la ville de Casablanca. Notons qu’avant, la filiale d’Atti- jariwafa bank avait mis sur le marché d’autres produits comme Wafa Drive, Wafa Moujoud, Wafa Iktissadia, et a ouvert plusieurs points de vente, etc. Pratiquement, la compagnie lance un produit/ service nouveau chaque tri- mestre. Le groupe El Alami (Aluminium du Maroc, Afric Industrie…) est en train de discuter avec un opérateur étranger la possibilité de nouer un partenariat capitalistique. L’annonce devrait, sauf imprévus, être faite d’ici à la fin de ce premier semestre. Ce deal concerne l’activité de carrière dans laquelle le groupe El Alami opère. Il a d’ailleurs une filiale « Carrière Blanche SA» qui est dédiée à cette activité. Partenariat en vue chez le groupe El Alami Maroc Telecom a réalisé quelque chose comme 2 milliards de dirhams d’investissement dans les 4 pays africains (Mauritanie, Mali, Gabon, Burkina Faso) dans lequel il a pris des participations dans les opérateurs locaux. LE CHIFFRE 2 Mrds de DH t Abdelouahed El Alami, président du groupe El Alami. ECLATS DE VOIX 11Du 27 janvier 2 février 2012 L’immolation par le feu, Une mort d’un autre âge D ieu qu’elle est étouffante l’odeur de la chair brûlée ! Il faut que le désespoir ne laisse transparaître, dans la durée, le moindre rayon de lumière à l’horizon pour donner lieu à cet enfer vivant. C’est pourtant un spectacle quasiment banal par les temps qui courent, que des êtres humains se donnant la mort par le feu. Il faut se l’avouer, une telle immolation en devient un expédient qui, malgré l’hypocrisie des médias, ne relève même plus du scoop. Tout au plus, une mèche supposée embraser les foules à des centaines de kilomètres à la ronde. Ce qui en est attendu, et qui se profile entre les lignes, quand ce n’est pas expressément, à la lecture des dépêches : un remake de la révolution tunisienne au sortir de la flamme ! Mais aucune révolution ne vient, et l’immolation en question n’enflamme même pas son environnement proche. L’embrasé se consume seul, dans la solitude infernale et tragique, dont l’entourent les flammes où il va finir, tout au mieux, mutilé pour la vie. Le vent a vite fait de disperser la cendre. Ces tragédies scellent des fins peu enviables pour certains de nos compatriotes, qui décident ainsi, dans un acte de désespoir irréfléchi, et dans la surenchère ambiante, de se dissiper en fumée. Le discours des concernés présente de tels actes comme des actes d’héroïsme et de martyr. A l’origine de ces drames, la recherche d’un emploi. Nous sommes pourtant censés vivre dans le cadre d’une économie marchande disposant d’un marché de travail. Pour quelles raisons celle-ci ne répond-elle pas efficacement aux doléances des concernés ? Cette question est cependant secondaire ici ; une autre, plus brûlante, s’impose : comment se fait-il qu’on passe d’une demande d’emploi à une immolation par le feu ? Nous connaissons d’autres moyens de défendre une cause juste ou un droit légitime. Le militant, le cas échéant, peut recourir à des moyens pacifiques, ou faire usage, par choix ou sous la pression du besoin, de violence. Il met ainsi en demeure l’autorité en place, de répondre à ses doléances. Il sera peut-être exaucé sinon poursuivi et au pire incarcéré. Mais c’est sa lutte et sa persévérance qui font de lui un héros, quelqu’un qui fait face à l’épreuve tant il est convaincu de la légitimité de sa contestation. Sa vie, même derrière les barreaux, est une preuve de sa ténacité et de son militantisme sans failles. Mais il ne se démet pas de son droit à vivre, sa dignité se retrouve justement grandie de son endurance. La rationalité de la société moderne est bien celle-ci où l’individu est en droit de lutter ouvertement et légalement pour ses droits. Le syndicat, l’association, le recours à la justice, la manifestation dans les rues, toujours accompagnés d’une justification détaillée et publique de ses doléances, peuvent en offrir les modalités. Quand un système ne répond pas à de telles revendications lorsqu’elles sont avérées légitimes, il doit changer parce qu’il est incapable d’absorber les chocs qu’il génère. Mais s’immoler est une autre affaire. Mourir comme fin en soi, me semble difficilement relever d’une rationalité moderne du citoyen. Il n’y a rien après, parce qu’une telle mort est gratuite. Elle ne peut se revendiquer d’aucun affrontement, elle finit dans la flamme qui l’a engendrée. Un tel choix est plus de l’ordre des sociétés d’ancien régime, où la