L' incontinence dans tous ses états - Page 1 - Un autre regard sur l'incontinence aussi bien féminine que masculine Table des matières e Un autre regard sur l'incontinence f C'est une situation difficile à vivre mais non irrémédiable qui touche près de trois millions de personnes en majorité féminine et qui se traduit par des pertes incontrôlables et involontaires d’urine. Pour cela, il faut comprendre les mécanismes en jeu, en prendre conscience et oser en parler car une goutte d'urine perdue est déjà une incontinence. Cet ebook vous est offert par urinaire.com http://www.urinaire.com L'ebook est protégé. Vous ne pouvez pas en modifier le contenu. Cependant vous pouvez le diffuser gratuitement. Édition 2009/2010 Table des matières LES FORMES D'INCONTINENCE • • • • • • • • Les fuites à l'effort L'instabilité vésicale L'incontinence mixte L'énurésie L'incontinence d'origine neurologique L'incontinence et le vieillissement L'hyperactivité vésicale Les fuites urinaires après adénomectomie TRAITEMENTS ET AIDES • • • • • • La rééducation périnéale La chirurgie Le traitement médical Le pacemaker La neurostimulation vésicale Implant traitement du cancer de la prostate LES ARTICLES • • • • • • • • La femme sportive et l'incontinence Qualité de vie et incontinence fécale Le prolapsus ou descente d'organes La prévention de l'incontinence en pré et post natal Le fonctionnement normal de la vessie La continence Incontinence et vécu Les composantes psychologiques et sexuelles des troubles urinaires 2 L'INCONTINENCE D'EFFORT Plus particulièrement féminine, elle est d'origine urétrale. L'accouchement est considéré comme le facteur de risque le plus important (accouchement long, gros bébé, entraînant des traumatismes musculaires). Elle se définit par une perte involontaire d'urine lors d'un effort abdominal. Elle peut survenir aussi de façon généralement temporaire, chez les hommes qui ont subi une chirurgie de la prostate. 1.1 Mécanisme de l'incontinence d'effort. Les fuites ne sont pas précédées d'une sensation de besoin, elles surviennent lorsque la pression abdominale augmentée par un effort physique, dépasse la force de fermeture, déjà fragilisée, du système sphinctérien du col de la vessie. La conséquence est une perte d'urine passive et involontaire. Ce manque de tonicité du sphincter est souvent la conséquence d'un traumatisme obstétrical ou bien de processus dégénératifs (par exemple un manque en hormones ou une faiblesse tissulaire due à l'âge). " 20 à 30 % des femmes présentent une incontinence urinaire d'effort dans le post-partum et cette incontinence persistera à distance chez 10 % d'entre elles. Dans d'autre cas, les lésions n'apparaîtront que plus tard . Voyons donc dans quelles circonstances, ces lésions vont-elles s'extérioriser et en voici quelques exemples : " Vous avez 30 ou 35 ans peut-être plus, peut-être moins, vous faites du sport (tennis, jogging...). Vous sautiez allègrement et maintenant c'est la hantise car vous avez des fuites. Soit vous mettez des protections pour continuer à garder cette activité sportive, soit vous vous arrêtez et vous vous demandez ce qu'il vous arrive. " A la suite d'une bonne grippe attrapée cet hiver, vous avez bien toussé et au bout de quelques jours, les quintes ont déclenché des fuites d'urine impossibles à contrôler. 3 " Vous avez passé une bonne soirée entre amis, un fou rire vous a pris et mauvaise surprise. " Vous êtes en ménopause, aussi c'est une période durant laquelle la diminution des hormones oestrogéniques favorise le relâchement musculaire... A savoir : On divise l'incontinence d'effort en trois degrés de sévérité : - 1er degré : Perte d'urine lorsque la patiente tousse, éternue ou rit. - 2ème degré : Perte d'urine lorsque la patiente soulève des poids lourds, monte les escaliers ou marche. - 3ème degré : Perte d'urine lorsque la patiente est debout, mais non quand elle est allongée. 