mort était une opportunité envisageable par l’individu à tout instant. La maladie pouvait conduire facilement à la mort, comme la faim chronique qui harcelait une grande partie de la population. La chronique rapporte le destin de ces familles qui, tenaillées par la disette, s’en allaient loin des villes, s’enfermaient dans leurs tentes et attendaient la mort. Mais il est question dans de telles sociétés de systèmes de production qui ne sont pas techniquement en mesure de couvrir les besoins de tous. Les gens mouraient alors dans l’indifférence générale. Dans la nôtre, ce n’est pas le cas, ces morts inutiles sont le produit de notre processus de production et de reproduction des élites. Notre système d’enseignement ruiné ne produit plus des compétiteurs mais des assistés et des solliciteurs, dont ce n’est pas la faute, tout compte fait, de se montrer exigeants quant à leur propre sécurité. On ne les a pas formés à affronter le risque. L’Etat est maintenant devant ses responsabilités, le discours sur l’urgence d’un système productif compétitif et d’une administration à bonne gouvernance, ne peut faire l’économie d’une école qui forme les gens à lutter, à se défendre, à innover. Qui sème le vent récolte la tempête, avaient dit les anciens. ■ MOHAMMED ENNAJI mohammedennaji@yahoo.fr Ce qui en est attendu, et qui se profile entre les lignes, quand ce n’est pas expressément, à la lecture des dépêches : un remake de la révolution tunisienne au sortir de la flamme ! Mais aucune révolution ne vient, et l’immolation en question n’enflamme même pas son environnement proche. L’embrasé se consume seul, dans la solitude infernale et tragique, dont l’entourent les flammes où il va finir, tout au mieux, mutilé pour la vie. Le vent a vite fait de disperser la cendre. L’INTERVIEW DE LA SEMAINE Driss El Azami El Idrissi, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget “Le dirham public dépensé doit être un dirham utile” Loi de Finances 2012, déficit budgétaire, réforme fiscale, Fonds de Solidarité, Caisse de Compensation, … Que de chantiers que le nouveau ministre délégué chargé du Budget et son ministre de tutelle devront affronter! Dans cette interview accordée à «Challenge» en marge de son passage à l’émission « Parlement des auditeurs » sur Casa FM, Driss El Azami, répond à certaines interrogations qui préoccupent tout le gotha économique. PROPOS RECUEILLIS PAR HAYAT GHARBAOUI Challenge. Où en êtes-vous dans la préparation de la Loi de Finances ? Et quels en seront les axes majeurs ? Driss El Azami. Sur le plan de l’agenda, la Loi de Finances sera le premier chantier après l’adoption de la déclaration. L’idée est de parer à cet attentisme-là et de lancer les projets, notamment ceux d’investissement public, et permettre aux opérateurs économiques et sociaux d’avoir la visibilité nécessaire. Sur le plan des priorités, la Loi de Finances est déjà déposée au Parlement, donc elle va être une empreinte du nouveau gouvernement et notamment en ce qui concerne les axes avancés par la déclaration Caisse de Compensation sur le budget de l’Etat. Ceci se fera en premier lieu grâce à l’effort de ciblage que nous allons effectuer avec le Fonds de Solidarité. La réforme de la Caisse est une réforme très difficile qui ne sera en aucun cas faite aux dépens des couches défavorisées. SON PARCOURS > Titulaire du diplôme des études économiques à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de l’Université Mohammed V-Agdal de Rabat, du diplôme du cycle supérieur de l’Ecole Nationale d’Administration (Rabat, 1997) et du diplôme des Etudes approfondies en chimie appliquée de l’Université Poitiers (France, 1990). Il a aussi décroché le diplôme des études supérieures de l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Paris I Panthéon- Sorbonne (2006) et du diplôme des études financières, économiques et bancaires de Marseille. Il a occupé le poste de directeur adjoint au ministère de l’Economie et des Finances, chef de division à la direction du Trésor et des Finances extérieures au même ministère. ACTUALITÉ > Le déficit budgétaire qui se creuse de jour en jour, plombant les finances de l’Etat, met le ministre délégué chargé du Budget au cœur de tous les débats. Avec tout ce que cela implique comme réformes et restructurations nécessaires pour sortir de cette impasse. 12 Du 27 janvier 2 février 2012 gouvernementale sur le volet social avec la mise en place du Fonds de Solidarité. C. Peut-on avoir justement plus de détails par rapport à ce fonds? La Caisse de Compensation sera-t-elle supprimée à terme ? D.E.A. La première précision importante à faire, c’est de savoir que nous garderons la Caisse de Compensation. Parce que l’idée du Fonds de Solidarité, c’est d’essayer de travailler sur la partie du ciblage (ndrl : cf. article Caisse de Solidarité) qui fait justement défaut à cette Caisse. D’ailleurs, celle-ci fera l’objet d’une discussion très sérieuse autour de sa réforme avec une logique bien précise : limiter l’impact de la 13Du 27 janvier 2 février 2012 Maintenant, il y a un dosage à trouver entre l’impact financier et l’impact socioéconomique de cette réforme. C’est là où réside tout le challenge ! C. Comment peut-on aujourd’hui situer la Caisse de Compensation, le Fonds de Solidarité et l’INDH, les uns par rapport aux autres ? D.E.A. Les trois éléments composent une solution à trois paliers interdépendants entre eux. En premier lieu intervient L’INDH qui identifie des zones de pauvreté et qui opère un désenclavement de ces zones à travers différents programmes et tente de les sortir de la pauvreté à travers des projets générateurs de revenus. Ensuite, le Fonds de Solidarité intervient comme deuxième palier avec son approche de ciblage de personnes et de familles, qui vient en appui à l’INDH en touchant des aspects différents de cette problématique sociale. Enfin, la Caisse de Compensation survient comme dernier palier, avec une approche plus globale et générale, en essayant de maintenir le pouvoir d’achat de la population à un certain niveau. C’est une politique à trois paliers qui vont opérer ensemble pour faire en sorte que l’impact socioéconomique des mesures soit atténué en permettant de maintenir le pouvoir d’achat des couches défavorisées tout en limitant les dégâts sur le budget de l’Etat. C. Devra-t-on s’attendre à une baisse des taux de compensation ? D.E.A. C’est un problème très délicat. Il va falloir bien expliquer aux Marocains, rassurer les couches démunies et la classe moyenne… Tout ce que je peux avancer aujourd’hui, c’est que le travail commencera par la révision de la chaîne de compensation pour essayer de la rationaliser et chercher des niches à récupérer. Mais il y aura aussi un travail à faire en amont pour se prémunir contre les changements des cours du pétrole. C. En parlant de la compensation qui grève le budget de l’Etat, on ne peut pas passer à côté du déficit budgétaire sans vous demander comment vous allez résorber ce déficit. D.E.A. La question du déficit budgétaire est une question très importante. Tout d’abord, c’est un principe constitutionnel. Le gouvernement et le Parlement doivent veiller à l’équilibre des finances publiques. C’est également un principe de bon sens économique, l’Etat ne doit pas vivre au-delà de ses moyens parce que ceci a un impact direct sur les couches sociales et les opérateurs économiques. Trois pour cent est un objectif que nous espérons atteindre à travers deux mesures. Tout d’abord, il faut un travail de fonds sur les recettes de l’Etat. L’idée est de travailler sur la politique fiscale. Une refonte de cette dernière s’avère nécessaire pour élargir l’assiette fiscale et détecter les niches fiscales, notamment en réétudiant la liste des exonérations pour en ressortir les exonérations qui n’ont pas de justifications sociales. Cependant, il faut aussi travailler sur les dépenses de l’Etat. Donc, la deuxième mesure est d’ouvrir un grand chantier sur les dépenses à travers la réforme de la loi organique des finances. Ceci nous permettra de travailler sur l’efficacité des dépenses publiques à travers la refonte de la structure du budget. L’idée est de faire en sorte que tout dirham public dépensé soit un dirham utile. Il doit y avoir un lien très étroit entre les dépenses et les besoins réels. Il faut se limiter aux besoins nécessaires et rien qu’aux besoins nécessaires! Mais il y a un deuxième aspect qui dépasse les dépenses de fonctionnement. Il s’agit de l’efficacité de l’investissement public. C’est-à-dire, faire en sorte que ces investissements-là aient un impact sur l’emploi et la croissance. C. Dans la déclaration gouvernementale, vous avancez que la refonte de la loi organique des finances sera basée sur les axes des politiques publiques au lieu de se limiter à la distribution des budgets aux ministères. Doit-on comprendre que désormais, les budgets d’investissements et les budgets de fonctionnement seront deux choses