2.2 Description du processus physiologique Fig : Représentation schématique du système d'obturation en position normale et en situation d'incontinence d'effort chez la femme. " Lorsque le plancher pelvien et le système sphinctérien (figure 1A) sont en bonne place, il n'y a pas d'émission d'urine lorsqu'il y a augmentation de la pression intra-abdominale (effort), car il y a une ferme opposition pelvienne et la résultante des forces s'exerce latéralement sur l'urètre. Il se produit de manière concomitante une élongation fonctionnelle de l'urètre (à gauche) 4 • En cas de plancher pelvien déficient, (figure 2) il s'effectue un affaissement de la vessie ainsi qu'un raccourcissement fonctionnel de l'urètre et une béance du col, avec des pressions résultantes latérales amoindries. Dans ces conditions, la pression intravésicale dépasse la pression d'obturation. 5 L'INSTABILITÉ VÉSICALE Elle se manifeste par des contractions vésicales anormales qui provoquent des fuites d'urine fréquentes, diurnes ou nocturnes, précédées d'une sensation de besoin impérieux. Voici des exemples de questions en faveur de cette forme d'incontinence : Pouvez-vous vous retenir lorsque vous ressentez le besoin d'uriner ? – Dans le cas d'une forte envie d'uriner, et d'avoir été obligée de vous retenir longtemps, avez-vous eu une perte d'urine sans notion d'effort ? – Est-ce que le bruit, la vue, la sensation d'entendre de l'eau qui coule déclenche chez vous une envie d'uriner. D'autres anomalies sont liées à l'incontinence, la mauvaise position de la vessie et aussi de l'utérus (descente, prolapsus). Là encore, les accouchements difficiles sont incriminés. Mais une fragilité constitutionnelle aggravée par une constipation opiniâtre ou une obésité, peuvent avoir les mêmes conséquences. Une des grandes causes d’incontinence urinaire chez la femme est l’instabilité vésicale, caractérisée par des contractions anarchiques et excessives des muscles de la vessie. Normalement, ces derniers ne se contractent que lorsqu’elle est pleine les médecins disent en réplétion - signalant ainsi le besoin d’uriner. Dans l’instabilité vésicale ils peuvent se contracter à tout moment, même si la vessie n’est pas encore pleine. Le besoin d’uriner devient alors imprévisible et impérieux, au point de provoquer parfois des fuites abondantes. D’autant plus d’ailleurs, que la fréquence des mictions, en petite quantité à chaque fois et de nuit comme de jour, s’accroît considérablement. C’est ce que l’on appelle la pollakiurie, évoquée en général lorsque le nombre des mictions est supérieur à 7 le jour, et 2 la nuit. 6 Ces symptômes ont un fort retentissement sur la vie quotidienne de la femme. En toutes circonstances elle doit anticiper la survenue d'un besoin impérieux, le risque d’une fuite et le cortège de gène et d’angoisse que cela entraîne. Bien que très invalidante, l’instabilité vésicale fait encore trop souvent l’objet d’un tabou. Il en résulte un retard à la consultation. Pourtant des traitements efficaces existent. Fondés sur l’association de médicaments et de séances de rééducation, ils apportent une nette amélioration des symptômes. 7 L'INCONTINENCE MIXTE Elle associe l'incontinence d'effort et l'instabilité vésicale. Elle est prédominante chez la plupart des personnes âgées. Elle se manifeste par des fuites à l'occasion d'un besoin impérieux. Ces fuites peuvent être abondantes, survenant au repos, associées à une pollakiurie (envies fréquentes d'aller uriner le jour et la nuit). Elles peuvent aussi survenir à l'effort par insuffisance sphinctérienne. Il est important d'éliminer une infection urinaire chronique qui pourrait favoriser la survenue de ces troubles. De nombreuses études ont insisté sur la fréquence de l'incontinence urinaire de la personne âgée. L'interrogatoire est quelque fois difficile et n'est pas toujours fiable chez la personne âgée. L'instabilité vésicale se retrouve chez 50 à 70% de ces personnes, mais elle ne constitue le seul mécanisme responsable des fuites que dans 25%. Cependant la constatation d'une instabilité vésicale n'est pas une fin en elle même, il faut en rechercher les causes et ce n'est qu'après que le diagnostic pourra être porté. Souvent, l’un des deux problèmes est plus marqué que l’autre, et le traitement est principalement centré sur le problème causant le plus d’inconfort. Avant tout bilan, il est souhaitable de pratiquer : - Un E.C.B.U - Une échographie vésicale. Le traitement est médical (anticholinergique) et peut être complété si besoin par une rééducation d'inhibition vésicale. 