totalement distinctes ? D.E.A. Non, pas du tout. Le principe qui régira désormais l’élaboration du budget est le suivant : la dépense publique doit concourir à des politiques publiques. Nous savons tous que derrière une politique publique, il y a plusieurs Lors de son passage à l’émission «Parlement des auditeurs» sur la radio Casa FM, Driss El Azami n’a pas hésité à répondre aux questions des journalistes et des auditeurs. Voici quelques extraits. «Nous sommes un gouvernement ami des hommes d’affaires. Et nous nous engageons à une totale transparence en ce qui concerne les aides publiques, l’instauration des équilibres macroéconomiques et, aussi, la facilitation des procédures administratives pour un meilleur climat des affaires» « Nous sommes conscients que le contexte économique est difficile mais nous misons sur la demande intérieure, les nouveaux marchés et la compétitivité de l’économie marocaine» «Il y a des points de croissance que nous devons chercher en interne» «Nous comptons aider nos entreprises, surtout les PME, à s’introduire sur de nouveaux marchés, notamment en Afrique ou vers des pays arabes qui connaissent certains événements et qui auront besoin de se reconstruire après» « A quelque chose malheur est bon. La crise que vit l’Union européenne aura pour conséquence une demande bien moins importante qu’elle ne l’était avant. Ainsi, les quantités se verront réduites. L’économie d’échelle n’étant plus vérifiée, l’UE ne pourra plus adresser sa demande à la Chine ou à l’Inde . Et c’est là où elle aura besoin des pays voisins pour répondre à cette demande» «Le Maroc doit rester alerte pour profiter des opportunités que peut offrir la crise en Europe» «Désormais, tout passera par des cahiers de charges bien établis et c’est à travers leur généralisation que nous comptons mettre fin à l’économie de la rente. Fini le temps où l’un chargeait du sable par-ci et l’autre les pierres de carrière par-là ! » « Il n’y a plus de monopole, le Conseil de la Concurrence jouera pleinement son rôle !» En partenariat avecec secteurs. L’idée principale à retenir, c’est la prééminence de la politique publique par rapport au secteur, parce que derrière cette politique il y a des objectifs, et il faut mettre les moyens pour les atteindre indépendamment des secteurs qui y contribuent. ■ 14 DOSSIER COMBIEN ÇA COÛTE ? Les pays hôtes de la CAN 2012 ne disposaient ni des infrastructures ni des moyens de communication adéquats pour un événement sportif d’envergure continentale. Ils ont décidé d’y mettre le paquet ! Une véritable bouffée d’air pour leur économie. Voilà ce qui attend le Maroc en 2015 ! DOSSIER RÉALISÉ PAR HAYAT GHARBAOUI - BADYA KHALID - KARIM TAOUACH A ttendue par tout un continent, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) a ouvert ses portes samedi 21 janvier, pour sa 28ème édition, en Guinée équatoriale. Une course au trophée continental qui prendra fin le12 février au Gabon. Les deux pays organisateurs de l’épreuve, le Gabon et la Guinée équatoriale, se sont sérieusement pré- parés à accueillir l’événement footbal- listique. Et ont investi pour l’occasion des budgets colossaux pour…tout construire : stades, hôtels, routes et même des villes ! Car aussi bien pour la Guinée équatoriale que pour le Gabon, ce tournoi sportif constitue une belle promesse qui cache surtout un véritable plan de réaménagement des pays. Du côté gabonais, on reconnaît que «la CAN est un prétexte pour booster les réformes et asseoir les infrastructures destinées, non seulement à la compétition mais également pour l’aménagement du terri- toire». Côté équatorien, c’est le prési- dent Teodoro Obiang Nguema «himself» qui le reconnaît en déclarant que «la CAN servira de vitrine au pays» et «qu’il ne s’agit pas de gagner la Coupe, sinon d’offrir la meilleure image du pays». Grosses cagnottes Les co-organisateurs ont mis le paquet sur les infrastructures. La Guinée équa- toriale, petit pays de 700.000 habitants, a commencé la préparation pour la CAN 2012 dès son attribution en 2006. Ce pays, nouvellement producteur de pétrole, a lancé d’importants chantiers qui s’ins- crivent dans un programme d’investis- sement à long terme. A commencer par «Sipopo», un site comprenant des palais de conventions, des hôtels et des villas de luxe. Le pays a même lancé la construction d’une ville nouvelle à Oyala, en plus de la Du 27 janvier 2 février 2012 CAN 2012
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