8 L'ÉNURÉSIE Le contrôle mictionnel relève d'une acquisition progressive durant les premières années de la vie. Si la propreté, d'abord diurne puis nocturne, est généralement obtenue vers l'âge de 3 ou 4 ans dans près de 70% des cas, de nombreux enfants présentent des fuites d'urine jusqu'à l'adolescence, voire au-delà. Le passage de l'automatisme vésical du nouveau-né à l'activité vésico-sphinctérienne coordonnée et consciente de l'adulte s'effectue habituellement sans aucun problème. Cette période n'en demeure pas moins une phase critique, parfois même dangereuse chez certains sujets. Des désordres purement fonctionnels peuvent affecter l'enfant et induire, au-delà d'une certaine limite physiologique, une véritable pathologie, jusqu'ici souvent considérée comme organique et que seules les explorations urodynamiques ont permis d'individualiser. Il s'agit du syndrome d'immaturité vésicale dont le dénominateur commun clinique est représenté par des troubles mictionnels diurnes et (ou) nocturnes, parfois associés chez la fillette à une infection urinaire basse et dont la réalité urodynamique est la persistance d'une hyperactivité vésicale. " Le syndrome d'immaturité vésicale et ses conséquences. 1- Définition Ce syndrome correspond à la persistance d'une vessie de type infantile automatique, responsable de besoins fréquents mais en ce sens différent que l'enfant cherche maintenant à retenir ses urines. 2- Les signes cliniques Ce sont des troubles de la continence diurne et nocturne. A - Les troubles mictionnels diurnes sont évocateurs. Ils sont retrouvés par l'interrogatoire de l'enfant et de l'entourage. Il s'agit d'une impériosité , d'une pollakiurie et de petites fuites d'urine, responsable de la classique "culotte mouillée". 9 a) la forme "pollakiuriante" : L'enfant soumis à un besoin impérieux est obligé d'uriner. Il atteint difficilement les toilettes et perd quelques gouttes en chemin. Il développe souvent un véritable automatisme d'où est exclu cet effort de retenue volontaire qui empêche ou retarde l'acquisition de la propreté diurne et entretient la pollakiurie. Certaines circonstances de la vie sociale de l'enfant (trajets en voiture, mise à l'école...) imposent des rythmes de miction souvent différents des rythmes spontanés, liés aux contractions vésicales non inhibées. L'enfant est alors conduit à un tel effort de retenue qu'il va, avec plus ou moins de facilité, apprendre à éviter la fuite en contractant souvent, au-delà du raisonnable, son plancher pelvien. Ce type de situation explique souvent le caractère secondaire des troubles alors qu'à la maison tout se passait bien, l'enfant pouvant satisfaire son besoin ! b) la forme "rétentionniste" : à force de retenir, certains enfants développent une hypertonie sphinctérienne striée et deviennent rétentionnistes. La vessie augmente sa capacité et ne se vide qu'une ou deux fois par 24 heures . Cette forme est presque toujours le fait d'une mauvaise éducation vésicale et mictionnelle chez des enfants au départ spontanément pollakiuriques. B - Les troubles mictionnels nocturnes : l'énurésie nocturne Ce qui se passe le jour au niveau du détrusor, soumis à une hyperactivité non ou insuffisamment inhibée, se poursuit la nuit. Mais l'enfant endormi, l'impériosité et le besoin ne suffisent pas toujours à le réveiller. La vigilance, responsable de la réaction sphinctérienne, fait défaut et l'hyperactivité vésicale entraîne ... l'inondation. De nombreux auteurs ont insisté sur le caractère profond du sommeil des enfants énurétiques. C'est évidemment un élément supplémentaire qui ne peut qu'aggraver cet état d'immaturité vésicale sous la forme d'énurésie nocturne. Ceci ne veut évidemment pas dire que toutes les énurésies relèvent d'une immaturité vésicale mais lorsqu'elles sont associées à ces signes diurnes, il est tout-à-fait possible qu'elles fassent partie intégrante du tableau d'immaturité. Elles sont alors accessibles au traitement commun anticholinergique. 10
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